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L'Europe de la seconde Renaissance

 

Le 1er octobre 1836 Talleyrand intégrait une déclaration politique au texte tout notarial de son testament. On pouvait y lire: " Les vrais intérêts de la France ne sont jamais en opposition avec les vrais intérêts de l'Europe."

Pourquoi le Machiavel français a-t-il tenu à souligner par deux fois qu'une définition bien pesée des vrais intérêts de la France exigeait une réflexion approfondie sur leur nature et sur les racines de leur connexion avec ceux de l'Europe ?

 

1 - L'école des Parques
2 - Comment raconter l'histoire ?
3 - Les sources animales de la vassalisation politique
4 - La simianthropologie politique
5 - Conclusion

1 - L'école des Parques

Le jour où le narrateur ne tiendra plus la plume d'une Clio ailée, le jour où la muse ne sera plus la greffière complaisante des événements que nos falsificateurs officiels du sanglant qualifiaient d'objectifs, mais l'Isaïe d'un continent capable d'observer du dehors une espèce ardente à se vaporiser saintement dans les airs, qu'adviendra-t-il de la science historique patentée de nos pères, qui tricotaient maille par maille un catéchisme des idéalités dont ils nourrissaient leurs démocraties? Aussi longtemps que l'Europe a servi de guide à une civilisation des anges, elle aura dévidé l'écheveau des heures en marmonnant ses prières ; et elle aura seulement sautillé de branche en branche sur l'arbre de la connaissance. Mais qu'adviendra-t-il de la civilisation dite des droits de l'homme entre l'heure où elle aura cessé, d'une part, d'écrire une histoire du monde dûment réfléchie dans le miroir de ses dévotions verbales et celle, d'autre part, où elle se résignera à jouer à la fois le rôle de spectatrice du naufrage de son " je pense " et de profanatrice de son cogito?

Elle sera douloureuse, la conversion de nos idoles verbales en pain de nos sacrilèges, il sera torturant, l'apprentissage de l'eucharistie du blasphème, il demeurera longtemps en attente, le vin isaïaque de notre intelligence. Car notre histoire ne disposera pas de sitôt des instruments du savoir historique qui seuls permettront de raconter la mort de la civilisation des idées . Il nous faudra nous mettre à l'école des Parques . Dans une première étape, une Europe éjectée de l'histoire gardera un silence embarrassé et contrit au spectacle de la Russie, de la Chine et de l'Inde, qui se substitueront à elle pour ramener l'empire américain à ses frontières naturelles. Mais comment écrire la suite de la tragédie, celle de la mort cérébrale de l'Europe, quand il sera devenu stérile d'enchaîner un épisode aveugle à l'aveugle qui lui succèdera , stérile de recourir aux recettes éprouvées de la narration historique ad usum Delphini, stérile d'ignorer le transit d'un cerveau européen autrefois trop sûr de lui vers un cerveau en quête non seulement de sa boussole , mais du vaisseau, du gouvernail et du pilote qui assureront la navigation future de la civilisation de la pensée ?

Un continent intellectuellement à l'agonie n'est pas seulement devenu la proie titubante de ses assaillants ; car il a été livré à une secousse sismique qui efface ses repères cérébraux. Bien plus, il se demande qui l'autorisait, dans le passé, à se qualifier effrontément de civilisation. Car il découvre que les cultures les plus fières de leurs exploits intellectuels ne portent jamais que des vêtements relativement métazoologiques ; et il se sent appelé à observer avec des yeux nouveaux ces masques autrefois auréolés de gloire. Quels étaient le tissu, les coutures, le tricot de la sainteté des idéalités de la démocratie? Une civilisation en transit entre la mort et la résurrection de la pensée goûte un savoir à la fois morbide et régénérateur. Le malheur la nourrit de l'appel à se connaître telle qu'elle se pavanait sottement sous les feux de la rampe. Car l'agresseur qui se rue sur elle brandit à son tour les armes de la civilisation qu'il entend terrasser ; et c'est au nom des idéalités dont le vaincu commence de découvrir le tranchant qu'il entend l'humilier.

