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Section Les défis de l'Europe
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Non à la capitulation morale de la France
Discours imaginaire du Président la République aux Français

 

1 - La France à la croisée des chemins
2 - Une guerre d'agression
3 - Une démocratie corruptrice
4 - La France et le droit
5 - Le refus de l'apostasie
6 - La démocratie et ses contrefaçons
7 - L'avenir de l'Europe
8 - Les funérailles et la résurrection de l'Amérique

1 - La France à la croisée des chemins

Mes chers concitoyens, la France est à la croisée des chemins . De votre dignité, de votre fierté, de votre courage, dépendent la dignité, la fierté et le courage de la nation.

La démocratie qui servait de modèle au monde et dont le drapeau plein d'étoiles éclairait les cœurs, l'Amérique que nous avions aidée à naître et qui avait scellé une longue et solide alliance avec nous, l'Amérique de la raison et de la justice que nous avons tant aimée est devenue un empire du glaive et du sang. Le pays de Lincoln a quitté l'arène du droit international, le pays de la liberté s'est converti aux ambitions que seule la force des armes permet de satisfaire. La terre est désormais orpheline de l'Amérique de Jefferson et de Franklin. Je vous invite à porter le deuil d'un rêve, le deuil de l'espoir du monde.

Tous les juristes attestent que la guerre en Irak était une guerre d'agression, donc un crime contre l'humanité. D'une seule voix et sur les cinq continents, les savants de la loi nous disent que l'Amérique s'est mise au ban de l'ordre moral et juridique auquel nous aspirions et qui avait nourri l'espoir de la civilisation mondiale depuis la capitulation du IIIe Reich. Vous savez que la France a tenté tout ce qui était en son pouvoir pour retarder le naufrage des principes politiques auxquels, il y a un demi siècle, la planète paraissait s'être convertie. Pendant des mois, nous n'avons pas ménagé notre peine pour retenir Washington de fouler aux pieds les règles qui régissent les conflits armés. Mais rien n'y a fait.

Et maintenant, c'est presque ouvertement que les États-Unis s'accordent le droit souverain d'étendre leur règne et leur puissance à toute la terre. Seules les conquêtes que réclament les empires en expansion naturelle, disent-ils, sont à la mesure de la puissance qui nous appartient. Le nouveau Reich avoue, en outre, qu'il a le plus grand besoin d'augmenter ses ressources en carburant et qu'après l'Arabie, l'Irak dispose du plus grand réservoir en or noir du globe. C'est pourquoi le premier souverain nord américain a soutenu, contre toute évidence, que Saddam Hussein lui cachait les armes de destruction avec lesquelles il se promettait d'anéantir l'univers; et le risque était grand qu'il s'en servît d'un instant à l'autre pour pulvériser le Nouveau Monde. Mais de tels arguments n'ont d'autre finalité que de cacher sous une bannière démocratique la soif du nouvel empire de faire flotter son drapeau sur toute la terre et sur toutes les mers.

2 - Une guerre d'agression

Nous le savions tous, et le monde entier le savait à nos côtés. Nul n'ignore que les nations industrialisées et beaucoup d'autres possèdent, hélas, des armes sinon nucléaires, du moins chimiques et bactériologiques, sauf précisément l'Irak, pour le simple motif qu'elles lui ont été prises par des inspecteurs internationaux après la guerre de 1991. De plus, les savants du monde entier soulignaient, aux côtés de tous les experts dans l'art de la guerre, que Saddam Hussein ne représentait plus aucun danger militaire et qu'il était étranger à l'attentat du 11 septembre contre les tours du World Trade Center de New-York. Se fabriquer un ennemi fantasmagorique est une tradition de la diplomatie américaine. Elle a été imaginée au XIXe siècle pour conquérir de l'intérieur, et à l'aide de gouvernements à sa solde, les grands et les petits pays d'Amérique latine. Le Président Bush père était allé jusqu'à décréter l'état d'urgence en 1985, en raison de la grave menace qu'était censée faire peser sur la sécurité des États-Unis la redoutable armée du Nicaragua, qui ne se trouvait qu'à deux heures de marche du Texas.

