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Section Après 11 septembre 2001
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L'anthropologie historique et le messianisme américain

Réponse à l'appel à la guerre mondiale de 60 intellectuels américains
Texte repris dans la revue Res publica, août 2002 (édition internet et édition papier éditée par les P.U.F.). Voir aussi le texte de présentation.
(également dans la section: les intellectuels et internet)

 

Le texte applique à un cas concret - l'appel à la guerre mondiale lancé par soixante intellectuels américains le 15 février 2002 - la méthode d'analyse élaborée par l'anthropologie historique, qui étudie la structure dichotomique du cerveau humain au stade actuel de son évolution. L'Europe est engagée dans un combat intellectuel sur deux fronts - et cela durera longtemps. Elle est condamnée à une recherche de pointe au sein de sa propre culture et ne peut trouver du renfort auprès des peuples mêmes qu'elle veut secourir. Des intellectuels musulmans peuvent-ils entrer dans cette problématique ? (Le Monde, 15 février 2002)

1 - Qu'est-ce que le messianisme ?
2 - Les intellectuels américains messianisés par leur État
3 - Une histoire de vautour
4 - Le nouveau fantastique mental
5 - Le messianisme théâtral
6 - L'étude du cerveau dichotomique
7- Le camouflage politique du messianisme américain
8 - Apostolat et mauvaise foi
9 - Le Rubicon des sciences humaines

1 - Qu'est-ce que le messianisme ?

Tout le XXe siècle n'a cessé de démontrer que le messianisme ne se réduit pas à l'expression de convictions affichées dans un langage catéchétique : les idéologies dogmatiques, dont la vocation se proclame exclusivement politique, ne présentent que la version utopique d'un finalisme doctrinal dont l'histoire se proclame le théâtre et dont le naufrage se révélera vérifiable à l'école de l'expérience, tandis que l'échec des professions de foi confessionnelles se soustrait au constat par le transport préalable de leurs promesses dans les vapeurs d'un univers de la " fin des temps ".

L'anthropologie historique observe les traits psychogénétiques communs à tous les finalismes mythiques, qu'ils soient eschatologiques sur la terre ou ambitieux de triompher dans un au-delà. Le fait que ces deux formes du messianisme mettent une logique de la violence judiciaire et guerrière au service des victoires temporelles ou posthumes de leurs songes ne change pas la nature de la vie onirique d'une espèce en cours d'évasion de la zoologie : les représentations d'une félicité future que se donne un cerveau redupliqué par un monde imaginaire et qui caractérise à des degrés divers tous les transfuges actuels du règne animal se divisent entre les impatients d'un " salut " immédiat et les résignés à une longue attente. Comme Pierre-Emmanuel Dauzat l'a bien démontré (Les Pères de leur mère, Albin Michel, oct. 2001), Tertullien faisait de la patience - dont il était fort dépourvu - la vertu théologique fondamentale dans un temporel où " l'accomplissement des temps ", imprudemment promis par les Écritures, prenait un tragique retard et exigeait que le découragement des fidèles fût remplacé par un pacte indissoluble de la foi avec l'espérance de la parousie.

2 - Les intellectuels américains messianisés par leur État

Une démonstration à l'échelle planétaire de la structure schizoïde de centaines de millions de cerveaux d'aujourd'hui a été apportée le 15 février 2002 par la proclamation solennelle que cinquante intellectuels américains considérés parmi les plus éminents de leur pays ont signée. Leur profession de foi témoigne d'une interprétation théopolitique du destin du monde inscrite dans la plus pure tradition de la théologie depuis Grégoire de Nysse. Le fait que leur vision originellement dichotomique de l'histoire ait été ravivée par les événements du 11 septembre 2001, donc sous la pression d'un événement ressenti comme apocalyptique, ne fait que souligner combien la course des fuyards de la simiennité originelle de l'espèce vers un univers scindé entre le rêve et le réel résulte d'un traumatisme psychique natif et qu'il s'agit de compenser : un déboîtage " catastrophique " des encéphales allait précipiter le singe-homme dans des millénaires de conjuration angoissée du silence et du vide.

