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Odyssées intergalactiques

Une histoire véridique du paradis

 

LA NOUVELLE ALLIANCE

Oyez, oyez la bonne nouvelle...

 
 

 

B - La loi de la force ( A mezza voce)

1 - Et pendant ce temps-là...
2 -
En route pour le conseil
3 - Face-à-face
4 - Esgourdon


 

1 - Et pendant ce temps-là...

Le grand Conseil s'était concerté toute la nuit .

Il faut savoir qu'une police efficace, pléthorique et tâillonne suit chaque Adamien comme son ombre. Omniprésente et invisible, elle le traque jusque dans ses pensées les plus secrètes et transmet ses renseignements aux autorités en un temps plus court qu'il n'en faut pour le dire.

M ais la masse d'informations fournie grâce à l'espionnage des anges gardiens est difficile, sinon impossible, à classer et à traiter. Comme il arrive souvent en pareil cas, trop de renseignements tue le renseignement , si bien que beaucoup de rapports n'étaient même pas honorés d'un regard et étaient dispersés sous forme de confettis dans la voie lactée ou jetés en vrac lors du passage d'une comète dont ils empruntaient un temps le sillage, lui dessinant sa queue lumineuse.

Des questions sans réponse taraudaient les autorités. Alors que le paradis est régi par la lourde omniprésence de la police angélique, comment une novice banale et anonyme avait-elle réussi à faire passer en fraude un objet aussi prohibé qu'un œuf. Or, il est de notoriété publique que tout nouvel arrivant doit montrer patte blanche et fait l'objet d'un examen sévère, de questionnaires soupçonneux, de filtrages électroniques au cours desquels toutes les plumes de ses ailes sont examinées et ses cheveux comptés un à un.

Circonstance aggravante, cet œuf avait donné naissance à une créature dont le développement échappait aux lois naturelles. Un oiseau ordinaire, une mésange, un merle ou même un corbeau étaient prohibés, c'était la règle depuis les temps immémoriaux de la pomme . Mais que dire d'un oiseau qui avait la forme et les attributs d'un oiseau, mais qui présentait un mode de croissance jamais observé en aucun recoin de la galaxie ?

Q u'est-ce qu'un oiseau d'or se demandaient-ils les uns aux autres avec angoisse ?

L' essence et la quintessence de l'oiseau-miracle avaient troublé à ce point la vénérable assemblée que certains de ses membres s'étaient dénudé le crâne à force de se gratter l'occiput et présentaient à l'arrière de la tête un petit espace rond tout pelé .

Un oiseau-miracle n'est ni tout à fait un oiseau, ni tout à fait un miracle. Était-il moitié oiseau, moitié miracle ou bien tantôt oiseau, tantôt miracle, ou encore oiseau et miracle en même temps, mais pas sous le même rapport , ou sous le même rapport mais pas en même temps? Faisaient-ils un seul être en deux entités distinctes ou deux personnes bien séparées?

Les doutes et les interrogations rongeaient les cervelles gouvernementales. Plissant le front et se rongeant les ongles, les responsables du paradis essayaient de mettre de l'ordre dans le sac de nœuds des antinomies, des contradictions et des paradoxes, mais plus ils croyaient progresser, plus la sortie du tunnel s'éloignait et plus les fumées de l'incertitude obscurcissaient leurs méninges.

D'autres questions les taraudaient. Qui étaient les protecteurs de cette terroriste? I ls étaient assurément assez puissants, pensaient-ils, pour avoir neutralisé les radars disposés aux frontières et rendu invisible, tant aux yeux de la vigilante police des frontières que du limier emplumé attaché à ses pas, l'œuf litigieux introduit en contrebande . Qui pouvait garantir que la chaîne de miracles était achevée et le danger écarté ?

