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Créateurs et pédagogues
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La création philosophique


1- Quel est l'enjeu ?  

Quel est l'enjeu de l'avenir philosophique de l'Europe ? Rien moins que le destin propre à une civilisation de la pensée ; car si nous devions connaître l'évolution du Bas-Empire vers une mosaïque de sentimentalités culturelles campées sur leurs mythologies locales, nous ne serions plus le moteur universel du progrès des transfuges de la zoologie que furent, il y a seulement vingt-cinq siècles, les encéphales de quelques Grecs profanateurs. Mais qu'en est-il des droits, des audaces et des sacrilèges de la pensée mutante cent trente ans après les célèbres conférences de Nietzsche sur nos " Institutions culturelles " en la ville d'Érasme, de Froben, de Burckhardt, de Bachofen, de Jaspers ? "Nous vivions alors dans la certitude naïve, que quiconque, dans une Université, a rang et dignité de philosophe est aussi un philosophe. Oui, nous étions inexpérimentés et mal instruits."

2 - Les philosophes de substitution

Depuis lors, l'Occident a vu surgir des essaims serrés de philosophes de substitution, qui se sont habilement concertés pour baptiser de " faits sociaux " les œuvres de l'esprit demeurées énigmatiques aux yeux de leurs prédécesseurs. Puis leurs cohortes ont pénétré dans l'Université, envahi la presse, occupé le champ du débat politique, de sorte que leurs confrères, les fantassins de l'histoire de la philosophie dont Nietzsche soulignait qu'ils ne buvaient jamais que dans le verre d'autrui, ont été mis hors de combat au premier assaut. Grande est l'habileté et le savoir-faire des nouveaux apprêteurs et appariteurs de la raison : ne disent-ils pas qu'un " phénomène social " est placé dans le lumière de l'entendement quand il est dépeint et quantifié et qu'il convient d'enfermer la raison dans l'enceinte des statistiques?

Ces étranges " philosophes " sont devenus les géographes, les topographes et les géomètres de notre encéphale sous le nom de " sociologues ". La baguette du sourcier ou le compas à la main, ces nouveaux Diafoirus ont déclaré sociales les origines du social et religieuses celles du religieux. Admirez les mines gravissimes avec lesquelles ils ont sollicité les oracles de la tautologie et tiré d'une grammaire stupéfactoire les prodiges de leur raison et de leur logique ! Mais pourquoi ne trouvaient-ils pas d'adversaires de leur vulgate intellectuelle, sinon parce que les fils, les petits- fils et les arrière-petits-fils des philosophes-fonctionnaires que Kierkegaard, Nietzsche, Schopenhauer ou Jaspers avaient dénoncés n'avaient aucune raison de descendre dans la rue pour croiser le fer avec leurs nouveaux collègues, les sociologues-fonctionnaires ?

Si des écrivains et des philosophes des Ve et VIe siècles du christianisme étaient demeurés d'héroïques sentinelles de l'introspection socratique, ils nous auraient laissé des analyses pénétrantes des chemins qu'emprunte le déclin d'une civilisation de la pensée, et nous disposerions de documents d'une précision sans rivale sur les fatigues et les renoncements de notre encéphale dans les décadences ; et sans doute saurions-nous mieux, aujourd'hui, qu'une philosophie déserteuse des chemins de l'esprit critique n'est plus l'expression d'une pensée, mais seulement de la sentimentalité des cultures.

3 - Du rang et de la dignité de la raison

Et pourtant, nous n'avons pas encore entièrement oublié qu'une Europe ambitieuse de reconquérir sa puissance politique d'antan placera inévitablement la question du rang et de la dignité de la raison au cœur de ce débat, tellement la grandeur de redevenir une civilisation pensante déterminera son poids dans les affaires du monde. Depuis la nuit des temps, c'est la qualité des cerveaux qui a fait l'Histoire. Mais les catéchètes des cultures légitiment toutes les croyances de la terre du seul fait qu'elles existent comme des " faits sociaux ", qu'ils appellent en outre des " choses " ; et ils demandent aux constats dont leur encéphale s'est fait des oracles de prononcer les verdicts de leur espèce de raison.

D'où l'étrange contradiction dans laquelle leur infirmité les enfermés : respectueux de toute religion reconnue, ils se gardent bien de la citer à comparaître devant le tribunal d'une " raison " qu'ils ont rendue incompétente par définition, puisque la seule existence sociale d'un mythe suffit à l'habiller du beau vêtement d'une " explication rationnelle ". En revanche, devant une " chose " non légitimée par une institution, telle l'astrologie, par exemple, ils se divisent en deux cohortes effarées. La première lève les bras au ciel de ce que cette superstition pourra paraître recevoir la caution de l'Université si une thèse de sociologie sur la croyance à l'influence des astres sur la France et sur leur propre science venait à donner ses lettres de noblesses à un doctorat dans leur discipline. Puisque tout " fait social " est une " chose " digne d'attention du seul fait que cette " chose " existe collectivement, rien ne permet de retirer Mars ou Vénus du champ de l'étude dite " sociologique ". Mais il sera prudent de ne pas démasquer la pauvreté de la raison des thaumaturges de la sociologie et d'interdire une telle soutenance par une censure des grands sorciers réunis en commission d'habilitation - sinon le miracle permanent qui veut que la seule réalité des faits sociaux les explique paraîtra suspect aux yeux du public.