Tel est le drame à la fois politique et culturel auquel l'Europe se voit livrée. Car si elle se réveille au point de découvrir que les valeurs n'ont jamais été les moteurs réels de l'histoire ; si elle apprend qu'elle s'était trompée depuis qu'Athènes lui avait fait croire qu'elle combattait pour la liberté contre Sparte; si elle sort de l'enfance idéaliste de l'humanité, puis de l'enfance théologique de la connaissance pour apprendre que, depuis les origines, les empires s'étendent sous le masque de leur liberté ou de la justice de leur ciel ; si elle se repent de sa candeur et ouvre des yeux d'adulte sur la puissance d'au-delà des mers dont les garnisons quadrillent son sol depuis six décennies, si elle prend les armes et repousse l'occupant avec la lucidité des nations arrachées au sommeil de l'obscurantisme idéaliste et de l'obscurantisme religieux confondus, quels seront les chemins de l'esprit qui l'empêcheront de tomber dans une barbarie antérieure à l'avènement des idées et des dieux ?

Qu'en sera-t-il de l'intelligence et de la raison qui présideront à la notion de civilisation quand l'humanité connaîtra le fer que les anges des idéalités plantaient dans le corps de leurs victimes ? Une connaissance nouvelle de l'homme naîtra-t-elle de la science de l'acier qui donnera à l'Europe un accès libérateur à l'âge post-américain de la civilisation? Pour cela, la nouvelle renaissance devra plonger son poignard dans les profondeurs grecques et chrétiennes de l'animal pseudo pensant afin d'apprendre l'universel à une tout autre école des autopsies qu'à celle du scalpel des idéalités. Car enfin, l'Europe barbare aura conclu avec la sauvage Amérique le pacte sanglant qui aura fait de la liberté et de la justice les glaives de la famine. Aussi l'Europe meurtrie est-elle à son tour la victime du couteau des idéalités qu'elle a planté dans la chair du peuple palestinien . Que faisait-elle aux côtés du molosse d'outre-Atlantique dont la mâchoire broyait la liberté et la justice ? Aussi longtemps qu'elle n'aura pas conquis les armes de l'intelligence transanimale qui seules lui permettront de descendre dans les tréfonds de l'animal dont la bestialité spécifique était précisément de faire l'ange, comment assurerait-elle la nativité d'une civilisation méta zoologique ?

L'Europe encore toute désemparée par la ruine de la notion de civilisation qui lui servait depuis tant de siècles de pelisse bien lustrée demeure tout étonnée de voir ses idéalités servir de cuirasse à la bête sauvage qu'on appelle encore, ici ou là, la démocratie ; et elle se trouve doublement affaiblie , d'abord par le naufrage cérébral de la civilisation des idoles idéalistes, puis par l'impuissance de ses laboratoires actuels à percer les secrets de fabrication des vocables vaporeux , mais flatteurs, qui la transpercent désormais à son tour et qui permettent au géant d'au-delà des mers de la frapper du glaive acéré de la "liberté" et de la "justice"; car pour percer ces secrets-là, il faudra disposer des méthodes et de la problématique d'une anthropologie aux yeux de laquelle les floralies verbales d'une culture ne seront que des défroques jetées sur les épaules des barbares. Quelles seront les chances du renouveau cérébral de l'Europe ? Comment une civilisation changée en victime de ses propres armes intellectuelles - celles qu'elle croyait civilisatrices et dont elle ne découvre le tranchant mortel qu'entre les mains de l'ennemi - comment une telle civilisation accèdera-t-elle à un tout autre spectacle qu'à celui auquel elle se trouvait conviée du temps où elle servait non seulement de protagoniste à l'histoire des anges, mais de héros de l'innocence des idéalités séraphiques?

2 - Comment raconter l'histoire ?