Pourquoi cet oiseau ne serait-il pas l'arme absolue, l'arme de destruction macropuissante, l'ADM suprême , chuchotaient-ils en tremblant ? Et si ses plumes devenaient brusquement des pointes de feu capables de se planter dans le cœur des Adamiens et de les anéantir jusqu'au dernier ? Les rémiges et les longues rectrices pouvaient peut-être se métamorphoser en seringues porteuses de milliards de bacilles, de microbes , de virus, de lentilles d'eau , d'amibes ou de graines de perlimpinpin capables d'anéantir en moins de quarante cinq secondes le paradis, tous les paradisiens et la moitié de la voie lactée .

Une crainte diffuse, impossible à maîtriser, s'était insinuée dans les cervelets ; d'hypophyse en corps calleux et d'épiphyse en hypothalamus elle était parvenue jusqu'au cortex. Telle une colonie de lombrics, les craintes et les doutes frétillaient dans les neurones et perturbaient les communications des synapses. Glandes pituitaires et glandes pinéales brodaient sur des millions de dangers probables, possibles, éventuels, potentiels et virtuels qui guettaient les Adamiens. Il fallait envisager le pire : des espions intergalactiques, jaloux des perfections de l'Eden, avaient juré sa destruction et mon oiseau et moi étions l'avant-garde maléfique par laquelle le malheur allait advenir.

Les plans les plus extravagants s'entassaient, tels Pélion sur Ossa.

Je savais que je faisais l'objet d'une surveillance serrée. J'avais remarqué que mon manque d'enthousiasme lors des exercices collectifs de louanges et des vocalises d'auto satisfaction avait attiré une attention de plus en plus soupçonneuse de la part de mes collègues.

Dans les chœurs, je m'ennuyais à périr et je ne pouvais m'empêcher de faire entendre ma petite musique particulière. J'agrémentais les interminables litanies tantôt d'une trille, tantôt d'un mélisme, tantôt d'un trémolo prolongé. De temps à autre, je me laissais même aller à pousser un cri perçant qui réveillait mes compagnons engourdis par les litanies et les invocations répétitives.

Je me doutais que les célèbres RA, les Renseignements Angéliques, ne devaient pas être tendres à mon égard et je n'aurais pas été étonnée qu'ils m'eussent présentée dans leurs rapports comme une asociale et une individualiste forcenée. Je riais intérieurement en pensant que j'étais peut-être cataloguée d'agent subversif et de dangereuse révolutionnaire. N'avais-je pas un jour publiquement et à haute et intelligible voix, prétendu que l'essentiel n'était pas la lettre du règlement, mais son esprit ?

Sacrilège impardonnable ! L'esprit, tout l'esprit, me disait-on , est condensé dans le cerveau de notre chef bien aimé. Lui seul sait. C'est pourquoi notre confiance doit être aveugle et nous devons lui obéir comme des cadavres.

Je devinais que le Conseil avait été informé seconde par seconde de mon désespoir. Mais toute faute entraîne un châtiment, c'est la loi du paradis . Et la loi, c'est l'ordre ; alors que les sentiments , comme chacun sait, sont un principe de désordre et d'anarchie.

Les érudits appelés à la rescousse avaient eu beau fouiller dans tous les coffres , éplucher à toute allure les archives les plus vénérables, ils n'avaient pas trouvé la moindre trace d'un miracle de l'amour.

Et pourtant, le paradis contient ce que nul œil n'a vu, ce que nulle oreille n'a entendu, et ce que nul esprit humain n'a pu imaginer . Mais un oiseau d'or, beau comme un rêve , déplaçait les lignes de l'ordre paradisiaque .

Après s'être longuement gratté la tête, les membres du Conseil décidèrent qu'il fallait agir d'urgence.


 

2 - En route pour le conseil

Je sifflai doucement dans les paumes de mes deux mains jointes. L'oiseau m'entendit, tournoya lentement au-dessus de ma tête et dans un doux bruissement de plumettes se posa délicatement sur le poing fermé que je lui tendais.

Pendant que les vieillards tramaient contre nous un sombre complot , je cheminais fièrement, mon oiseau de lumière perché maintenant sur mon épaule droite, hiératique et royal.