L'effarement de la seconde nuée des moineaux de la " raison " sociologique sera plus inquiétant encore pour la sécurité, la dignité, la crédibilité d'une science habillée d'artifices des pieds à la tête : car ils diront vaillamment que l'astrologie n'étant pas une " chose ", mais une croyance, elle " doit être expliquée " (Maffesoli). Mais comment tenter d'expliquer une foi sans révéler coram populo qu'on ne dispose justement en rien des armes d'une raison suffisamment réelle, profonde et difficile à conquérir pour lui permettre d'expliquer un phénomène psychologique et social aussi répandu et aussi enraciné dans les profondeurs du pithécanthrope qu'une sottise ? Une croyance est un subterfuge ; mais ce genre de subterfuges nous conduit aux derniers secrets de notre espèce. Comment distinguer le mythe de la fécondation d'une mortelle par une divinité de celui des heureux effets de la conjonction de Mercure et de Jupiter sur le destin de l'Europe?

4 - L'ignorance est-elle responsable ?

Peut-être Hegel aurait-il vu une " ruse de la raison " dans la dislocation d'une civilisation sous les coups de marteau d'une scolastique des " faits sociaux "; car une science sociologique qui se contente d'enregistrer les droites et les courbes que tracent les faits sociaux sur ces sismographes aux cadrans vides qu'on appelle des encéphales favorise, par un mystérieux choc en retour de la bêtise sur l'intelligence, une résurrection subite des droits de la pensée. Mais par quels chemins non providentiels? On ne saurait demander aux derniers philosophes de descendre dans la rue et de saisir au collet les haruspices et devins des " faits sociaux ". Ils ont autre chose à faire que de ridiculiser les prestidigitateurs de la statistique - les philosophes sont devenus des Socrate attachés à décoder le génome des clergés de " la raison ".

En revanche, la question de savoir quelle est la responsabilité des professeurs d'histoire de la pensée dans nos universités et s'ils peuvent sauver une civilisation dont le cerveau fait eau de toutes parts se place au cœur de la réflexion sur l'avenir intellectuel, donc politique de l'Europe. Car si Nietzsche leur a fait grief de ne pas savoir philosopher, comment leur incapacité naturelle d'enseigner le maniement des armes de la raison pourrait-elle se changer en culpabilité ? Comment seraient-ils responsables d'une impuissance qui leur est congénitale ? Ce ne sont pas des voleurs de feu. Il serait irrationnel d'envoyer le vautour de Zeus leur dévorer le foie s'ils ne sont cloués sur aucun rocher.

5 - De la tiédeur et de l'incandescence de la philosophie

Et pourtant, leur responsabilité se cache nécessairement quelque part dans leurs lobes frontaux, tellement des pédagogues impuissants à semer des incendiaires sur leurs pas ne sauraient pour autant se trouver au-dessus de tout soupçon. Mais pour percer la cuirasse de leurs innocents bataillons, il faut une dialectique nourrie à la source de la folie de penser - et cette source n'est autre que la connaissance du feu qui alimente le génie de la philosophie. Si nous découvrions donc ce qui fait la différence entre la tiédeur des historiens de la philosophie dans les écoles et les allumeurs de l'incandescence de la pensée, nous aurions la clé des responsabilités respectives des ignorants et des sages.

Il arrive rarement qu'un professeur d'histoire devienne un grand homme politique - Guizot, Édouard Daladier , Georges Bidault ne sont pas des exceptions éclatantes - bien que les leçons de la mémoire devraient révéler aux pédagogues les plus profonds secrets de la politique. Il arrive non moins rarement que les professeurs d'histoire de la littérature deviennent des écrivains - bien que les exemples contraires de Julien Gracq ou de Marcel Pagnol soient beaucoup plus frappants. En revanche, de nombreux philosophes sont issus des rangs des professeurs de cette discipline - Kant, Hegel, Fichte, Heidegger, Jaspers, Bergson.