3 - Une histoire de vautour

Mais les mises en scène d'une dramaturgie des exorcismes religieux dépendent de la nature de la damnation à terrasser et du salut à conquérir. Ce n'est plus le coup de semonce du déluge ou le défi mondial de la livraison du tombeau du Christ aux infidèles ou le scandale international de l'absence de la chair et du sang du Christ dans le pain et le vin de la messe qui défient désormais le cerveau biphasé dont notre évolution en panne nous a affligés : ce qui conduit l'Amérique à s'attaquer aux ténèbres et à les mettre en fuite, c'est un mal si insaisissable, si gigantesque et si tentaculaire qu'il se laisse d'autant plus aisément mythifier qu'il est impossible de le contraindre à la débandade : il s'agit du terrorisme des nouveaux Prométhée. Ceux-là dynamitent le rocher sur lequel ils sont cloués et dont aucun vautour ne dévore le foie. Car c'est au tour du ciel de s'imaginer qu'on le lui dévore.

Naturellement, le dernier en date des spectres de la fin du monde se révèle aussi mythique que les précédentes figures des combats titanesques de la lumière de la vérité contre la nuit. Il se trouve seulement que le " terrorisme " n'est pas un cataclysme capable de rivaliser avec les désastres omniprésents, totalisants et immédiats que des écrivains spécialisés dans les apocalypses avaient su élever au rang d'un genre littéraire fort prisé. Mais la puissance mondiale de la pulsion messianique originelle et l'évidence de ses sources psychogénétiques sont précisément démontrées par le rachitisme de la menace, qui se trouve hypertrophiée pour les besoins de la cause, alors qu'elle est insidieuse et incapturable par définition, de sorte que le déploiement de forces militaires gigantesques pour traquer un insecte illustre une disproportion paniquée entre le " Mal " et les remèdes gesticulatoires du " Bien " qu'on prétend lui administrer.

4 - Le nouveau fantastique mental

Les intellectuels américains visiblement mobilisés par le Pentagone écrivent : " Nous affirmons solennellement et d'une seule voix qu'il est crucial pour notre nation, de gagner cette guerre. " Outre que la manière dont le vocabulaire officiel glisse de l'acception classique des termes de " guerre " et de " paix " en droit international public vers la signification religieuse de " guerre contre le Mal " - lequel se présentera armé de la majuscule retentissante que revendique le langage théologique - ce vocabulaire est révélateur de ce que l'enjeu de toute croisade est onirique par définition. Il est d'autant plus significatif, d'un point de vue anthropologique, que ce ne soient pas des croyants ordinaires, mais des intellectuels chevronnés qui basculent dans le fantastique cérébral . C'est cela qui donne sa véritable assise scientifique à l'étude du degré d'évolution du cerveau simio-humain actuel - car, à toutes les époques, les plus grands esprits ont cru à l'existence des dieux de leur temps, puis à celle des trois divinités qui se partagent encore de nos jours l'imaginaire cultuel à l'échelle mondiale.

La pesée scientifique du cerveau actuel de notre espèce ne peut être entreprise que par l'analyse du centre focal des valeurs dont la fonction théologique est de préciser le carrefour des signifiants eschatologiques du moment - autrement dit le " Dieu " qui constituera le point de diffraction du message et qui pilotera dans toutes ses parties le finalisme messianique d'une culture. Les intellectuels paradigmatiques du messianisme américain écrivent : " Nous nous battons pour défendre les principes des droits de l'homme et de la dignité humaine qui sont le plus bel espoir de l'humanité. " Mais quelle sera la fin d'un guerre manichéenne par définition? A quel moment sera-t-il décidé que " les droits de l'homme et la dignité humaine " auront définitivement triomphé dans l'univers? Comment définissent-ils les " droits de l'homme " ?

