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Les origines animales du politique
2 - Les masques angéliques de la politique

 

1 - Politologie et Simianthropologie

La matricede l'autorité publique serait-elle simienne ? Dans ce cas, la véritable postérité intellectuelle de L'Origine des espèces serait l'interprétation évolutionniste ou statique du pouvoir politique simiohumain, ce qui renouvellerait entièrement , non seulement notre compréhension de la politique et de l'histoire, mais nos définitions de la notion de civilisation.

Mais pour que cette voie s'ouvre aux sciences humaines de demain, elles devront s'exercer au préalable à des analyses anthropologiques inédites de la notion de preuve expérimentale et de rationalité scientifique , afin d'inaugurer une réconciliation méthodologique de Darwin et de Freud .

Une telle recherche exige une psychanalyse de la notion d'intelligibilité qu'élabore l'encéphale simiohumain . La notion de vérité est-elle tributaire des exigence du corps semi animal ?

 

1 - Le simianthrope et la police du rêve
2 - Qu'en est-il de la guerre des cerveaux autour d'une potence ?
3 - La responsabilité intellectuelle des élites politiques
4 - L'autel des anges carnassiers
5 - Les tartuferies de la raison
6 - Le mythe nucléaire et la théologie
7 - L'illogisme de l'erreur
8 - Les limites de la cécité simiohumaine
9 - La théologie et la liberté
10 - La nouvelle guerre sainte
11 - La colonisation des indigènes européens
12 - Le serpent de la connaissance

1 - Le simianthrope et la police du rêve

Tentons maintenant d'observer l'inconscient zoologique de quelques événements politiques contemporains dont la carrure et la musculature exigent l'écoute d'une psychobiologie de l'origine animale des cités.

Personne n'imagine que, chez les chimpanzés, le mâle dominant se livrerait à un examen intellectuel, même embryonnaire, de l'objet des querelles violentes et bruyantes qui ne cessent d'éclater pour un rien dans la horde : c'est seulement par sa stature impressionnante que le chef parvient à ramener le calme. La vocation naturelle de toute autorité publique est d'en appeler à une police en mesure de faire régner un silence relatif dans le groupe. La dissuasion par la peur des coups arme la politique de l'espèce simiohumaine depuis les origines. La mission de tous les Etats de combattre le désordre par le recours à la force physique a été mise en évidence par plusieurs philosophes anglais et par un certain Jonathan Swift, un Irlandais décédé en 1745, qu'on a appelé le Rabelais de son temps et dont les analyses pré-anthropologiques ont été confirmées - et encore tout récemment - à l'occasion du conflit entre les protestants et les catholiques auquel son île natale sert de théâtre depuis des siècles.

On sait que la tragédie des autels est la plus célèbre du monde et qu'elle vient de conduire, à la fin du deux cent trente sixième épisode, à la conclusion d'un accord aussi hasardeux que les précédents : un gouvernement provisoirement composé de ministres des deux confessions a pu être mis sur pied, ce qui démontre que l'on ne guérit passagèrement d'une hérésie avérée que par la chute dans une autre de plus fort calibre, tellement les deux mythologies du sacrifice dont se nourrit le champ de bataille du christianisme demeurent incompatibles entre elles par nature et par définition. Il faut donc observer dans le laboratoire qu'on appelle le crâne de l'humanité pourquoi cet organe ne parvient ni à résoudre la question de la nature des idoles, ni à se procurer le sacrifice le plus payant possible, ni à cesser d'amonceler des cadavres estampillés par le ciel, ni à demander aux singes devenus de fieffés bouchers des dieux de remettre leurs épées au fourreau .

2 - Qu'en est-il de la guerre des cerveaux auxquels le statut d'une potence sert d'enjeu?

Il est précieux que la théologie ait écrit l'histoire détaillée du cerveau des descendants de saint Patrick et que nous disposions d'une chronologie détaillée de son évolution depuis le Vème siècle, parce que le pouvoir politique rudimentaire que des boîtes osseuses étroitement associées à des musculatures se partagent ne nous a jamais fait accéder à la capacité cérébrale surhumaine de nous faire connaître le sens et la portée psychogénétiques des immolations sacrées auxquelles nous nous exerçons depuis le paléolithique. Deux théologies principales alimentent une seule et même potence, la catholique et la protestante ; mais elles se lancent à la tête des rémunérations rivales par leur nature et leur efficacité. Le mythe de la résurrection d'un mort sous la torture alimente le pancrace de la grâce auquel se livre une piété sanglante. Les frères ennemis dressent un gibet complice de la gloire de leur ciel. Quel est le champ des carnages les plus vaillants? Comment une religion d'anges agenouillés dans l'arène de leur sainteté et qui se nourrit de prosternations devant le berceau d'un enfant arme-t-elle des guerriers de leurs dévotions déchirés, depuis Luther et Calvin, entre les prébendes que leur offre la victime trucidée sur les offertoires de leur innocence?

