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Aline de Diéguez

Ainsi parla le professeur Macron...

 

 

 

Ainsi parla le professeur Macron le 3 mai 2017 devant l'élève Le Pen, qui n'avait, hélas, qu'une connaissance superficielle de l'avenir et du fonctionnement de l'économie, de la monnaie en général et de l'euro en particulier.

Comme elle se contentait de répéter quelques généralités mal digérées, elle n'a évidemment pas su que répondre au prof méprisant qui lui a asséné à plusieurs reprises: "Ne dites pas de bêtises ", "Vous mentez".

Et quelles étaient les "bêtises" et les "mensonges" de Mme Le Pen?

1 - La France n'a jamais eu deux monnaies

2 - L'Europe protège les épargnants

 

Et maintenant, voyons ce que le professeur Macron ne vous a pas dit …

 

1 : Les deux monnaies

M. Macron - et tous les journalistes qui ont rendu compte du débat et applaudit leur poulain - font semblant de croire qu'avec la présidence de Mme Le Pen, les Français auraient tout à coup disposé de deux types de billets dans leurs porte-monnaie. Ils ont ironisé avec condescendance sur cette "bêtise" - ce qui est, évidemment, une manière méprisante de ridiculiser le propos de l'adversaire. Appel du pied au public qui écoutait le débat devant son écran.

Or, M. Macron ignore - ou fait semblant d'ignorer - qu'avant même la création de la monnaie politique qu'est l'euro - ou même de l'ecu, qui était une unité de compte et pas une monnaie - la France, comme quatre-vingt dix-neuf pour cent des pays du monde, utilisait bel et bien deux monnaies, le franc, à usage intérieur et le dollar américain pour les achats et les ventes à l'étranger.

Ainsi fonctionnait le système monétaire issu de Bretton Wood, imposé par l'empire américain.

J'ai longuement développé les conditions de la naissance frauduleuse de la monnaie de l'empire, ses forces momentanées et son inexorable déclin . Voir:

- Voyage circummonétaire à la recherche du Roi-Dollar et découverte de la caverne d'Ali-Baba
- Aux sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale - Le machiavélisme des hécatonchires de la finance internationale
- Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza : Le rôle d'une éminence grise: le Colonel House

De nos jours, en Europe même, tous les pays qui ne sont pas dans la zone euro sont contraints d'utiliser ce mécanisme, les monnaies nationales de ces Etats n'étant pas des monnaies de réserve ne sont pas acceptées dans les échanges inter-Etats : ainsi le forint hongrois, le zloty polonais ou le lev bulgare, par exemple ne sont utilisés qu'à l'intérieur des frontières nationales, mais tous leurs échanges internationaux s'effectuent en euros ou en dollars.

L'Irak ou la Libye, qui ont voulu se soustraire à la tyrannie du dollar l'ont payé de l'assassinat de leurs dirigeants et de la destruction de ces deux pays.

 

2 - L'Europe protège les épargnants

 

M. Emmanuel Macron a martelé à plusieurs reprises que l'euro représente une protection pour les épargnants français.

En réalité, Mme Lagarde, bras exécutif de la finance anglo-saxonne au FMI et le Conseil d'administration de l'Euroland présidé par un jeune Hollandais au nom imprononçable - Jeroen Dijsselbloem - ont accouché en commun de la solution qui avait été inventée par l'Union soviétique moribonde en 1991: la confiscation monétaire.

"Si une banque à risque ne peut pas se recapitaliser elle-même, alors nous discuterons avec les actionnaires et les créanciers obligataires, nous leur demanderons de contribuer (...) et, si nécessaire, nous le demanderons aux détenteurs de dépôts nons garantis", ont-ils suavement sussuré et imposé.

Or, cette mesure qui a été inventée par la bureaucratie financière internationale au moment de la crise chypriote, est désormais applicable à tous les Etats de la zone euro et a déjà été appliquée au Portugal.

Monsieur tout le monde qui a confié son épargne à sa banque se trouvera donc la victime innocente d'une manière d'extorsion de fonds "légale" effectuée par des pickpoketts encravatés et sera censé renflouer sur ses maigres économies les milliardaires mauvais gestionnaires d'un système bancaire quasi maffieux. Voir:

- Evolution foudroyante du système bancaire mondial: Du gangstérisme à la truanderie

Il faut, en effet, savoir que lorsque le citoyen utilise les services d'une banque - ce qui est devenu obligatoire pour l'essentiel des activités courantes - la banque devient propriétaire de l'argent qui lui est confié. L'utilisateur possède, certes, une créance du montant de son dépôt… mais à concurrence de ce que la banque peut rembourser.

Or, après la crise de 2008 à la suite de laquelle l'Etat a recapitalisé les banques fautives avec l'argent public, donc avec l'argent des impôts des citoyens, l'Etat a retiré sa garantie en dernier ressort et le citoyen européen est dorénavant livré pieds et poings liés à un système bancaire sur lequel il n'a aucune prise.

Afin de tenter de rassurer les déposants, l'Etat clame qu'il a prévu de se porter caution, en cas de défaillance des banques, mais à hauteur de 100 000€ seulement par épargnants - il semble que le chiffre ait déjà été diminué de moitié.

Pour ce faire, il a prévu un "Fonds de garantie des dépôts" d'un montant de deux milliards d'euros environ, soit même pas la moitié de la perte supportée par la Société Générale à la suite de l'affaire Kerviel. L'ensemble des banques françaises ne pourraient donc rembourser 100 000€ qu'à 20 000 épargnants !

Quid des millions d'autres déposants? Ils sont sept millions rien qu'à la BNP. Les 20 000 heureux gagnants seront-ils tirés au sort? En attendant l'émeute...

Telle est la réalité de la "protection" qu'exercerait le système financier inventé par les fonctionnaires de l'euroland.

Comme, dans les tuyaux kafkaiens de l'Europe bruxelloise figure un projet de suppression de la monnaie réelle au profit des cartes de crédit, le mouton de base n'aura même plus la ressource de camoufler quelques billets sous son matelas.

Moralité : Dans la guerre que mènent les banques contre les citoyens, le mouton sera tondu.

 

 

 
 
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