Car enfin, comment raconter la croisade de la liberté et de la justice, comment raconter Guantanamo et Abou Ghraib, comment raconter les faits d'armes de la démocratie messianique, comment raconter les malheurs du suffrage populaire dans les colonies pénitentiaires de Judée, de Samarie et de Gaza, comment raconter l'évangélisation sanglante des peuples et des nations à l'école de la torture, comment raconter les missionnaires et les saints apôtres de la famine, comment raconter un empire du salut et de la délivrance par la servitude, comment raconter les armes de l'oppression si l'Europe demeure prisonnière de son jardin d'innocence ? La civilisation de l'Eden n'était-elle donc que celle d'un animal habile à chevaucher ses saintetés verbales ? Comme l'histoire des anges change d'éperons au gré de ses montures, comme le salut des démocraties tartuffiques répand les odeurs de son paradis et de sa géhenne selon que le vainqueur ou le vaincu tient la crosse de ses idéalités ! Mais quand l'Europe des démocraties otanisées découvre que son drapeau sert de sceptre aux guerriers d'un empire d'au delà des mers, comment se raconterait-elle encore son histoire à l'école des historiens de sa candeur ? Impossible de dérouler le tapis rouge des événements sous les pas des peuples et des nations décervelées si nous n'avons pas construit la balance à peser le cerveau rapetissé de l'espèce qui se forgeait les chaînes de sa servitude à l'école de son rêve de liberté et de justice et dont les armes de guerre n'étaient que des mots vaporisés dans le ciel des principes de 1789 ?

En vérité, il ne s'agit plus de repeindre l'outillage verbal et mental d'une Clio aveuglée et frappée de surdité de Platon à nos jours, mais de fonder une anthropologie critique en mesure de radiographier les sources semi animales de la politique, ce qui exige une tout autre pesée de l'humanité et une tout autre interprétation de son histoire que celle qui se fondait sur le postulat, contradictoire par définition, et que j'ai déjà rappelé, selon lequel nous appartiendrions à une espèce à la fois achevée et bénéficiaire des grâces d'une évolution bienheureuse.

Quelles seront les conséquences politiques et philosophiques de l'inversion radicale de la lecture classique du transformisme depuis Lamarck et Darwin quand, au lieu de traquer désespérément chez les chimpanzés des indices imperceptibles, mais rassurants, d'une sagesse préfiguratrice de la nôtre, nous débusquerons, au plus profond de nos gènes, les traits éternels et immuables de notre simiennité originelle? Cet abaissement de nos neurones symbolisera-t-il un naufrage définitif du concept de civilisation ou bien nous donnera-t-il le signal de la nativité de la pensée métazoologique ? Dans ce cas, notre intelligence deviendra capable de retourner sur ses pas et de trouver, à la faveur même de son humiliation, le regard qu'elle portera sur sa situation actuelle. Car on ne saurait définir un animal en tant que tel sans avoir conquis au préalable le regard de l'extérieur qui en transcende la définition. Mais ne devrions-nous pas savoir tout cela depuis un certain Isaïe, puisqu'une idole, nous enseigne ce philosophe, n'est pas livrée à notre savoir par l'examen minutieux et l'énumération des ingrédients qui entrent dans sa composition matérielle, mais seulement par l'intelligence visionnaire qui révèle que le "dieu" n'est pas davantage dans le bois ou la pierre que l'idée de causalité dans la succession des événements.