Par acquit de conscience, nous avions cependant obtenu de Saddam Hussein et sous la vive pression du Conseil de sécurité de l'ONU, qu'il accordât aux États-Unis les moyens de prouver leurs allégations ; et nous avons mis l'Organisation des Nations Unies tout entière à la disposition de la nouvelle Rome. Une seconde vague d'inspecteurs indépendants, mais non truffée, cette fois-ci, d'espions américains, serait expressément mandatée pour inspecter les lieux à nouveaux frais, à condition qu'une éventuelle découverte d'armes prohibées permît à l'Irak de les détruire et non à Washington de déclencher les hostilités en violation du droit international. Naturellement, les inspecteurs n'ont rien trouvé ; mais, désireux de calmer l'impatience du nouvel empire de fondre sur sa proie, les inspecteurs ont demandé le temps nécessaire à l'achèvement de leurs inspections, qui pouvaient durer encore de longs mois. Tout cela ne convenait pas à César, qui voyait fondre comme neige au soleil l'espoir de clouer sa future victime au pilori d'une conscience universelle soudoyée.

Mais plus le temps passait, plus les États-Unis se démasquaient eux-mêmes - et nous ne pouvions les empêcher de se montrer à visage découvert. C'est pourtant le parti qu'ils ont fini par prendre aux yeux du monde entier en proclamant qu'à leurs yeux, l'échec des inspections prouvait seulement la perfidie du tyran. Vous savez qu'en désespoir de cause, et faute de mettre la main sur les armes qu'ils cherchaient, l'empire américain a tenté d'obtenir par la voie de la corruption - la seule qui lui restait - l'attestation du forfait que le droit lui refusait. La France et la Russie ont alors empêché le tribunal de la conscience universelle de faillir à sa vocation naturelle: vous savez que l'ONU a refusé de souiller le drapeau de la justice et que nous l'avons aidée, par notre détermination, à tenir tête aux maîtres de l'argent qui voulaient faire pencher la balance du côté des corrupteurs du droit international.

3 - Une démocratie corruptrice

Que pouvions-nous faire d'autre que de redire solennellement que les jugements extorqués par la force ou par l'or sont nuls et non avenus et qu'ils sont invalidés à ce seul titre, en appel ou en cassation, dans tous les États civilisés ? Nous avons donc rappelé avec autorité à cette grande nation que, depuis les Grecs de Périclès, la démocratie se veut un régime politique dont la nature même se réclame de la droiture morale des citoyens et de leurs dirigeants et que toute République s'effondre, avec sa définition même, par sa chute dans la corruption. Celle-ci connaît deux chemins : la démagogie et l'achat des voix à prix d'or.

Mes chers concitoyens, je ne renierai pas les principes dont vous m'avez confié la garde, je ne trahirai pas la nature même du mandat dont vous m'avez investi. Comment aurais-je pu engager la France à soutenir une légalité achetée sur la cassette de Crésus et au profit d'une sanglante guerre de conquête ? Comment le peuple français verrait-il flotter au vent du monde la bannière d'une justice maculée de la boue de la corruption? J'ai veillé à votre honneur et à celui de la France ; je n'ai pas accordé à un carnage la bénédiction du ciel de la démocratie et de la chrétienté sur le champ de bataille de l'Histoire .

Mais vous savez que l'Amérique que nous aimions et que nous respections s'est ruée tête baissée dans la bataille ; et qu'elle a pensé que les Français étaient des esprits légers et des cœurs sans droiture. Nous ne manquerions pas, disait le Président des Etats-Unis, de proclamer évangélique la victoire du plus fort, parce que le glaive serait le seul vrai maître du juste et de l'injuste à vos yeux.