Je riais toute seule en me représentant le choc qu'éprouverait l'assemblée et le Conseil de me voir débarquer dans cet équipage. Pour rythmer ma marche allègre, je me mis à siffloter, puis à chantonner une comptine enfantine qui me vint brusquement à l'esprit :

Roudoudou n'a plus de femme,
il en fait une avec sa canne,
il l'habille en feuille de chou,
voilà la femme à Roudoudou.

Je sus que ces paroles sibyllines ne furent pas perdues pour l'espion gardien qui m'avait emboîté le pas. Il fila comme le vent réciter d'une traite aux membres du Conseil les syllabes qui étaient tombées dans son conduit auditif. La nouvelle plissa de plus belle les fronts augustes et fit monter de plusieurs degrés l'angoisse d'une nuit de délibérations sur l'apocalypse qui se préparait.

Q ui était Roudoudou, s'exclamèrent-ils en chœur. Etait-ce le diminutif familier du redoutable et mythique chef terroriste, le célèbre Ben Rouden, dont je serais l'agent et l'avant-garde meurtrière ? La répétition du mot au début et à la fin du message était, ils en étaient certains, un message codé. L a thèse de l'espionnage prenait de la consistance. L'inquiétude était sur le point de se transformer en panique. On chargea dare dare les décrypteurs officiels et les responsables du chiffre de la lourde tâche de déchiffrer cette phrase capitale et de la traduire en paradisien .

Pendant que j'approchais de la pierre du Conseil le pied léger et l'âme sereine, je ne me doutais pas que j'avais allumé un incendie sous les calottes crâniennes. L'angoisse des autorités se traduisait par l'apparition de plaques verdâtres sur les mains tandis que des pustules brunes commençaient à grêler les visages. Le mortel poison de la peur se diffusait dans les corps.

L'arrivée de notre duo provoqua confusion et tumulte dans les rangs. Elle ne fut pas une surprise pour les autorités, mais elle en fut une, et de taille, pour mes congénères. Des Oh ! et des Ah ! sonores ainsi que des bruissements d'ailes rythmèrent mes derniers pas. Chacun attendait une pénitente cheminant tête basse et ailes en berne . C'est en triomphatrice et en fière porteuse d'un oiseau d'or que j'avançais d'un pas dansant vers la pierre du conseil. Cependant, par prudence, je pris rapidement une mine modeste et j'abritai ma joie derrière les volets de mes paupières baissées.

Toujours aussi immobile, les plis de sa tunique élégamment disposés autour de ses genoux, Il me regardait approcher. Je glissais littéralement sur le gazon douillet. Il effaça prestement les plis sévères de sa bouche qu'un génial artiste d'une péninsule adriatique avait en son temps gravés dans le marbre et fit discrètement tomber les manches de sa tunique sur ses mains ocellées de plaques d'angoisse ; mais si rapidement qu'il ait agi, je le vis serrer les poings tandis qu'il m'accueillait avec un air de bénévolence appuyée.

 

3 - Face à face

D'un signe de la tête, il m'invita à avancer plus près, tout près. En meneur avisé, il savait qu'il fallait tenter de faire croire qu'il avait prévu et voulu ce qu'il n'avait pu empêcher.

Je m'approchai de la pierre du conseil jusqu'à la toucher, ce qu'aucun Adamien n'avait été invité à faire jusqu'à ce jour.

L'oiseau, dont les longs panaches recourbés de la queue frôlaient gracieusement le sol, aussi immobile que s'il avait été empaillé, fixait notre guide de son œil rond enluminé d'un anneau d'or. Ils se scrutaient, s'évaluaient, se mesuraient dans un silence cotonneux qui me rappela l'atmosphère d'une promenade que j'avais faite un jour dans une plaine déserte recouverte d'une épaisse couche de neige. On aurait pu entendre le bruit d'une plume se détachant d'une aile.