3 - Les sources animales de la vassalisation politique

La mutation de la lucidité politique qui découlera de ce que la réflexion sur la distinction ancienne entre l'homme et l'animal aura trouvé un élan ressuscitatif au plus profond de la raison occidentale nous conduira en tout premier lieu à la connaissance des sources animales de la vassalisation infantile de l'Europe, donc à une science des fondements psycho-cérébraux de l'assujettissement des peuples et des nations à un maître redupliqué dans l'imaginaire religieux. Car l'encéphale schizoïde de notre espèce est demeuré l'esclave consentant des souverains oniriques qui, dans un lointain passé, se sont emparés de sa masse cérébrale pour longtemps. Tantôt les Césars mythiques du simianthrope dichotomisé par les millénaires conduisent leurs fidèles en croisade, tantôt ils leur demandent de se résigner à leur capitulation sur les champs de bataille ou en rase campagne. C'est pourquoi le simianthrope se montre tour à tour conquérant et résigné ; mais dans les deux cas, il demeure soumis à un chef mythique installé à titre atavique dans ses neurones. C'est pourquoi la boîte osseuse de l'Europe actuelle a été rendue docile à l'autorité du souverain céleste qui a progressivement succédé à celle de Zeus à partir du premier siècle de notre ère, mais dont l'armure a glissé de nos mains pour tomber dans celles de l'empire américain.

Aussi aurait-on le plus grand tort de s'imaginer que les formulations catéchétiques dont l'encéphale théocratique et idéocratique de notre espèce paraît s'alimenter seraient cruciales de sembler se placer au premier rang : bien au contraire, la vassalisation théologico-idéaliste de l'Europe sous le sceptre du dieu de l'OTAN, dont le siège se trouve à Mons en Belgique, démontre, tout au contraire, le rôle marginal et quasi négligeable des énoncés doctrinaux de la servitude, tellement les vraies formulations théologiques se cachent dans la structure bipolaire de l'encéphale simiohumain, lequel se trouve divisé de naissance entre le rêve et le réel , de sorte qu'il s'assujettit spontanément au credo vassalisateur que rédige de génération en génération la portion onirique de sa boîte osseuse. La meilleure preuve de cet atavisme est le spectacle hallucinant qu'offre une ex-civilisation de la pensée placée depuis plus d'un demi siècle sous le commandement d'une démocratie lointaine et devenue à elle-même son propre ciel et son propre messie . Une civilisation dont le chef de son ciel a changé de capitale obéit à une pulsion apostolique inversée et qui s'exerce dans le vide, puisqu'aussi loin que s'étend le regard des vaincus, aucun ennemi en chair et en os ne saurait apparaître à leur vue. C'est que l'ennemi surréel, invisible, omniprésent et mystérieusement menaçant contre lequel l'idole protège ses serviteurs est celui que la foi du croyant enveloppe dans un Eden de l'histoire.

4 - La simianthropologie politique

L'anthropologie politique fondamentale ne sera pas une science aveuglément descriptive. Il s'agira d'une discipline dont l'objet sera de radiographier la nature et le fonctionnement cérébral d'une espèce désireuse d'apprendre la raison à l'école de l'action et l'action à l'école de la politique. Mais une science de ce type sera nécessairement philosophique, puisqu'on qualifie de philosophique la seule discipline à se poser la question de fond : " Qu'est-ce que c'est ? " Il serait donc vain de qualifier de scientifique une anthropologie qui se prétendrait politique, mais qui se garderait bien de se demander au préalable ce qu'est l'anthropos. Or, cet animal trace des frontières , cerne des enceintes et circonscrit les territoires où la question : " Qu'est-ce que c'est ? " se trouvera ajustée à son objet. C'est dire que le problème des relations que le cadrage des questions entretient avec leur contenu sera le plus difficile à résoudre, puisqu'il faudra apprendre à déchiffrer le monde à l'école des définitions qu'on en donnera, donc des délimitations qu'on lui assignera.

Et pourtant, depuis Platon et Aristote, penser, c'est définir, donc enfermer les faits derrière la barrière du langage. C'est ainsi que, depuis les Grecs, la politique se délimite comme une discipline de notre " esprit de raison " et, plus précisément, comme un exercice de notre intelligence. Mais si notre raison est vouée à promouvoir des idéalités réputées rendre rationnelle notre histoire et si l'idéalité que nous appelons le " bien commun " depuis les Grecs est le sceptre censé brancher notre action publique sur notre éthique, ne faudra-t-il pas nous demander si les mots nous fournissent le bon cadrage de la question : " Qu'est-ce que le Bien ? ". Or, notre éthique se nourrissait de la projection dans le cosmos d'un personnage verbal finalisé à notre image et que nous avions baptisé " le Créateur ". La cour de ce souverain était composée de hauts dignitaires, que nous appelions déjà des idéalités. Tout cela ne rend-il pas inquiétant le spectacle du débarquement assuré sur toute la terre habitée d'une religion de la parole dite de la " perfection divine ", à laquelle la démocratie universelle sert désormais de sceptre, si nous ne savons pas encore ce qu'est le langage dont nous partageons le sceptre avec une idole et si ce cadrage du monde par le sonore nous égare et nous grise ?

