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Odyssées intergalactiques

Une histoire véridique du paradis

 

La nouvelle alliance

Oyez, oyez la bonne nouvelle...

 
 

 

C - Résurrection ( Dolcissimo)

1 - Cantate
2 - Fuite

3 - Rencontre
4 - Exultate


 

1 - Cantate

 

Nous sommes revenus lentement sur nos pas dans la parcelle qui m'avait été attribuée.

Il faut savoir que les oiseaux du paradis ont des antennes et des capteurs dont les non paradisiens n'ont pas le moindre commencement d'idée, si bien que le petit miracle doré avait enregistré le cheminement des sentiments qui agitaient ma cervelle et mon cœur.

Avec la grâce et la générosité d'un amour qui n'existe que dans l'azur, il m'invita à enfourcher les grands vents de la liberté et à moissonner mes rêves . Perché sur une branche dégagée de l' arbre du jardin, il me l'exprima d'une manière plus éloquente que par la parole en se livrant à la plus éblouissante et à la plus séduisante parade de plumes frôlées, agitées, tremblotantes, un festival de couleurs, une rivalité de jeux de lumière avec les rayons du soleil .

Pars, pars chantait la danse, cours vers ta liberté.

Mon coeur se dilata de bonheur et sans me soucier des espions emplumés qui grouillaient autour de nous, j'entonnai le plus beau cantique d'amour que la terre et les paradis aient jamais ouï .

 

 

2 - Fuite

Nous nous sommes blottis l'un contre l'autre, mon oiseau et moi, comme dans un nid, et je ruminais mélancoliquement mon départ et notre séparation. J'imaginais les gardes emplumés venant au petit matin se saisir de mon miracle doré et cette perspective me mettait hors de moi.

En même temps une idée cheminait dans ma tête. Puisqu'un espion, pouvait être expédié dans la galaxie, c'était donc qu'il existait une porte de sortie et qu'on pouvait quitter le paradis! Que voilà une bonne nouvelle, me disais-je!

Fuir était devenu une obsession, mais je ne voulais pas laisser mon oiseau d'or en otage.

Je fis le pari de l'obéissance universelle: la nuit tombée, personne n'oserait poser la pointe d'un orteil hors de sa parcelle. Pendant que le paradis et ses occupants seraient engloutis dans le silence et anesthésiés par le sommeil, la nuit complice, la nuit maternelle, la nuit protectrice serait à moi. Je pariai même que mes anges gardiens eux-mêmes faisaient un somme avant la reprise de leur harcelante surveillance.

Je laissai mon précieux compagnon pelotonné sur lui-même, la tête sous l'aile, et je me fondis dans les ténèbres .

Je marchai longtemps, très longtemps, droit devant moi, alternant la course furtive et une légère sustentation. Et tout à coup, une masse gigantesque se dressa devant moi : un mur.

Stupeur et désolation: un amoncellement de coffres à perte de vue, en profondeur et en hauteur. Voilà donc où sont stockées les caisses de commentaires sur les exploits mirobolants de nos dirigeants! Il me faudrait au moins l'échelle de Jacob pour escalader ou enjamber ces remparts. Le paradis est donc une forteresse.

Lentement, précautionneusement, j'avançai le long de la muraille de papiers.

Une légère lueur me permettait de distinguer également la présence d'une triple rangée de herses. Contre qui se défend le paradis ? Puisque les herses sont à l'intérieur, elles sont donc dressées contre nous. Le paradis n'est pas seulement forteresse, c'est une prison, soupirai-je amèrement ! La prison de l'unanimité, la prison de la règle, la prison de l'obéissance.

Puisque ces herses avaient été installées, c'est que d'autres Adamiens, mes frères en révolte, avaient essayé de crever la bulle aseptisée de la collectivité. Rêvaient-ils, eux aussi, d'aller rouler dans les étoiles au son du cor et du tambour en compagnie d'un clown acrobate?

Ce que je voyais à cet endroit ne me laissait aucun espoir de fuite. Mais l'espérance, ma folle espérance, refusait de capituler. Une petite musique m'invitait à persévérer. Elle chantonnait que sans persévérance, l'espérance est une paralytique. Alors, je poursuivis mon chemin en voletant maladroitement. Mais toujours le même spectacle désolant, le même empilement, la même pesante, imposante, impressionnante masse.

