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Les aventures mirobolantes de l'Empereur Picrochole II
au Pays des Mille et une Nuits

Aline de Diéguez

Chapitre IX : De Rothschildland en Picrocholand

 
 
 

 

Petit résumé des chapitres précédents

Le Roi-dollar, héros de la saga du système monétaire international - un Zorro qui aurait réussi à capturer la planète entière dans son lasso, pour rester dans la couleur locale - n'est pas né ex-nihilo . Il a eu des parents en chair et en os, comme vous et moi, des parents avec un état civil , des parents cossus et honorablement connus sur la place et à l'étranger. Il est vrai que c'étaient uniquement des papas - un détail très "tendance" aujourd'hui.

Avant de continuer de narrer les aventures de mon héros , je vais m'intéresser à ces papas très puissants. Je vais aussi examiner les circonstances dans lesquelles ces pères richissimes ont conçu, porté et accouché du nourrisson royal dont j'ai relaté quelques aventures dans deux chapitres précédents, avant qu'il devienne le vieillard apoplectique et cacochyme que nous connaissons aujourd'hui.

- Premiers pas sur les traces du Roi-dollar

- Voyage circummonétaire à la recherche du Roi-Dollar et découverte de la caverne d'Ali Baba

La faiblesse actuelle de l'Etat construit sur un dollar vacillant - notre Picrocholand - ne rend pas cet Etat moins dangereux pour le Reste du Monde (ROW, Rest of the Wold , selon la terminologie picrocholienne) . Au contraire,il est tentant pour lui de rééquilibrer la faiblesse monétaire par la surpuissance militaire construite précisément sur les privilèges financiers exorbitants accordés aux Picrocholiens.

Voilà pourquoi votre fille est muette, pour paraphraser Sganarelle, le médecin malgré lui de Molière, et voilà pourquoi Picrochole II continue de parler haut et fort , prétend faire la loi dans l'univers, imposer sa propre législation à tous les Etats de la planète ,contourner les institutions et les lois internationales qu'il n'arrive pas à courber à son profit et surtout "réformer le grand Moyen Orient" - ce qui, en langage clair signifie détruire systématiquement la souveraineté des Etats de la région, les morceler en une multitude d'Etats-croupions découpés sur une base confessionnelle ou ethnique afin de s'approprier plus aisément leurs richesses et leurs hydrocarbures.

De ce point de vue, Picrochole II peut se flatter de ce que la destruction de l'Irak soit un plein succès, celle de l'Afghanistan est également en voie d'achèvement. En revanche, la destruction du Liban est un succès mitigé. Le bras armé de l'empire sur place n'a pas accompli les exploits escomptés , mais l'ambassadeur US , très actif sur le terrain, déploie de gros efforts pour faire renaître la guerre civile en armant les milices. L'espoir de faire exploser le Pays du Cèdre demeure donc d'actualité. La cerise sur le gateau serait évidemment la destruction et le pillage de la Perse. Le tout-Picrocholand en rêve .

En un mot comme en cent, le cache-sexe idéologique d'un messianisme biblico-démocratique ne parvient pas à dissimuler qu'il s'agit purement et simplement de la forme actualisée du bon vieux colonialisme recyclé, mené tambour battant et missiles en bandoulière.

Lorsque l'arrogance est au service d'un arsenal militaire capable de transformer plusieurs dizaines de fois tous les habitants de la planète en photons galopant dans la galaxie et qu'elle dispose, en outre, de l'ADM absolue (arme de destruction massive) - celle qui s'appelle la servitude volontaire des élites et des gouvernements mous, lâches ou corrompus - le roi déchu , tout péclotant qu'il soit, possède encore une capacité de nuisance non négligeable ainsi que des moyens efficaces et particulièrement pervers de faire payer à ses assujettis les conséquences financières calamiteuses de son hubris et de sa gloutonnerie .

"Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin " disait l'industriel Henry Ford .

Un coup d'oeil sur la préhistoire du système monétaire

La date du 23 décembre 1913 est à marquer d'une pierre noire dans l'histoire du Nouveau Monde et dans la nôtre. Ce jour-là, un cartel de banques d'affaires parvint à mettre a quia la Constitution américaine . Le règne de la finance sur les Etats-Unis, puis sur la terre entière venait d'entrer dans une phase décisive qui allait durer près d'un siècle . Le ver s'était introduit dans la pomme. Il allait y prospérer , baffrer toute la pulpe et ne laisser que la peau .