Du coup, la réflexion future d'une Europe qui voudrait demeurer pensante sous l'œil des bouledogues de la démocratie portera sur la définition que nous donnions de l'homme à l'école des sortilèges de notre verbe ; et notre réflexion sur la parole de vérité nous renverra en amont de Platon, parce qu'il ne s'agira plus d'accuser une politique fondée sur nos idéalités pseudo édéniques de n'avoir pas tenu les promesses de leur séraphisme , il ne s'agira plus de déplorer les errements réputés passagers et inattendus d'une espèce appelée à retrouver sa nature angélique et qui aurait chu dans la géhenne par malencontre, il ne s'agira plus d'entreprendre de gigantesques travaux de restauration d'un mythe - celui d'une création parfaite suivie d'un désastre irréparable et qui compénétre encore à leur insu les méthodes et toute la problématique des sciences humaines contemporaines : il s'agira d'apprendre à déconstruire le piédestal intérieur qui permettait à notre espèce d'arborer un masque apparemment post zoologique, celui de l'idéalisme politique de nos ancêtres . Car leur dédoublement succulent dans leurs rutilances verbales leur procurait des bénéfices narcissiques considérables. Il s'agira donc d'observer l'animalité cérébralisée qui leur permettait de se réfléchir dans le miroir de leurs idéalités flatteuses et qui autorisait leur espèce de démocratie à sanctifier leurs crimes.

5 - Conclusion

Les découvertes de l'anthropologie fondamentale féconderont la science historique et la politologie transidéaliste en ce qu'elles donneront à ces deux disciplines les armes d'un recul scientifique en mesure de les mettre en possession de leur véritable matériau, à savoir la connaissance anthropologique des neurones de la vassalisation et de la liberté des peuples . La démocratie mondiale ne fait que les mettre en scène sur le mode verbal qui s'est gravé dans le capital psychobiologique du sacré simiohumain . Mais la chance intellectuelle d'une civilisation européenne asservie est d'avoir conservé dans ses profondeurs les ressources cérébrales suffisantes, semble-t-il, pour radiographier les sources semi animales de la connaissance idéaliste de l'inconscient simiohumain, celui que la civilisation née de la pensée abstraite des Grecs armait de concepts oraculaires à la fois sanglants et éthérés, cruels et abstraits, guerriers et tartuffiques.

Ce sera donc à l'épreuve même de la honte intellectuelle et politique qui accompagne les défaites les plus humiliantes de feu la civilisation naïvement humaniste que l'Europe approfondira jusqu'au vertige la connaissance scientifique des infirmités dont souffre la raison simiohumaine et qu'elle offrira aux intelligences de demain un théâtre nouveau à défricher et à explorer, celui des sources psychobiologiques de la demi animalité qui frappe l'idéalisme politique . Naturellement, la connaissance du tragique de l'inconscient qui pilote la parole idéaliste, celle de la " belle âme ", renouera avec la métaphysique du miroir dont le germe se trouve chez saint Augustin, lequel savait, du moins confusément, que l'homme est non seulement un animal spéculaire de naissance, mais que sa nature le met à l'école de sa propre image idéalisée dans le miroir des dévotions qui le glorifient en retour. Serions-nous sur le chemin de l'intelligence sacrilège des mystiques ? On attend les alpinistes du Mont Carmel de la connaissance .

le 5 mars 2007