M'approchant tout près de la paroi, je vis qu'à certains endroits les empilements étaient plus irréguliers et moins profonds. L'ensemble de guingois semblait tenir debout par miracle. On aurait dit un fantôme de muraille prêt à s'effondrer à la moindre pichenette.

J'eus une bouffée de reconnaissance pour le collègue négligent qui avait visiblement déversé sa cargaison sans précaution.

J'avançai prudemment la main, à la recherche d'une possible faiblesse de l'assemblage, scrutant les saillies, tâtonnant dans les trous, auscultant les a-pics sous le désordre de l'amoncellement. Déçue, je constatais que, même là, les pièces étaient solidement enchevêtrées en quinconce et qu'elles se bloquaient les unes les autres.

Avec une énergie décuplée par la déception et la colère qui commençait à me gagner, je saisis un gros coffre qui dépassait un peu plus que les autres. Je m'acharnai sur lui et, miraculo, je réussis à le faire bouger de quelques millimètres. Encouragée, je poussai fortement sur la gauche et je conquis plusieurs centimètres, suffisamment pour libérer un gros volume relié coincé entre deux blocs. Je réussis presque à l'extraire. Du coup, au-dessus de lui, toute une rangée de coffres se trouva dégagée. Je parvins à arracher le premier, le second vint facilement et le troisième s'affaissa de lui-même, puis culbuta.

Alors que j'essayais de repousser ces grosses caisses pour élargir le passage, un énorme effondrement de la voûte et des bords se produisit spontanément. J'esquivai de justesse, par un saut en arrière, une gigantesque collection d'in-folios qui faillit m'écraser. Les riches couvertures de cuir rouge livrèrent leurs entrailles désordonnées.

La Baliverna ne s'était pas effondrée totalement, mais la voie était libre.

Le souffle d'une douce nuit s'engouffra dans la touffeur du paradis et m'enveloppa de fraîcheur parfumée. Tu peux donc lever l'ancre chantait mon cœur. Partir , partir ailleurs, plus haut, plus haut encore et explorer des étoiles nouvelles.

Je revis en esprit la réunion au Conseil et la docilité obséquieuse des anges, mes compagnons. J'eus une pensée émue et fraternelle pour les déchiffreurs et décodeurs desgourdon, les célestes saboteurs de l'espionnage généralisé, les révoltés de l'intérieur .

Plus rapide que le vent, je retournai sur mes pas. Mon oiseau, ma merveille dormait, la tête enfouie dans son plumage doré.

Je le saisis délicatement, je le presse contre ma poitrine et je cours, je cours à perdre haleine vers la liberté. Je galope, je vole avec mon trésor dans les bras. La liberté, oui, mais la liberté avec lui. Nous nous engouffrons dans la brèche. Sans mors, sans éperon, sans bride, nous partons à cheval pour un ciel féerique et divin !

Je tiens l'oiseau serré contre mon cœur, je retiens mon souffle .

Et … c'est le grand saut dans le vide.

 

3 - Rencontre

 

Un froid silencieux nous cueille et me coupe le souffle. Nous plongeons dans le noir, un noir compact mais soyeux, piqueté de-ci, de-là des lucioles clignotantes d'étoiles lointaines. Je me mets à planer doucement serrant très fort mon oiseau d'or.

Soudain, nous sommes happés par un tourbillon qui nous aspire, plus haut, toujours plus haut, là où l'air est si rare et si pur que j'entends distinctement la musique des sphères.

Lorsque je reprends conscience, mon oiseau, mon miracle, n'est plus dans mes bras. Mais deux grandes ailes dorées enveloppent mon corps devenu la chose envolée fuyant vers d'autres cieux et elles remplacent les piteux attributs angéliques que j'avais vainement tenté d'arracher.

Et maintenant, je suis corps et je suis oiseau. Je suis corps et oiseau confondus.

Habitée par mon oiseau et parée de ses ailes d'or, j'ai poursuivi mon voyage dans l'azur.

Dans une nuit devenue plus accueillante qu'une aurore, j'ai croisé le sillage lumineux d'un sage. Je l'ai entendu murmurer suavement que nul n'a jamais vu le Paradis ni l'Enfer, ô mon cœur ! Nul ici qui de là-bas soit revenu, ô mon cœur ! Nos peurs, nos espoirs ne reposent que sur des mots, une chose au loin, et rien de plus, c'est sûr, ô mon cœur.