Le génie politique de l'Église est d'avoir compris que le moteur du rêve est viscéral, donc inextinguible au point que l'accomplissement des promesses pourra toujours être remis à la " fin des temps ". La forme de la théologie dont l'impatience s'exprimera par l'utopie politique ne sera donc pas bloquée par la contradiction radicale entre la nécessité de mettre un terme à une guerre menée ici bas et l'impossibilité absolue de faire débarquer dans l'Histoire les buts de guerre affichés. Les théologiens des " droits de l'homme " écrivent : " Un jour, cette guerre finira. Quand nous en serons là - et à certains égards même avant - un grand effort de réconciliation nous incombera. "

Les futurs apôtres de la paix universelle, donc de la bénédiction miséricordieuse des vaincus rachetés par la bonté des croisés du " Bien " présupposent que le "Mal" aura été si efficacement terrassé par la victoire de leurs armes que ce triomphe, eschatologique par définition, sera couronné du glorieux pardon des triomphateurs : " Nous espérons que cette guerre, en mettant fin à un fléau mondial, pourra accroître les possibilités de fonder la communauté mondiale sur la justice. "

5 - Le messianisme théâtral

Dans toutes les guerres religieuses, l'évidence qu'il faudra différer l'heure du salut et de la délivrance rentre par la petite porte. On écrira donc à la fois qu'il sera " mis fin à un fléau mondial " et que la " communauté mondiale de la justice ", c'est-à-dire le paradis sur cette terre ne sera qu'un " accroissement des possibilités " dont la date, aléatoire, ne pourra être fixée avant la fin du conflit " nécessaire ". On remarquera qu'un " effort de réconciliation " témoigne d'une perte de tension de eschatologie gesticulatoire: il y a décalage entre l'obligation de déclencher une guerre meurtrière, interminable et inappropriée à la nature de l'objectif " mondial " poursuivi et la " patience " qui permettra de recommencer sans fin un premier pas vers la délivrance finale et de perpétuer les conflits armés qui font le tissu de l'Histoire.

La conscience de la vanité finale de toute l'entreprise - il périra par le glaive, celui qui aura vaincu par le glaive, etc. - se glisse dans la place forte du messianisme par la même porte dérobée que le doute précédent : " Mais nous savons que seuls les pacifistes, ici comme ailleurs, pourront faire en sorte que cette guerre n'aura pas été vaine. "

6 - L'étude du cerveau dichotomique

Il faut souligner que le cerveau dichotomique fonctionne encore aujourd'hui sur le même modèle biphasé qu'au Moyen Âge. Il serait peu scientifique et donc contre-productif de recourir aux armes inopérantes de l'éloquence ou peu persuasives de l'indignation vertueuse pour dénoncer une forme de la cécité collective tributaire de l'inconscient de l'espèce. Le cerveau moyen est irrationnel de naissance du seul fait qu'il est génétiquement programmé pour répondre à une aporie insoluble par définition. Un organe rendu schizoïde par un imaginaire qui lui sert à la fois de refuge et d'alibi politique est divisé entre deux mondes de telle sorte qu'il jugera l'irréel plus vrai que le réel. Il est donc condamné à se prendre dans des contradictions dont l'histoire témoigne depuis le paléolithique. Il serait totalement infructueux pour une anthropologie post freudienne - et pourtant fidèle au génie freudien - de traiter de l' " hypocrisie " inhérente à tous les messianismes, alors que le dédoublement du cerveau simio-humain est d'origine psycho biologique. Il refoule donc nécessairement dans l'inconscient le masque idéologique sous lequel il cache sa " mauvaise foi ".