L e chef flaira une odeur qui n'avait plus cours depuis que l'obéissance avait été durement imposée comme valeur majuscule, une odeur subversive, qui pulvériserait plus sûrement l'architecture céleste qu'une colonie de termites dans une toiture. Le cauchemar de la fantaisie, de l'individualisme, du bonheur, en un mot de l'anarchie, hantait les autorités.

Des compliments sur la beauté miraculeuse de mon compagnon tombèrent des lèvres augustes pendant que les yeux demeuraient sévères. Notre grand timonier se força même à articuler quelques flatteries sur mon esprit d'initiative et la puissance de ma logique pelleteuse à la recherche des vermisseaux salvateurs. Bing, bang, bong, ces paroles pleines de sous-entendus résonnèrent dans ma tête à la manière du gong d'un bonze tibétain appelant les fidèles à mettre en mouvement les moulins à prières.

Les neurones en alerte et les muscles tendus, j'attendis la suite. IL continuait d'égrener des paroles sucrées, insistait sur ma force de caractère et ma combativité. Ces qualités, poursuivait-il, n'avaient pas échappé aux autorités et en signe de reconnaissance de mes aptitudes le grand Conseil, à l'unanimité, avait décidé de me confier une mission de la plus haute importance.

Il parla de vapeurs pestilentielles , de fumées putrides, révélatrices de présences impures, détectées par les sentinelles postées aux frontières, d'invasion imminente, d'attaque meurtrière.

Tandis qu'il énumérait sur un ton monocorde les calamités qui menaçaient les célestes occupants de notre paradis, je remarquai que son regard évitait le mien et qu'il fixait obstinément un point à l'infini, au-dessus de mon épaule gauche. Mais lorsqu'il évoqua le spectre de méchants démons barbus escaladant l'échelle de Jacob ou chevauchant la nuée il me fixa d'un œil accusateur qui me donna la chair de poule!

J'entendis à peine le brouhaha , les exclamations angoissées et les battements d'ailes effarouchés du groupe agglutiné dans mon dos. Mon oiseau, comme momifié, ne bougeait pas d'une virgule, mais je sentais ses pattes musclées fermement cramponnées sur mon épaule et j'avais l'impression qu'il partageait ma tension.

Un léger mouvement de l'auguste main apaisa momentanément la houle derrière moi . Pendant que l'agitation baissait d'un ton, notre guide mit un point final a ses explications. Je reçus comme un coup de poing dans l'estomac la nouvelle que j'étais expédiée en mission dans la galaxie. Q uoi de plus efficace pour se défaire d'un élément encombrant que de lui proposer un avancement sous la forme de la plus dangereuse des missions. Je compris que nos dirigeants bien aimés espéraient que, nouvel Icare, je me brûlerai les ailes à un soleil. Devenue photon je serai alors , sans espoir de retour, engloutie par un trou noir .

Je baissai la tête. En fait de mission, je compris que j'étais condamnée au bannissement. Mon oiseau-miracle me protégeait de la mise à mort immédiate, mais j'étais chassée du paradis . Les autorités me jugeaient irrécupérable. Elles craignaient que, trublionne incontrôlable, j'introduisisse dans la perfection huilée de l'azur le germe de la petite pourriture de l'amour qui fermenterait sournoisement et contaminerait de proche en proche la pure et aseptisée société des anges.

L 'amour pour un oiseau d'or est indésirable au paradis.

En même temps, j'étais soulagée. Je songeais à l'ardent désir que j'avais éprouvé en rêve de couper mes encombrants et hypocrites attributs emplumés et je revivais l'aspiration exaltante qui m'avait habitée de découvrir d'incroyables Florides, l'espoir de pouvoir de nouveau, un jour, courir pieds nus dans l'herbe parfumée ou de descendre des fleuves impassibles. Oui, partir , partir à la recherche d'archipels sidéraux et de brumes violettes ! Retrouver le bruit des vagues près des péninsules démarrées et danser sur les flots bleus comme un bouchon !