Surprise, j'ai protesté : tu te trompes, poète, le paradis existe puisque j'y suis entrée et que j'en suis sortie.

Alors, devant mes yeux éblouis, il a tiré le lourd rideau rouge du langage et j'ai contemplé en longueur, largeur et profondeur tous les théâtres de la galaxie. En une fraction de seconde, j'ai vu mille et une représentations se déroulant simultanément sur mille et un théâtres à mille et une années-lumière les uns des autres. Mais toutes les scènes et toutes les intrigues étaient bercées par la même musique envoûtante et mélancolique scandant l'ordre, la loi et l'obéissance.

Le poète, mon ami, s'est fait insistant. Avec une douce et tendre éloquence il m'a livré les secrets des alchimistes infernaux qui ont réussi la funeste opération de la transmutation de l'or des symboles en plomb des croyances et des certitudes.

Leurs paradis, dit-il, sont un nuage de mots, un mirage de consonnes et de voyelles, une poussière de lettres chevauchant les rayons du soleil. C'est la densité en plomb et la pureté en or résiduel qui déterminent l'emplacement d'un paradis sur le plan de l'écliptique, l'orbite sur laquelle il gire et la distance qui le sépare du soleil du sens.

Le poète chanta pour moi la puissance de nos désirs, de nos aspirations et de nos expériences qui malaxent la poussière des mots et en font une glaise muable comme la cire mais résistante comme le béton. Un créateur surgit qui sculpte ce matériau à notre image et ressemblance. Une œuvre si grandiose, si rayonnante, si lumineuse jaillit de ses mains de démiurge, qu'éblouis, nous nous persuadons qu'elle est née de l'écume des vagues ou des irisations de la lumière. L'illusion de vie qu'elle transmet est si puissante que nous finissons par voir la statue respirer, parler, marcher, voler, siéger dans l'éther et diriger nos existences. Certains en viennent même à lui apporter des repas quotidiens ou à l'attacher avec des chaînes de crainte qu'elle ne prenne ses jambes à son cou.

Je n'en croyais pas mes oreilles. Etions-nous vraiment de si habiles artisans ? Mais pourquoi avions-nous sculpté un tyran ? Etions-nous, nous aussi, des malades ?

Le poète, mon doux ami, me rassura. Il me chuchota que nous préférons imaginer que nous vivons sous la coupe d'un schizophrène plutôt que d'accepter qu'il n'y ait au-dessus de notre tête ni Père, ni chef, ni maître. Il continuait de me souffler à l'oreille qu'un chien ne quitte pas un maître même cruel et violent, parce que son instinct le pousse à vénérer un chef de meute et il ajouta que notre instinct de meute sublimé, mais toujours vivant dans les souterrains de nos cervelles, se trouve activé par la peur de la solitude et par la terreur d'être livrés aux inexplicables cyclones qui bouleversent nos destinées .

Il conclut ses confidences par un panorama de l'infinie variété des sculptures que des artistes de génie avaient réalisées. Aucun musée dans la galaxie ne serait assez vaste pour les exposer toutes en même temps.

Le tyran capricieux que nous avons installé dans le paradis dont je m'étais échappée, ajouta-t-il tristement, était l'un des avatars, l'une des métaphores possibles des incompréhensibles tempêtes qui secouent nos carcasses.

Puis, mon ami s'est éclipsé discrètement, après avoir revêtu toutes choses de sa lumière.

Alors mon oiseau et moi, mon oiseau en moi et moi en lui, nous avons repris notre envol vers le pays des rêves .

 

 

4 - Exultate (Allegro animato …)

...Il était une fois un paradis au centre duquel croissait un arbre magique. Chacune de ses branches portait fièrement une pomme d'or.

Je me suis assise à l'ombre de l'arbre du sens et j'ai mangé le fruit défendu. J'ai savouré la chair des mots et recraché les pépins des lourdes certitudes . Mes yeux se sont délectés de la palette des harmonies et le grain moelleux des cadences a réjoui mes papilles.

J'ai contemplé les soleils noirs et les aurores incendiées, j'ai rêvé la belle Sulamite aux lèvres de lys rouge, j'ai vu la grenouille bleue et je sais que sa voix est douce et perlée, j'ai senti couler entre mes doigts la poussière des étoiles et saisi la lame de l'éclair, j'ai chanté la liesse et le désir des grands vents sur toutes les faces de la terre . Répondant à l'appel des aventuriers de haute mer, j'ai chevauché la vague bleue avant de succomber au doux chant des Sirènes.