Les intellectuels américains messianisés par un élan patriotique et engagés dans un combat pour le triomphe de la " vérité " absolue d'aujourd'hui, c'est-à-dire pour le Dieu des " droits de l'homme ", sont à leurs propres yeux de preux et loyaux chevaliers de la liberté et de la justice dans tout l'univers habité. Leurs certitudes sont aussi sincères que celles des croisés du Moyen Âge. Sartre n'a analysé la mauvaise foi ni en anthropologue, ni dans la postérité, encore à féconder, de Darwin et de Freud ; de plus, le décryptage systématique du capital génétique des éberlués du vide n'avait pu commencer. Si l'idée en était venue à quelque nouvel Aldous Huxley, l'outil informatique qui seul a rendu ce décodage possible en était aux balbutiements.

Le cerveau proprement simio-humain ne devient observable à la science qu'à la lumière d'une généalogie du remplissage du néant par les sécrétions d'un fantastique bipolaire. J'ai étudié ailleurs L'avenir anthropologique de la psychanalyse, Freud et la philosophie) les origines parménidiennes de la psychanalyse - c'est-à-dire du " meurtre du néant " que Platon reconnaît pour le premier "parricide". Une " mauvaise foi " constituée en un instrument de conjuration du vide, donc en un exorcisme vital, est nécessairement préconstruite de telle sorte qu'il est aussi vain de demander à cinquante intellectuels américains messianisés par une apocalypse en miniature en quoi ils sont lancés sur la piste du " Mal " par leur vocation de prophètes de " droits de l'homme " qu'aux croisés de Richard cœur de lion de s'interroger sur le bien-fondé du combat du Dieu des chrétiens contre les infidèles. Le peuple entier des guerriers du Christ était composé d'archanges Saint Michel chargés de terrasser le dragon du péché et persuadés d'y réussir.

7 - Le camouflage politique du messianisme américain

La différence entre les formes anciennes de " l'axe du mal " et le messianisme des " droits de l'homme " est dans la nature du camouflage de la finalité politique réelle de la croisade: car la guerre planétaire de l'Amérique contre l'hydre du " terrorisme " ne visait, à l'origine, qu'une fraction microscopique de pécheurs - les affidés d'Al Quaïda protégés par les Talibans - et encore, cette infime minorité de fous d' Allah s'était-elle artificiellement substituée à un seul individu, Oussama Ben Laden, dont la minusculité serait " prise au lasso ", ce qui suffirait à venger Goliath humilié par un jet de pierre certes plus mortifère que celui de David, mais isolé. Puis, les Talibans, ces moustiques vaincus dans une simple opération de police, donc par un exploit fort difficile à baptiser de guerre au sens que le droit international donne à ce terme, se sont métamorphosés en auteurs d'un complot planétaire contre la bannière étoilée. Des États ont été soupçonnés de nourrir le " terrorisme " , donc potentiellement coupables de porter les germes d'une plaie d'Égypte inconnue : une hérésie tellement dévastatrice qu'il fallait la combattre à titre préventif.

Mais l'hypertrophie de l'auto-camouflage auquel procède l'encéphale simio-humain actuel - le cerveau américain n'en est qu'une illustration saisissante - sera d'autant mieux mis en évidence que le décalage se révèle gigantesque entre la cause réelle et toute locale de la croisade et le déploiement de la riposte angéliquement meurtrière à l'échelle internationale. Quand le tombeau du Christ est profané, ce type World Trade Center était tenu pour tellement nodal aux yeux des croyants de l'époque que le chrétien fidèle et de " bonne foi " allait franchir des milliers de lieues à pied, à cheval ou à la voile pour délivrer le tabernacle de la foi qui seul maintenait l'univers dans le sein d'un Dieu compatissant. Il y eut même une " croisade des enfants ", qui périrent tous sur le chemin de croix qui allait de France à Jérusalem. Les bombardiers géants sont coûteux, mais plus rapides et moins périlleux.