On constate que les deux sacerdoces du salut se sont entêtés à lustrer les plumages d'un ciel qui allait leur permettre, pensaient-ils, de mettre fin à une querelle faussement séraphique, puisque l'encéphale contemporain du mâle dominant irlandais ne franchit pas davantage que celui de ses ancêtres l'enceinte de la gendarmerie casquée derrière laquelle il protège les songes sacrés dont il est habité. Jonathan Swift est le précurseur du débarquement du génie politique dans la littérature ; mais sa philosophie de la raison simiohumaine n'était pas davantage que celle de Locke, de Hobbes ou de Hume en mesure d'expliquer pourquoi la guerre des sacrifices allait se perpétuer en Irlande et ferait encore, en plein XXe siècle, des milliers de trépassés dignes des bûchers du Moyen-Age . La politologie qu'attend l'âge atomique de notre histoire découvrira-t-elle l'instrument d'analyse simianthropologique de la guerre des cultes à laquelle se livrent des cerveaux désormais messianisés à l'école de trois monothéismes demeurés à couteaux tirés entre eux ?

3 - La responsabilité intellectuelle des élites politiques

On remarquera que l'accord de Dublin du 28 janvier 2007 est intervenu pour le motif que les catholiques de l'île ont fini par légitimer la police protestante et que cette querelle des musculatures de la foi faisait le fond du litige depuis de nombreuses années. Est-il un signe plus évident de ce que, depuis les origines de notre sainte espèce, les solutions politiques de nos conflits religieux ne se sont jamais fondées sur une connaissance généalogique de l'origine et de la nature de nos litiges cérébraux et de ce que le modèle primitif du mâle musculairement dominant fait encore, en réalité, la loi au plus secret de la civilisation dite de la pensée et de la science modernes ?

Les origines animales du politique, 1

Puisqu'aucun commencement de réflexion simianthropologique n'a mis fin, dans l'île de Jonathan, à la guerre swiftienne entre deux mythes cosmologiques gigantaux , il faut attribuer à la seule lassitude physique des deux camps la cessation éphémère d'un massacre aveugle par nature et sans issue par définition, puisque la seule différence entre le fonctionnement policier du noyau onirique simien, donc muet, et celui du noyau parlant actuel porte sur l'argumentation falsifiée qui régit les sceptres de l'inconscient théologique auquel l'encéphale simiohumain sert de ring.

Il faut donc parvenir à observer les causes proprement cérébrales de l'impériosité atavique qui s'attache aux pugilats du ciel; car la nécessité d'offrir une victime humaine bien vivante et respirante à un souverain imaginaire du cosmos se révèle aussi immémoriale aux yeux de l'un que de l'autre culte. Pourquoi le simianthrope présente-t-il à ses idoles des victimes à trucider sur des étals de pierre ? Pourquoi les veut-il succulentes, bien apprêtées et minutieusement négociées ? On comprend que le décryptage du commerce des viandes dont les trois monothéismes se nourrissent encore de nos jours n'intéresse pas les charpentes osseuses des classes dirigeantes des démocraties en voie de laïcisation; mais la vraie question n'en demeure pas moins celle de savoir si une politologie partiellement rationalisée pourra persévérer longtemps encore à prétendre remplir son office sans chercher le moins du monde à connaître la nature du cerveau onirique du simianthrope sanglant d'aujourd'hui ; car si l'humanité actuelle est entrée une fois de plus et non moins à son corps défendant qu'autrefois dans des apories gravées dans la scission originelle de son capital psychogénétique entre deux domiciles, l'un réel et l'autre imaginaire, notre espèce serait-elle devenue politiquement suicidaire ?

Il est pourtant démontré depuis plus de vingt-cinq siècles que la pensée critique et les sciences expérimentales n'ont jamais pu progresser qu'à combattre les rêves sacrés, parce qu'à toutes les époque et sous tous les ciels, nos régressions cérébrales sont toujours allées de pair avec nos rechutes dans nos délires religieux. Mais si la guerre mondiale de l'intelligence, qui se révèle antithéocratique par définition, est devenue l'affaire des démocraties depuis Périclès, comment se fait-il que la classe politique d'aujourd'hui se soit mise à défendre tout subitement et avec une unanimité confondante les grigris de tous les primitifs de la terre ? En ce début du IIIe millénaire, la responsabilité du pouvoir d'Etat à l'égard d'une civilisation de la lucidité censée être devenue planétaire ne devrait-elle pas figurer parmi les devoirs les plus impérieux des classes dirigeantes sur les cinq continents?