Les vers du poète qui m'avaient bercée dans une vie antérieure hantaient ma mémoire . Mais lui, mon bel amour qu'allait-il devenir ? Un espion, même s'il est baptisé messager, peut-il passer inaperçu avec un oiseau d'or perché sur son épaule ?

Notre guide bien-aimé ne me laissa pas balancer longtemps . La voix se fit onctueuse lorsqu'il conclut qu'une équipe d'anges terrassiers pourvus de solides biceps était déjà nommée . Elle alimenterait le pensionnaire à plumes en vermisseaux et une luxueuse volière était prête pour accueillir l'oiseau de lumière jusqu'à mon retour… Un silence… Il jugea opportun d'ajouter… que tous espéraient rapide.

En futur espion avisé, je décryptai immédiatement la sous-conversation de ces prévenances : mon oiseau d'or était gardé en otage. Ce n'était pas dit franchement, mais j'avais des oreilles pour entendre.

 

4 - Esgourdon

Le cœur brisé et ne pouvant me résoudre à sacrifier mon bel amour doré , je trouvai la force de Le regarder en face et le courage d'évoquer le système esgourdon.

Une vilaine grimace tordit ses lèvres minces. Il fronça les sourcils. Je compris que je n'aurais pas dû connaître l'existence du réseau d'espionnage qui enserrait la voie lactée d'un maillage si serré que la moindre collision de poussières interstellaires aux confins de la voie lactée était instantanément détectée.

C'était pourtant un secret de polichinelle. Lorsqu'ils bavardaient entre eux, les anges gardiens ne parlaient que de cela. Et au paradis, les nouvelles se propagent plus rapidement que dans un souk égyptien. Les performances du système faisaient béer d'admiration tout ce qui, dans la galaxie, comptait d'adeptes des technologies avancées et beaucoup rêvaient d'une affectation flatteuse dans le service chargé de son fonctionnement.

Des anecdotes nombreuses se chuchotaient à l'abri des ailes déployées. En effet, on susurrait que le système était si performant que, là également, les préposés à la réception des messages n'avaient plus le temps de lire et encore moins de traduire, les fiches que les machines crachaient avec la régularité d'une usine à saucisses. N'osant l'avouer aux autorités et quasi étouffés par les montagnes de papier, des plaisanteries fusaient sur des plumes endommagées et même des ailes brisées par des effondrements de paperasse.

Il se murmure sous le sceau du secret qu'un angélique employé décida un jour de se débarrasser d'un fatras impossible à classer. Il découpa une trappe dans le sol. Il paraît que les innombrables feuillets expédiés dans la stratosphère scintillèrent un instant avant d'être absorbés par des trous noirs et que d'autres furent joyeusement entraînés, en compagnie des compte-rendus d'espionnage interne, dans le sillage des comètes .

Notre guide daigna me répondre qu'en matière d'espionnage, le renseignement scientifique ne remplace pas le regard et le jugement d'un agent intelligent. Un long silence s'ensuivit.

L e conseil me confiait, ajouta-t-il, l'écrasante responsabilité de partir à la recherche d'autres mondes et de vérifier si certains paradis dont d'antiques archives portaient la trace existaient toujours. J'étais également chargée d'enquêter sur les bouffées nauséabondes qui empuantissaient l'azur depuis peu et sur le rôle du funeste Ben Rouden dans l'émission et la propagation de ces vapeurs pestilentielles.

Le Conseil attendrait mon rapport avant d'entamer la construction des fortifications, des bombardes et des catapultes qui s'imposaient.

L 'esprit souffle où il veut et je compris que depuis la naissance et la métamorphose de mon oiseau d'or, j'étais devenue pleine de grâces aux yeux des autorités. Tout en me demandant in petto qui pouvait bien être ce mystérieux Ben Rouden auquel elles attribuaient des pouvoirs quasi surnaturels, j'avais l'impression que je leur faisais peur. C'est pourquoi je ne pus m'empêcher, durant un court moment, d'éprouver une bouffée d'orgueil dont je n'étais pas très fière.

 

(à suivre...) Résurrection

 

 
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