En ce temps-là, le sépulcre d'un homme-dieu figurait un World Trade Center tellement étincelant aux yeux des croyants de l'époque que le chrétien illuminé et de " bonne foi " n'avait pas besoin d'intellectuels pour lui montrer l'étoile du doigt. Mille ans plus tard, le cœur sacré du monde s'est métamorphosé en un bloc de béton haut de trois cents mètres ; et l'on assiste au spectacle d'un géant dont la cotte de mailles à l'échelle des cinq continents lui permet de se lancer dans la quête mécanique d'un Graal à forte odeur de pétrole. Si l'on se met à l'écoute de cette épopée, on comprendra mieux l'origine psychogénétique de la dichotomie de l'encéphale simio-humain. On observera notamment qu'aucune lucidité proprement politique ne viendra éclairer les " kamikazes " douillets et professionnels des " droits de l'homme " ni les informer des gigantesques intérêts commerciaux auxquels le séraphisme de la " liberté " et de la " justice " sert de bannière .

8 - Apostolat et mauvaise foi

Les intellectuels messianisés ne se demandent pas davantage que les croisés du Moyen Âge pourquoi les Saintes Écritures des " droits de l'homme " soutiennent dans le monde entier des despotes favorables aux intérêts de leur nation et pourquoi les Pinochet, les Videla, les Somoza, les Strosser, les Battista, les Franco et tutti quanti ont prospéré sous le goupillon de la " Liberté ". Si les apôtres américains sont haïs alors qu'ils sont " si bons ", c'est sans doute qu'ils sont des Christs cloués sur la croix du monde.

Les intellectuels américains messianisés par la résurrection de Manès, sont des esprits scientifiques, des professeurs d'Université et des directeurs d'instituts divers, tandis que les théologiens du Moyen Âge spécialisés dans la connaissance des Pères de l'Église et dans l'enseignement d'une doctrine dite révélée, donc supposée immuable, étaient privés de tous moyens de se mettre à l'écoute du nouveau "Connais-toi" que la découverte de l'empire de l'inconscient permet de défricher . Il est donc décisif de mesurer la nature psychogénétique de la réaction messianique d'une partie de l'élite intellectuelle américaine demeurée la même qu'au Moyen Âge , mais dans des contextes culturels et géographiques différents. Le capital psychogénétique de l'espèce n'a pas notablement changé en mille ans.

Certes, la liberté intellectuelle a progressé puisque quelques milliers d'esprits se voient désormais autorisés à analyser les fondements politiques des rêves sacré, du moins en France et, à un moindre degré, dans divers pays de la vieille Europe. Je suis en outre convaincu que des universitaires américains de grand renom - notamment Chomsky - s'élèveront contre l'image rétrograde de la culture américaine que les intellectuels recrutés par le Pentagone donnent au monde civilisé, et contre le fait même qu'un gouvernement démocratique puisse mobiliser ses intellectuels sur le modèle non moins messianique de feu le marxisme.

9 - Le Rubicon des sciences humaines

Mais la question est trans-idéologique et trans-théologique : un regard naîtra-t-il sur la " raison " proprement humaine ? Portera-t-il sur la logique interne qui commande l'évolution des interloqués de l'intelligence ? L'anthropologie actuelle n'est pas encore dans l'ébahissement de ce que l'homme soit un animal redupliqué par un imaginaire, elle n'est pas encore stupéfiée de ce que le cerveau simio-humain se fasse accompagner dans l'infini par de gigantesques personnages dont il déclare à la fois qu'il s'agit d'acteurs fictifs et qu'il est légitime de croire à leur existence. Comment se fait-il qu'il soit permis de se déclarer un esprit scientifique et d'assumer un statut aussi contradictoire?

Aussi longtemps que les sciences humaines n'auront pas franchi le Rubicon d'une anthropologie historique armée d'une lentille capable d'observer un animal doté d'un cerveau disjoncté , l'avenir demeurera grand ouvert à l'alliance de l'ambition politique des États avec des élites intellectuelles au service du masque messianique sous lequel les empires cachent leurs rêves d'expansion. Le monde assistera-t-il, médusé et impuissant, au recommencement d'une vieille histoire qu'on proclamera énigmatique afin de mieux exorciser son décryptage ?

17 février 2002