4 - L'autel des anges carnassiers

Or, les mâles dominants irlandais des deux camps ont mis un demi siècle à imposer un silence de quelques instants seulement à des questions qu'ils ont entièrement renoncé à résoudre à l'école de leurs argumentations théologiques respectives. C'est que l'aphasie dont souffre l'encéphale simiohumain actuel répond à une étape bien connue de l'évolution de la science politique. On sait que cette évolution cérébrale est née il y a deux mille ans, à l'heure où les sorciers anciens du cosmos s'étaient fatigués au point qu'une nouvelle race de magiciens a pu prendre leur relève et tenter de rendre séraphique le meurtre traditionnel de la victime dégoulinante de sang sur l'autel .

Mais alors comment persévérer à l'immoler réellement sur les offertoires ? Ni le cerveau simiohumain angélisé par un artifice cultuel, ni le cerveau du gorille encore armé du poignard des tueurs sacrés n'accédaient à l'examen de la question de la signification carnassière des notions mêmes de " délivrance " et de " salut " que les théologiens des sacrifices mettaient en scène dans l'un et l'autre camp. Pourquoi les bouchers du ciel demeuraient-ils vêtus de noir, de pourpre ou de lin blanc quand ils tuaient une bête ou un homme à la gloire de leur idole ? Pourquoi la nécessité de se livrer à des sacrifices massifs de leurs congénères qu'on observe chez les Incas demeure-t-elle tellement enracinée dans les gènes et les neurones du simianthrope qu'elle subsiste dans le catholicisme sous la forme d'un prodige imposé par la liturgie - à savoir , la transsubstantiation miraculeuse du pain et du vin du sacrifice en chair et en sang réels de la victime?

5 - Les tartuferies de la raison

La signature impérative de l'édit de Nantes en 1598, qui sera révoqué par Louis XIV illustrera la cécité bimillénaire de la science du ciel simiohumain. Cet armistice théologique n'aura réussi à imposer un silence momentané aux mousquets de l'époque que par le tour de prestidigitation de l'escamotage de la question pourtant clairement posée à toutes les religions - celle de savoir si le sang de la victime doit ruisseler réellement sur l'autel. Quelle est la signification anthropologique de l'invalidité cultuelle qui frappe, aux yeux des calvinistes, le sacrifice sanglant perpétuellement recommencé sur l'autel, tandis que les catholiques ne sauraient comment valider le culte chrétien si le meurtre sacré s'enrobait seulement des vêtements du symbolique. La démocratie française finira par mettre en place une laïcité républicaine chargée de soustraire au champ de la réflexion politique toute interprétation rationnelle des mythes sacrés et notamment du miracle de secours qu'on appelle la transsubstantiation - ce qui révèle éloquemment qu'il n'y a pas de connaissance scientifique possible des fondements psychogénétiques de la politique simiohumaine sans une philosophe des meurtres rémunérés auxquels se livre le singe rêveur.

Naturellement, l'aggravation de la confusion mentale qui est résultée de l'élimination rudimentaire de la difficulté par la thaumaturgie d'une raison court vêtue nous renvoie, une fois de plus, à l'étude de l'origine simienne et musculaire du politique, puisque les Etats d'aujourd'hui qui se prétendent prématurément fondés en raison ne sauraient prétendre continuer de légitimer à demi ou de délégitimer leur croyance embarrassée en l'existence réelle de telle ou telle divinité, alors qu'ils ne disposent en rien des armes intellectuelles qu'exigerait une entreprise aussi peu expéditive . On leur demande de s'expliquer sur les fondements du pouvoir qu'ils s'octroient d'invalider ou de valider des idoles à l'aide d'une raison aussi infirme qu'une théologie; car un Etat se révèle outrageusement théologique à son tour à refuser ou à concéder à une divinité amoindrie ou regonflée l'autorité politique que celle-ci est condamnée à ne jamais revendiquer qu'en son propre nom; car elle est vouée à prétendre exister hors de l'encéphale de ses adorateurs, ce qui la soustrait par définition au statut de don Quichotte ou d'Hamlet. Pourquoi cette différence?