O poète, mon doux ami, le paradis existe, je l'ai rencontré.

Était-ce en mon corps, était-ce hors de mon corps ...?

 

Notes

J'ai intégré dans le texte, sans guillements, les références suivantes. Je laisse les érudits en retrouver la trace:

Isaïe 65.25

Yahvé Dieu planta un jardin en Eden à l'Orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toutes espèces d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras. Le premier s'appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l'or ; l'or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre d'onyx. Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush. Le troisième fleuve s'appelle le Tigre : il coule à l'orient d'Assur. Le quatrième fleuve est l'Euphrate. Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Eden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement : tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. Gn 2, 8-17

Allons, bâtissons -nous une ville et une tour dont le sommet soit dans les cieux, et faisons-nous un nom , de peur que nous soyons dispersés à la surface de toute la terre. Gn 11,4.

Jahvé descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Jahvé dit : " Voici qu'à eux tous ils sont un seul peuple et ont un seul langage ; s'ils ont fait cela pour leurs débuts, rien désormais pour eux ne sera irréalisable de ce qu'ils décideront de faire. Allons ! Descendons et là brouillons leur langage, de sorte qu'ils n'entendront plus le langage les uns des autres. " Gn, 11, 5-7

"Demain c'est la terre promise,
Demain c'est là le paradis
Demain en Demain s'éternise
Demain fuit qui le poursuit
Ddemain décourage aujourd'hui "
Chants de Troubadours

Jahvé dit à Moïse : " Monte vers moi à la montagne et restes-y ; je veux te donner les tables de pierre, la loi et le commandement que j'ai écrits pour les instruire ". Ex 24,12-13

La nuée le couvrit pendant six jours. Ex, 24,16

Moïse entra au milieu de la nuée et gravit la montagne. Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits. Ex, 24,18 et Ex 20-31

Josué entendit la rumeur du peuple avec ses acclamations , et il dit à Moïse : Rumeur de guerre au camp ! Moïse dit : Ce n'est pas une rumeur de chants de victoire, ce n'est pas une rumeur de chants de défaite, c'est une rumeur de chants alternés que j'entends ! Lors donc qu'il approchait du camp , il vit le veau et les danses. La colère de Moïse s'enflamma . " Ex, 32, 16-19

" Il (Moïse ) leur dit : Mettez chacun le glaive à la hanche. Passez et repassez dans le camp de porte en porte , et tuez, qui son frère, qui son ami, qui son proche. Les fils de Lévi agirent selon la parole de Moïse ; " Ex, 32, 27-28

" Et du peuple, il tomba ce jour-là environ trois mille hommes. "

" Il jeta de sa main les tables et les brisa au pied de la montagne "

" Moïse dit : Recevez aujourd'hui l'investiture pour Jahvé , qui au prix de son fils, qui au prix de son frère, pour qu'il vous donne aujourd'hui sa bénédiction. " (Exode, 32,29 traduction Osty)

: " …nous étions , nous aussi, insensés, indociles, égarés, asservis à des convoitises, vivant dans la méchanceté et l'envie, odieux, nous haïssant les uns les autres." Epître de Saint Paul à Tite , 3,3

" … remplis qu'ils sont de toute espèce d'injustice, de perversité, de cupidité, de méchanceté ; pleins d'envie, de meurtre, de querelle, de ruse, de perfidie ; rapporteurs, calomniateurs, ennemis de Dieu, insolents, orgueilleux, fanfarons, ingénieux au mal, indociles aux parents, sans intelligence, sans loyauté, sans cœur, sans pitié. " Epître de Saint Paul aux Romains 1-28-31

"Moïse dit au peuple : " Vous avez commis , vous , un grand péché , mais maintenant je vais monter vers Jahvé ; peut-être pourrai-je faire l'expiation pour votre péché. " Ex 32,30

"Que toute personne soit soumise aux pouvoirs établis ; car il n'est de pouvoir que de Dieu. Ainsi, celui qui s'oppose au pouvoir résiste à l'ordre voulu par Dieu, et ceux qui résistent s'attireront la condamnation." Saint Paul, Lettre aux Romains, 13,1-2

"Je suis rassasié des holocaustes de béliers, de la graisse des veaux gras, ; le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n'en veux pas ! (…) Vos mains sont pleines de sang." Isaïe 1, 11-15