6 - Les révolutionnaires de la méthode

D'où vient cette différence, sinon du fait que la philosophie des philosophes est toujours une révolution dans l'histoire en profondeur de la philosophie, c'est-à-dire une redécouverte et une réécriture de son passé, ce qui lui donne un sens entièrement nouveau ? N'est-il pas évident qu'un séisme qui bouleverse rien moins que la connaissance de la raison par elle-même renverse, du même coup, les fondements de l'interprétation ancienne de toute l'histoire de la pensée ? C'est que l'histoire réelle de la philosophie n'est jamais que l'histoire de notre intelligence, donc de l'évolution de notre encéphale depuis le paléolithique. D'où l'étroitesse du lien qui rattache les vrais connaisseurs du passé de la raison aux grands interprètes de ses chemins.

Cette différence entre la mémoire des pédagogues et celle des découvreurs est la même dans tous les ordres: le professeur d'histoire croit connaître déjà la signification du passé les peuples et des nations, l'homme politique la réinvente; le professeur de stratégie croit connaître l'histoire des batailles, Alexandre, César ou Napoléon la réinventent; le professeur d'histoire de la littérature s'imagine raconter le destin de la littérature, l'écrivain introduit une tout autre succession des œuvres que celle que semble égrener la chronologie : Balzac récrit l'histoire du roman à faire débarquer l'imaginaire dans les travaux et les jours, de Gaulle récrit l'histoire de la démocratie à y introduire tous les sept ans un prince et sa cour, Kant récrit l'histoire de la philosophie à observer les règles, qu'il croit innées, du fonctionnement de notre encéphale. Les découvreurs se trompent toujours, mais leurs erreurs font progresser la connaissance de notre crâne : Balzac ne connaît que l'imaginaire social, de Gaulle ne connaît pas les dangers de l'alliance de la monarchie avec la démocratie, Kant ignore que la logique d'Euclide est l'œuvre de nos mains.

7 - Existe-t-il une culpabilité professorale ?

En quoi ce chemin nous conduit-il à cerner la culpabilité des professeurs d'histoire de la philosophie ? En ce qu'il n'est pas nécessaire de se trouver cloué sur la croix du génie de la philosophie pour connaître l'âme de cette discipline ; en revanche, sans cette connaissance-là, il est impossible d'enseigner aucune science, parce qu'on y avance en aveugle et à tâtons.

Le vrai pédagogue est l'interprète d'un savoir dont il doit connaître les secrets pour s'être mis à l'écoute du génie de ses Prométhée. Le professeur de philosophie qui ne vibre pas à l'écoute des drames, des péripéties et des longues régressions de l'histoire de la raison ressemble à ce chef d'orchestre qui, raconte, Berlioz, fit une pause au moment le plus crucial de la Symphonie fantastique pour sortir une prise de tabac de sa poche.

Si les professeurs d'histoire de la philosophie se mettaient à l'école de l'esprit de leur discipline, la première bouée de sauvetage qu'ils lanceraient à une civilisation livrée aux contrefacteurs de la raison serait une science du langage. Avec de tels enseignants, les étudiants de première année éclateraient de rire à seulement entendre la folle proposition fondatrice de toute la sociologie depuis un siècle et demi, selon laquelle des faits sociaux seraient des choses. " Que signifie, à ton avis, ce vocable appliqué à une croyance ? " demanderait Socrate à Théétète.

8 - De l'héritage de l'enseignement de la théologie dans la République

Mais voici que surgit une nouvelle difficulté. Serait-ce l'héritage de l'enseignement de la théologie dans l'inconscient national qui livrerait le corps professoral laïc à la même diffraction psychique qu'illustraient les Université du Moyen Âge?

En ce temps-là, la Sorbonne était tout entière une faculté de théologie de renommée européenne. Le professeur d'orthodoxie qui y enseignait la doctrine de saint Ambroise ou de saint Augustin ignorait le feu intérieur qui consumait les fous du ciel de leur époque. Les saints eux-mêmes ne se doutaient pas un instant qu'ils enfantaient leur Dieu brûlant et qu'ils le clouaient sur la croix de leur génie. Puis ces fécondateurs de leur auto crucifixion voyaient leurs pâles disciples partager le pain sec de leur credo. Comment se faisait-il que le ciel de saint Anselme différât autant de celui de saint Bonaventure que la philosophie de Platon de celle de Proclus ?

Les démiurges du maître des encéphales de leur temps se voyaient seulement en porte-voix assermentés par le sang qu'ils buvaient dans leurs ciboires et par la chair du dieu qu'ils mangeaient sur l'autel. Ces haut-parleurs de l'éternité se croyaient chargés de transmettre en toute modestie une pédagogie descendue du ciel une fois pour toutes, et c'était en toute candeur qu'ils précisaient avec minutie les circonstances désespérément locales et contingentes, mais miraculées par des témoignages qu'ils croyaient irréfutables, de l'heureux débarquement d'une parole définitive sur notre astéroïde. Comment succéder à ces commentateurs humblement inspirés ? Ces interprètes de leur propre résurrection passaient pour des décrypteurs du ciel, donc pour des intermédiaires agréés par la divinité, mais non pour des penseurs, puisque seul Dieu se réservait de cogiter sérieusement.