Du coup, la notion aseptisante de tolérance à l'égard des personnages mythologiques par définition qu'on appelle Zeus, Osiris ou Dieu n'est jamais qu'un coup de poignard de l'hypocrisie laïque, tant à l'égard de la croyance aveugle des peuples et des nations, qui ont besoin de projeter, de siècle en siècle, des héros de leur identité dans le cosmos qu'à l'égard de la pensée éclairée, puisque la République déclarera sans rire que la question du sérieux du mythe ne sera pas posée davantage à la demi logique qui commande l'anthropologie pseudo scientifique actuelle qu'elle ne l'était au mâle dominant chez les chimpanzés. On attend un disciple de Clio qui étudierait l'histoire des tartuferies politiques de la raison

6 - Le mythe nucléaire et la théologie

A ignorer les racines simianthropologiques, donc religieuses du politique, la science historique actuelle est frappée d'une paralysie de ses méthodes et de sa problématique qui l'élimine sous nos yeux du champ des sciences humaines. Il importe donc d'observer ce blocage épistémologique sur un terrain décisif , celui de l'arme thermonucléaire. Quelle est l'armure mentale qui commande l'efficacité propre à une arme apocalyptique, donc théologique par définition ? Quel est le type de crédibilité qui s'attache à une artillerie sacrée ?

C'est à ce titre que M. Hubert Védrine et M. Roland Dumas ont tenté de souligner, à leur manière, c'est-à-dire en langage diplomatique, dans le Monde du 3 février 2007, que tout Etat qui disposera de la foudre biblique se gardera bien de jamais s'en servir, et cela du seul fait qu'il sera entré dans le club fermé des nations dont la force de dissuasion est devenue cosmologique, donc onirique, ce qui leur assure une immunité de type mythologique sur les champs de bataille . Quand la politologie moderne disposera-t-elle d'une science raisonnée du cerveau simiohumain qui lui permettrait de comprendre que les fulminations sacrées rendent les empires para célestes intouchables?

Certes, M. Védrine observe à juste titre que seuls quelques experts internationaux ont compris que l'arme de l'apocalypse atomique est une arme mythologique par définition - une sorte de ligne Maginot intériorisée. Mais comment oublier que les démocraties mettent les cerveaux d'exception au même rang que ceux des majorités de l'ignorance, parce que le dogme de l'égalité entre les hommes interdit à ce régime de forger des instruments de pesée des intelligences d'avant-garde ? Socrate a été condamné à mort pour avoir soutenu qu'un seul encéphale armé du savoir l'emporte nécessairement sur celui de milliers d'enfants. Vingt-cinq siècles plus tard , la démocratie affirme toujours que des millions d'infirmes mentaux vaincront une seule intelligence coupable du péché capital de solitude, parce que la vérité serait collective par nature. Mais la proclamation infantile selon laquelle l'erreur serait rarissime pour le pieux motif que la divinité serait bien trop charitable pour s'amuser à égarer l'entendement confiant de sa créature est précisément le propre de la pensée bénisseuse depuis les origines, parce que l'autorité politique exige que les chefs aient raison gentiment et qu'un ciel bienveillant cautionne leur espèce d'entendement. Mais la simianthropologie observera que le mâle dominant actuel tente de mettre de l'ordre dans la horde à brandir une arme de l'excommunication majeure qui a évolué vers un type hyper mécanisé de la dissuasion théologique.

7 - L'illogisme de l'erreur

Les contradictions internes, même les plus titanesques dont souffre la logique simiohumaine n'apparaissent qu'à l'œil de quelques spécimens marginalisés. C'est ainsi que M. Jacques Chirac s'imagine encore que l'arme atomique serait une arme stratégique - il s'agirait seulement, pense-t-il, d'un canon beaucoup plus spectaculaire que les précédents . C'est donc avec une entière bonne foi qu'il soutient le scénario selon lequel la bombe iranienne ne parcourrait pas deux cents mètres sans qu'elle fût interceptée et détruite en vol. Il en conclut également que Téhéran serait pulvérisé en retour et que ces gigantesques représailles laisseraient le monde antérieur en l'état. En revanche, le Général de Gaulle avait tout de suite compris que l'apocalypse nucléaire ne saurait ressortir à la logique interne des guerres classiques, mais seulement à l'imagination théologique et que si le Japon avait disposé de l'arme atomique, Hiroshima et Nagasaki seraient encore debout. Aussi avait-il accueilli à bras ouverts une foudre providentielle dans l'ordre politique, puisque non proportionnée à la surface du territoire des nations moyennes; et il avait baptisé ce dieu " Tous azimuts ", sans qu'on sache si son ironie était celle d'Aristophane, qui imagina une grève des autels afin d'affamer les dieux d'Athènes , tellement le recours à une ubiquité mythique est la clé de l'efficacité politique qu'exerce la pensée onirique . De Gaulle savait également que la dialectique est l'arme naturelle des intelligences réelles depuis Platon .