Avant d'observer comment les vers gros et gras, n'ayant plus rien à avaler migreront vers d'autres fruits , ne laissant de la pomme de feu le système monétaire international qu'une vieille peau ratatinée , il est capital d'observer les premiers pas de la mise sous tutelle du nouvel Etat par les financiers internationaux menés, de génération en génération, par la pléthorique et cosmopolite famille Rothschild aidée par quelques comparses et alliés, avec une persévérance et une ténacité particulièrement remarquables.

Voyons les étapes préparatoires qui ont conduit à la naissance de l'hydre monétaire qui se nourrit du sang et des ressources de la planète entière et dont le corps apoplectique est sur le point d'exploser.

Ce petit retour aux sources n'est pas anecdotique. Les conséquences de la naissance du Roi-dollar ne sont pas épuisées et les circonstances de sa chute annoncée et prévisible à échéance assez courte , étaient inscrites dans les conditions de sa naissance .

De la déclaration d'indépendance en 1776 au 23 décembre 1913

La décision de 1913, qui aura une importance si grande pour la planète entière, et jusqu'à nos jours, est le point final d'une guerre féroce entre le pouvoir politique et le pouvoir des financiers menés par les banquiers Rothschild d'Angleterre . Elle se termina par une victoire par KO de la finance internationale sur le pouvoir politique de l'Etat naissant sur le nouveau continent et ouvrit la voie à une domination exponentielle des financiers sur le monde.

La bataille avait commencé avant même la déclaration d'indépendance en 1776 lorsque les banquiers de la City de Londres réussirent à faire voter par le gouvernement anglais une loi interdisant aux treize colonies d'Amérique de créer une monnaie locale , le Colonial Script, et de n'utiliser pour leurs échanges, que la monnaie or et argent des banquiers. Comme cette monnaie était obtenue moyennant un intérêt, elle devenait automatiquement une dette de l'Etat.

Les monétaristes l'appellent une monnaie-dette et cette monnaie est un rackett permanent et juteux des banques sur l'Etat soumis à ce régime.

Au moment de la déclaration d'indépendance du nouvel Etat, méfiants, les Pères fondateurs inscrivirent dans la Constitution américaine signée à Philadelphie en 1787, dans son article 1, section 8, § 5, que "c'est au Congrès qu'appartiendra le droit de frapper l'argent et d'en régler la valeur".

Mais les banquiers ne s'avouèrent pas vaincus. Ils trouvèrent des soutiens auprès du nouveau gouvernement et notamment auprès du Secrétaire au Trésor, Alexander Hamilton et du Président George Washington lui-même, et obtinrent en 1791 le droit de créer une banque, abusivement appelée Banque des Etats-Unis de manière à faire croire qu'il s'agissait d'une banque de l'Etat alors que c'était une simple banque privé appartenant à ses actionnaires.

Cette banque privée obtint, pour vingt ans, le privilège d'émettre la monnaie-dette du nouvel Etat. Lorsqu'au bout de vingt ans, le Président Jackson voulut mettre fin à ce droit exorbitant, sortir du cycle de la monnaie-dette et revenir au droit inscrit dans l'art. 1 de la Constitution , les banquiers anglais, menés par Nathan Rothschild, suscitèrent en 1812 une guerre de l'Angleterre contre ses anciennes colonies et ils mirent en action toute leur puissance financière afin de ramener le nouvel Etat au rang de colonie .

En 1816 , les privilèges de la Banque des Etats-Unis étaient rétablis et les banquiers menés par la famille Rothschild avaient définitivement terrassé les hommes politiques qui , comme Jefferson ou Lincoln avaient vainement tenté de s'opposer à leur racket .

Il s'agit bien d'un racket. Au moment de la guerre civile de 1860, les banquiers pratiquaient un taux usuraire de 25 à 36%. Lincoln dut mener la guerre sur deux fronts et déclara: "J'ai deux grands ennemis : l'armée du sud en face et les banquiers en arrière. Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis."

La décision secrète et privée de la création de la FED le 23 décembre 1913 n'a fait que bétonner celles de 1791 et de 1816.

En effet, il faut savoir que cette décision établit une dictature de la finance puisque toute création de monnaie rapporte un intérêt aux banques et augmente la dette de l'Etat.

A suivre: La conspiration de l'Ile Jekyll ou Quand la réalité rejoint la fiction

 

 
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