9 - La philosophie n'est pas une théologie désaffectée

Mais avec quelles armes de guerre une Europe pensante repoussera-t-elle les ecclésiocraties vides ? Quelle arme-mère de la philosophie jetterons-nous à la tête des catéchètes stériles de la sociologie ? Les docteurs du christianisme s'offraient le luxe de circonscrire une science préservée du doute par la police ; et comme les États dressaient sans sourciller aux côtés de l'Église des barrières de protection infranchissables à l'esprit critique, l'idée selon laquelle la compétence professionnelle des enseignants de la divinité ne serait pas garantie par les parfums qui l'embaumaient passait par une contradiction dans les termes : un Dieu qui n'existerait pas, disait Descartes, serait une absurdité de même calibre qu'une " montagne sans vallée ".

Les " professeurs de philosophie " de la République seraient-ils les héritiers secrets des athlètes de la théologie ? S'imagineraient-ils habiter un édifice de l'esprit aussi ancien, vaste et peuplé que celui du mythe sacré de leurs prédécesseurs, mais qui présenterait le grand avantage de voir son trésor croître et prospérer à chaque génération par l'effet naturel de son réapprovisionnement perpétuel ? La philosophie ne serait-elle plus le fruit d'une ascèse de l'intelligence, mais une source intarissable de la " culture ", ce qui lui permettrait d'augmenter son stock de victuailles par un emmagasinement sans fin de produits d'importation inégalement périssables ?

Certes, la théologie se prenait pour une fontaine d'Aréthuse inépuisable, tandis que la philosophie sait qu'elle est un monument inachevé par nature. Mais les enseignants auraient-ils appris à parcourir d'un pas nonchalant les salles les mieux aménagées de leur spécialité ? Les portes de leur bâtiment demeureraient-elles ouvertes jour et nuit à de nouveaux fournisseurs ? Les pédagogues participeraient-ils d'un savoir livré aux caprices de la mode et renouvelé par l'afflux incessant des derniers achalandages ? Assurément, leur magistère s'exerce au sein d'un savoir moins arrêté que celui d'une orthodoxie confortée par les bois de justice et saintement résolue à se faire entendre par la hache du bourreau. Mais les enseignants croient-ils, à l'école des théologiens, que, de Socrate à Freud, les penseurs auraient travaillé à une seule et même cité de la connaissance universelle et que chaque penseur aurait apporté sa pierre à un édifice d'utilité publique ?

10 - La responsabilité intellectuelle des pédagogues

Peut-être la renaissance d'un continent pensant passe-t-elle par une forme spécifique de la responsabilité intellectuelle, celle des pédagogues qui auront pris la mesure de l'inconscient culturel de l'Europe - tellement ce sont les mentalités transmises par le passé théologique de notre civilisation qui pétrifient l'enseignement de l'histoire de la philosophie: car tantôt on voit les pédagogues s'affairer sur des riens aux côtés des sociologues, tantôt on les entend traiter de Kant ou de Hegel ex cathedra et sur le modèle des candidats au doctorat en théologie, qui étudiaient saint Athanase ou saint Thomas d'Aquin comme des autorités intouchables.

Mais l'encens discret dont se grisent les scribes de tel ou tel saint de la philosophie ne saurait faire oublier que leur voix et leur pas demeurent anonymes. Ceux qui jurent que par saint Wittgenstein doivent leur célébrité à leur dévouement à l'oracle de leur école. Mais ces thomistes d'une laïcité montée en chaire comprendraient-ils aussi peu le génie de Platon ou de Descartes que les candidats au doctorat de la foi ignoraient les tourments des anciens accoucheurs de leur ciel ? Mais les vraies sources de Descartes sont dans Augustin ou dans la " preuve de saint Anselme ", que l'auteur du cogito a entièrement copiée chez ce saint du XIe siècle .

11 - Une église de l'intelligence

" Vous êtes du bâtiment ", disait un Degas louangeur au jeune Toulouse-Lautrec. Qu'est-ce à dire ? Si l'Europe de la pensée devait redonner à notre civilisation son rang d'avant-garde de l'intelligence du monde, peut-être seule une anthropologie historique nourrie de la postérité, à féconder, de Darwin et de Freud saurait-elle sur quel gibet commun les incendiaires du ciel et les incendiaires de la raison sont cloués par leurs chromosomes de grands brûlés de la connaissance et pourquoi les penseurs boivent une ciguë qui vaut bien le bois des potences.

Alors le Continent né avec Platon saurait quel poison guérisseur les pédagogues devront boire afin de devenir le clergé vibrant d'une Église de l'intelligence ; et nous saurions quel vaccin nous administrer afin de nous immuniser contre les scléroses et les dégénérescences de la raison.