Le testament politique du chef de l'Etat, 4 février 2007

Le savoir et l'action. L'Europe vassalisée face à l'Iran révolté, 1er septembre 2005

Pourquoi M. Jacques Chirac continue-t-il de délégitimer la future arme nucléaire de l'Iran pour le motif, contradictoire par définition, qu'elle nourrirait l'ambition d'autres Etats musulmans de s'en approprier à leur tour l'inutilité dûment reconnue ? C'est que la raison simiohumaine est une vieille dame que son grand âge fait boiter et que sa claudication naturelle contraint à chercher ses dernières armes dans l'arsenal d'une demi logique. C'est pourquoi la dichotomie intellectuelle native du simianthrope est le cœur battant d'une histoire hémiplégique ab ovo.

On observera qu'à peine les armes nucléaires iraniennes ont-elles été proclamées inutilisables avec solennité, puisque suicidaires, qu'elles sont redevenues redoutables entre les mains des autres Etats de la région . Comment comprendrait-on les mutations instantanées que subit leur statut militaire et politique si l'on n'a pas étudié les miracles parallèles auxquels la théologie des idoles s'exerce depuis le déluge, puisque l'inventeur du thermonucléaire marin de la Genèse punissait déjà sa créature par son engloutissement définitif sous les eaux, ce qui le condamnait ensuite, le pauvre, à l'artifice ridicule de se procurer à grand frais un rescapé bavard de sa sainte justice et de suer sang et eau pour ne citer à la barre qu'un seul témoin de sa perfection exterminatrice. La logique transzoologique établit que si Jahvé, Allah et le Dieu des chrétiens disposaient tous trois de la faculté de se précipiter réciproquement dans la géhenne, ils s'en garderaient comme de la peste, à l'image de leur créature de la dernière cuvée - les Etats pseudo apocalyptiques d'aujourd'hui, qui tremblent comment des feuilles devant leur propre foudre et craignent de voir la terre entière se peupler d'idoles de pacotille de leur trempe.

8 - Les limites de la cécité simiohumaine

Il faut donc inaugurer des analyses anthropologiques des contradictions internes gigantales dont souffre le cerveau simiohumain moyen. Car autant les démocraties répugnent à peser les cerveaux hautement logiciens, autant ils négligent l'étude, pourtant non moins nécessaire, des limites inhérentes à la cécité relative de l'espèce, alors que les freins mis à sa folie sont non seulement fort observables, mais démontrables à l'aide d'exemples récents et irréfutables - celles des victoires sur l'atomisme onirique que les demi évadés de la zoologie ont remportées depuis six décennies. Quel est l'illogisme que le simianthrope rejette toujours et à coup sûr ? L'examen de cette question est évidemment la plus cruciale de toutes; mais l'interprétation que Jonathan Swift en a donnée dans son célèbre mémoire sur deux tribus de son temps , les Yahous et les Lilliputiens, guide encore de nos jours les travaux de nos simianthropologues.

C'est ainsi que l'arme des gaz toxiques utilisés au cours de la première guerre mondiale a été abandonnée au cours de la seconde en raison du degré excessif de l'absurdité de se servir d'une pestifération réciproque qui préfigurait celle de la dissuasion nucléaire à double tranchant d'aujourd'hui . Puis le cerveau simiohumain des Etats de la seconde moitié du XXe siècle a fini par découvrir qu'il était illogique et, de surcroît , ruineux pour les finances publiques d'accumuler des armes de destruction non proportionnées aux dimensions de leur objectif et capables de pulvériser plusieurs dizaines de globes terrestres de quelques sept cent milliards de km3 chacun. Mais en raison de l'extrême lenteur des progrès de la pensée logique au sein de notre espèce, les armes mathématiquement les plus apocalyptiques ne se révèlent inefficaces qu'après avoir été quelque peu essayées. Par bonheur, les dizaines de milliers de morts d'Hiroshima ont procuré à nos calculateurs un échantillon précieux d'apocalypse. Nous pensons que cette miniature est suffisamment instructive pour épargner à nos stratèges la nécessité d'expérimenter à nouveaux frais le degré de gravité exact de notre paralysie cérébrale. Que les cieux se réjouissent : il est désormais démontré que l'encéphale d' aucun chef d'Etat actuel n'est demeuré suffisamment la proie des ténèbres pour qu'il se rende à Canossa pour le gentil motif que ses armées auraient été précipitées en enfer par la foudre de l'excommunication majeure vaticane, bien que celle-ci demeure stockée pour l'éternité dans l'arsenal des foudres cérébrales romaines .