"Moïse entre dans l'âme d'un Dieu qu'il met lui-même au monde, dont il promulgue avec fermeté les décrets et dont il prend avec autorité les décisions. Avec Moïse on assiste vraiment à l'invention et à la mise en scène d'un Céleste. Comment cela se peut-il, si l'on admet que Moïse croit sincèrement au dieu qu'il façonne et si, d'un seul et même mouvement, il "reçoit" et invente une parole qu'il proclame "divine", accueillant, comme s'il était proféré par un autre, le discours qu'il a pourtant mis lui-même dans la bouche de l'idole?" (Manuel de Diéguez, Le Combat de la raison,Albin Michel 1989, p.130)

Obéir ac cadaver, règle de l'ordre des Jésuites.

" Dieu dit à Moïse : "JE SUIS CELUI QUI SUIS. Et il ajouta : c'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle " JE SUIS " m'a envoyé vers vous ". Ex 3,14

C'est Eloah qui m'a fait tort. (…) Je crie à la violence et reste sans réponse, j'appelle au secours, et point de jugement ! Il a muré ma route et je ne puis passer. (…) Il me démolit de toutes parts. (…) Il a déraciné , comme un arbre, mon espoir, il a enflammé contre moi sa colère et m'a traité comme un adversaire. Job, 19, 6-11.

"Quel est celui qui obscurcit mon plan par des paroles dépourvues de science ? (…) Qui enferma la mer à deux battants ? (…) As-tu dans tes jours commandé au matin, indiqué sa place à l'aurore ? (…) As-tu pénétré jusqu'aux sources de la mer, et au tréfonds de l'abîme t'es-tu promené ? Te sont-elles apparues les portes de la Mort ? (…) As-tu pénétré dans les réserves de neige, et les réserves de grêle, les as-tu vues ? (…) Qui compte les nuages avec sagesse, et les outres du ciel, qui les incline ? (…) . Job, 38, 4-38.

"Yahvé répondit à Job au milieu de la tempête. Job, 38,1

Job, 39, 1-4

Job, 39, 5-7

"Donnes-tu au cheval la vigueur, revêts-tu son cou d'une crinière, le fais-tu bondir comme la sauterelle ? Son fier hennissement répand la terreur. Il piaffe dans le vallon et exulte avec force, il s'élance au devant des armures, il se rit de la peur et ne s'effraie pas : il ne recule pas devant le glaive. Sur lui résonne le carquois, la lance étincelante et le javelot ; il frémit, il bouillonne, il avale la terre et ne se contient plus quand sonne la trompette. A chaque coup de trompette, il crie Hourrah ! Et de loin il flaire la bataille, le tonnerre des chefs et la clameur du combat." Job, 39, 19-25

"Quand Moïse entrait devant Jahvé pour parler avec Lui, il ôtait le voile ."

" Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait d'avoir parlé avec Lui Jahvé parlait à Moïse face à face , comme un homme parle à son ami. Ex, 32,10

" Tu ne peux voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre ! Voici un endroit près de moi ; tu te tiendras debout sur le rocher. Et quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que je sois passé. Puis je retirerai ma main et tu me verras de dos ; mais ma face, on ne peut la voir. " Ex, 33, 20-23

" Quiconque fera du travail en ce jour sera mis à mort. Vous n'allumerez pas de feu , en aucun des lieux où vous habiterez. " Ex, 35,2-3

" Prends ton fils, ton unique, que tu aimes, Isaac , et va-t-en au pays de Moriyya ; là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. (…) Abraham prit le bois de l'holocauste et le mit sur Isaac, son fils, et tous deux s'en allèrent ensemble. (…) Quand ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y bâtit l'autel ; il disposa le bois, lia Isaac, son fils, et le mit sur l'autel, par -dessus le bois. Puis Abraham étendit la main et prit le couteau pour immoler son fils. " Gen, 22, 9-10

" Abraham leva les yeux et regarda : un bélier était là, retenu par les cornes dans un hallier." Gen, 22

Baudelaire

Omar Khayyam, Rubayat, trad. A. Robin, Gallimard/NRF, p. 15

"Les Ethiopiens font leurs dieux noirs et avec le nez camus, les Thraces disent que les leurs ont les yeux bleus et les cheveux rouges." Xenophane.

 

 
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