Le 1er février 2007, vingt-deux titulaires de prix Nobel de physique et de chimie américains ont demandé solennellement à la Chambre des Représentants d'engager une procédure qui permettrait d'interdire au Président des Etats-Unis de faire usage d'armes nucléaires, même miniaturisées, face à un Etat privé de la foudre nucléaire . Cette démarche illustre la mise en place d'un test cérébral qu'il sera instructif de radiographier quand le génie simianthropologique, qui n'en est, hélas, qu'à ses premiers pas, sera en mesure d' observer que, pour l'instant, seule l'indignation morale inspire des cerveaux pourtant en avance sur leur temps, ce qui ne suffit pas encore à les armer d'une logique transzoologique réellement cohérente , puisque les exigences actuelles de l'éthique simiohumaine se contentent de condamner, non point la dialectique, mais seulement la lâcheté des mâles dominants de leur temps face à une victime sans défense. La simianthropologie hautement spécialisée de demain étudiera les risques que courent les Etats simiohumains de placer des fous à leur tête, c'est-à-dire des chefs dont le quotient intellectuel demeurerait inférieur à celui de la moyenne de l'espèce.

Mais pour cela, la simianthropologie devra disposer des instruments de la logique nécessaires à l'étude des cerveaux capables de prendre un siècle, cinq siècles ou un millénaire d'avance sur ceux de l'immense majorité de leurs congénères. Or, les démonstrations de ces mutants ont cessé de se fonder sur la problématique semi animale qui sous-tend la notion simiohumaine d'expérience scientifique . Nos historiens ont collé dans leur herbier un spécimen du nom d'Isaïe dont le regard sur les idoles ne ressortissait plus aux pouvoirs d'un œil animal perfectionné et qui a inauguré la simianthropologie généalogique par l'observation du processus psychique qui conduit un bûcheron à se chauffer avec la moitié de son bois et à se fabriquer une idole avec l'autre moitié .

C'est pourquoi le spectacle de la paresse cérébrale qui frappe les héritiers de l'encéphale isaïaque de Jonathan Swift nous renvoie à l'examen de la scission mentale qui condamne la moitié des têtes à s'échauffer dans les nues et l'autre moitié sur la terre, ce qui caractérise les sociétés de chimpanzés depuis le paléolithique. Mais pour cela, il nous faut fabriquer l'appareil à radiographier le sens que le verbe " penser " prendra dans l'intelligence transzoologique .

Les origines animales de la politique, 1 : Politologie et Simianthropologie, 12 février 2007

9 - La théologie et la liberté

Mais la connaissance des origines simianthropologiques de la vie onirique de notre espèce est d'ores et déjà devenue tellement consubstantielle à la politologie moderne que les Etats encore privés d'une science réelle de l'inconscient religieux qui sous-tend l'arme thermonucléaire se trouvent embarqués dans une diplomatie de croisade qui en a fait les prisonniers inconscients de l'empire théologique actuellement dominant , les Etats-Unis d'Amérique.

L'empire d'Alexandre le Grand s'est étendu jusqu'aux abords de l'Inde, l'empire romain contrôlait les régions celtiques du nord de l'Europe et les Etats héllenisés du pourtour de la Méditerranée, l'empire Mongol - le plus étendu que l'histoire ait connu - allait du sud de l'Asie jusqu'à l'Europe, l'empire Byzantin s'est illustré par sa longévité, l'empire Ottoman du XVI ème siècle occupait la planète du golfe persique à la Hongrie et de l'Egypte au Caucase.

Mais rien de cela n'est comparable à l'empire militaire qu'a forgé la théologie de la liberté et qu'incarne de nos jours l'Amérique des biblistes de la démocratie. Certes, cette puissance ne repose pas sur l'occupation armée de vastes territoires, mais sur l'installation, dûment consentie et même payée par des vassaux qualifiés d'"alliés", de garnisons surarmées et en mesure de servir de relais au transport d'effectifs massifs de leur maître vers tous les lieux du globe utiles à l'expansion de son règne . Selon un rapport du Pentagon "Structure des Bases 2003 ", le patrimoine immobilier du souverain comprend six cent mille bâtiments et s'étend sur quinze millions d'hectares. La liste des nations au sein desquelles César a planté son sceptre en énumère cent trente cinq , ce qui signifie que la bannière du Nouveau Monde flotte sur des portions du territoire de soixante dix pour cent des Etats que compte le globe terrestre. L'Allemagne nourrit à elle seule soixante quatorze mille soldats du Nouveau Monde. En 2003, les effectifs de l'empire déployés en permanence sur les cinq continents s'élevaient à quelque deux cent cinquante mille guerriers , sans compter les cent quarante mille légionnaires de la foi transportés en Irak à partir des bases allemandes et italiennes.

Le 10 février 2007, Der Spiegel publiait un article dans lequel un général américain exprimait sa déception à suite d'un discours impie que M. Vladimir Poutine venait de prononcer à Stuttgart . Comment se faisait-il, se demandait ce croisé, que le Kremlin ressentait comme l'expression d'un prétendu despotisme mondial de l'empire américain la sainte " présence de la démocratie et de l'Etat de droit aux frontières de la Russie " ? Mais comment établir la différence entre le messianisme démocratique et le messianisme religieux s'ils sont aussi sincères l'un que l'autre et s'ils fonctionnent sur le même modèle? Car les armées ennemies que l'empire est censé combattre sont aussi invisibles que le Démon au Moyen-Age. Quand l'Occident chrétien a apporté la bible aux Africains , il a demandé aux autochtones de fermer les yeux, de prier et d'attendre sans impatience les bienfaits de la grâce divine. Quand ils les ont rouverts, les promesses de la bible avaient bel et bien débarqué dans leurs têtes, mais leurs terres avaient changé de mains. Comment la puissance américaine serait-elle intelligible si la politologie européenne ignorait tout de l'encéphale onirique des nouveaux indigènes dont les tribus s'appellent les Romains, les Madrilènes, les Berlinois et d'autres encore dont on trouvera la description dans les nouvelles aventures de Gulliver.

Dans le jardin d'Eden où se dressent les autels du mythe de la " Liberté ", l'interdiction adressée par l'Amérique et l'Europe à l'Iran de goûter au fruit défendu de la connaissance de l'atome a frappé la France à son tour d'une cécité politique qu'il faut espérer passagère ; car il est peu probable que le pays de Descartes mette un temps infini à s'apercevoir de ce que la stratégie cérébrale de type politico-théologique du Nouveau Monde vise à dominer la planète par une main-mise biblique sur les puits de pétrole de la région . Comment cette cécité se généralisait-elle, puisque la diplomatie au jour le jour de tous les Etats passerait alors autant au large du véritable théâtre de l'histoire du monde qu'au Moyen-Age ?

10 - La nouvelle guerre sainte

Voici quelques renseignements d'Etat major sur l'état actuel des armes de la dévotion: le pieux accroissement des forces armées des Etats-Unis en Italie n'est pas seulement quantitatif, mais aussi qualitatif. La 173ème brigade aéroportée, basée depuis longtemps à Vicence, a été transformée, le 15 septembre 2006 , en une escadre de combat, la 173ème brigade aéroportée (173rd Abct). Celle-ci est formée de six bataillons . Primo, le 1er bataillon du 503 ème régiment d'assaut aérien, qui a participé en 2004 à l'attaque contre Falludjah et qui a été transféré en juin dernier de Camp Casey, en Corée du Sud, à la caserne Ederle de Vicence. Secundo, le 2ème bataillon du 503ème régiment qui avait été " réactivé " en 2002 et envoyé combattre en Irak et en Afghanistan ; tertio le 1er escadron du 9ème régiment de cavalerie mécanisée, quarto le 4ème bataillon du 319ème régiment d'artillerie de campagne, quinto le 173ème bataillon des troupes spéciales, sexto, le 173ème bataillon de soutien, qui avait été renforcé à Vicence en mars 2005, septimo, le commandement Setaf, dont dépend l'escadre de combat, et dont le quartier général est situé, lui aussi, à Vicence, a été transformé en un commandement d'appui logistique responsable "de la réception, de la préparation au combat et du mouvement avancé des forces qui entrent en guerre dans la région méridionale". Il faut savoir que Vicenza élargie sera reliée aux bases aériennes d'Aviano (Friuli-Veneto-Giulia,) de Sigonella (Catane, Sicile) et à celle de Camp Darby (Pise), bien connues de tous les théologiens de la liberté en Italie.

11 - La colonisation des indigènes européens

L'expérience enseigne qu'une civilisation entière peut perdre tout subitement le cerveau qui lui servait de boussole. Alors, elle se trouve dans la situation du personnage universel de Dante qui, à la première ligne de la Divine Comédie, dit à la fois " nous " et " je " : " Au milieu du chemin de notre vie, je me trouvai dans une forêt obscure. " Cette forêt serait-elle celle où l'Europe ne parvient plus à séparer le vrai du faux, parce que les cultures ne se posent jamais la question de la vérité, donc de la légitimité de leurs croyances ? Mais si les rêves étaient validés du seul fait de leur existence, il serait interdit de jamais hiérarchiser les cerveaux simiohumains; et s'il devenait sacrilège de peser les têtes , il n'y aurait plus ni haut, ni bas; et si les songes d'une simiohumanité prétendument évolutive étaient appelés à fleurir dans le jardin d'innocence des démocraties acéphales , avec quelles armes nous défendrions-nous quand les saints américains remettront entre nos mains devenues inexpertes la bible du salut de tous les peuples sans cervelle de la terre ?

Alors, le fleuve de la colonisation des têtes aura changé de cours. Longtemps il aura coulé de l'Europe vers l'Afrique et l'Asie ; et voici qu'il coulera de l'Amérique vers l'Europe des Copernic et des Darwin . Aussitôt on verra la défense des paysages réduire la politique à un panculturalisme bucolique ; et les nouveaux indigènes croiseront pieusement les mains, et s'inclineront devant les porteurs de la sainte croix de la liberté : Romano Prodi a déclaré : " L'agrandissement de la base militaire américaine de Vicence ne pose pas un problème politique, mais seulement une question de culture urbanistique. " Mais les croisés du Saint Empire du pétrole ne l'entendent pas de cette oreille : ils lui ont répondu que le renforcement démocratique, donc vertueux de Vicence échappe à la souveraineté du Parlement et du Gouvernement italien et prépare la guerre sainte contre l'Iran aux côtés de la Roumanie et de la Bulgarie.

La politique semi logique tue en tout premier lieu les sacrilèges qui ont fait la gloire des Isaïe de l'intelligence . Quand M. Jacques Chirac entend mettre toutes les cultures du monde à égalité de rang, de dignité, d'intelligence et de fécondité cérébrale, il oublie qu'elles sont composées d'un mélange désordonné de croyances inégalement enténébrées et de connaissances réelles, que les civilisations anciennes et nouvelles n'ont jamais progressé que par le solide attelage des intelligences au char des savoirs. Si l'histoire de la planète cessait de nous raconter le destin de la pensée, on ne voit pas pourquoi la croyance en l'existence de Zeus aurait perdu sa légitimité au profit de trois idoles relativement cérébralisées et un peu moins grossières que les précédentes. La légitimité politique mondiale de la France est celle qui écrit l'histoire du cerveau des peuples et des nations.

12 - Le serpent de la connaissance

Si la politologie post-darwinienne et post-freudienne disposait d'une connaissance simianthropologique des fondements religieux de l'armement apocalyptique qui inspire, en réalité, le monothéisme depuis le déluge, la France ne se serait pas laissé piéger par les fourriers de la foi qui se sont précipités en riant aux éclats dans le brèche grande ouverte par le panculturalisme aveugle de l'Europe et qui ont feint, la main sur le cœur, de sauver de la noyade diplomatique un saint Pierre français qui s'était aventuré à marcher sur les eaux du lac de Tibériade aux côtés du Christ de la liberté d'outre-Atlantique.

On cherche en Iran le serpent de la connaissance et le tentateur de l'intelligence qui dirait à un Vieux Monde infantilisée par une version modernisée de l'asservissement de l'humanitéau mythe du salut: " Tu appartiens à une espèce flottante entre l'ange et la bête. L'heure des retrouvailles du "Connais-toi" avec la politique a sonné. "

Bourguiba est mort en résidence surveillée pour avoir expliqué aux Tunisiens qu'ils avaient été colonisés par leur faute et que s'ils redevenaient des dévots, ils seraient bientôt vassalisés à nouveau . Est-ce le tour de l'Europe des dévots de la démocratie de se trouver asservis par le fer et le feu des missionnaires de la liberté ?

Mon prochain texte traitera brièvement de la révolution de l'intelligence humaine qui prendra la relève de l'échec intellectuel et philosophique de l'humanisme de la Renaissance . Car le naufrage mondial de la politique des idéalités vertueuses qu'illustrera la chute de l'empire américain conduira à une inversion radicale des interprétations de l'évolutionnisme. Alors que, depuis un siècle et demi, les éthologues cherchaient chez les chimpanzés les prémices d'une espèce humaine réputée achevée, la nouvelle anthropologie critique étudiera l'animalité cérébralisée de l'homme, celle qui fonde la réflexion politique sur les critères spéculaires qui commandent encore les notions mêmes de vérité, de valeur et de sens. Cette inversion de la problématique classique de l'interprétation de l'évolutionnisme démontrera l'animalité spécifique d'une espèce auto-angélisée par les sécrétions narcissiques de son encéphale .

le 21 février 2007