Français, Françaises, depuis plus de deux siècles, c'est tout le contraire que la République vous enseigne. Au cours de près de deux millénaires, il revenait au christianisme de tenir d'une main ferme le sceptre d'une justice supérieure à celle dont la faiblesse des esprits, la fragilité des rois de ce monde et la passivité de la nature humaine gangrenait les verdicts. Quand vous avez jugé que les assermentés de votre ciel ne répondaient plus aux devoirs d'une saine justice, vous avez fondé la République, afin de placer à nouveau le droit et la justice au-dessus des États et des gouvernements, même démocratiques ; et vous avez confié le contrôle de la légitimité de nos lois à un tribunal placé au-dessus de nos législateurs, le Conseil Constitutionnel , qui est le vrai souverain d'une nation de la raison. Aussi, sont-ils rares les Français qui soutiennent qu'il n'y a pas de justice sur la terre, et nombreux les fidèles à l'esprit de la République qui proclament que la raison du plus fort n'est pas la meilleure.

4 - La France et le droit

Nous avons aboli la justice de cour de l'Ancien Régime afin de promouvoir une autre éthique de la loi et du droit sur la scène internationale ; et nous avons stigmatisé une justice qui vous faisait blanc ou noir selon que vous étiez puissant ou misérable. C'est dans cet esprit que nous ne voulons pas d'une ONU qui reprendrait le chemin des tribunaux achetés par le trône. Celui d'aujourd'hui s'appelle l'argent. Depuis 1789, nous essayons de remplacer la justice rendue par des valets par une justice digne de la plus haute ambition des démocraties. Cette ambition-là, nous la partagions avec une Amérique qui s'est engloutie dans les déserts d'Irak et qui ne transporte plus que le fantôme de sa grandeur d'autrefois: les historiens diront que le Moyen Orient fut le cimetière de la démocratie américaine.

Que demande-t-on aujourd'hui à la France ? Rien de moins que de renier l'esprit de la nation et l'âme de la République. A l'heure où le monde a multiplié ses yeux et ses oreilles, ce que l'on exige de vous et de la nation est simple et clair et je vous le dirai sans détours: on voudrait vous entendre proclamer, la main sur le cœur, qu'une guerre d'agression menée au profit d'un empire du glaive aurait été juste et démocratique ; on voudrait que vous fassiez amende honorable dans le confessionnal du vainqueur; on voudrait que vous vous repentiez sincèrement et que vous demandiez humblement pardon à César pour l'avoir empêché de se présenter au monde entier sous les étendards de la justice et du droit. Votre impiété est grande : vous avez dénoncé un Tartuffe mondial , celui de la fausse dévotion des modernes à l'égard de leurs idéaux démocratiques.

5 - Le refus de l'apostasie

Jamais encore, au cours de notre longue histoire, une nation étrangère n'avait osé vous demander, non seulement un acte de contrition de la France, mais sa conversion pleine et entière au sceptre de la puissance du moment. L'Amérique veut que vous confessiez que seul César tient entre ses mains le flambeau de la justice et de la puissance confondues et que vous devez vous incliner devant sa force avec une docilité grandement profitable à vos intérêts, parce que les tables de la loi se trouvent placées entre ses mains et qu'il en est désormais le seul maître. Non seulement vous serez punis si vous n'obtempérez pas humblement et avec déférence, mais, dans le monde entier, on vous promet, si vous ne pliez l'échine, de tourner votre esprit de justice en dérision. On prétend que vous serez ridicules de défendre une morale supérieure, ridicules de porter haut un autre drapeau de la France que celui dont la nouvelle Rome tient la hampe dans tout l'univers, ridicules de servir obstinément un monde étranger au saint royaume du glaive triomphant.

Mes chers concitoyens, le service de la France est un apostolat politique. Je ne suis pas le Président d'une République parquée sur les bas-côtés de l'Histoire. On voudrait que je salue en votre nom l'acte d'abdication de la France. Mais si vous vous agenouilliez devant l'injustice, vous rayeriez la France de la carte du monde . Mes chers concitoyens, je suis sûr de l'âme et du souffle de mon pays. Vous avez voulu que je vous représente sur la scène du monde. C'était m'intimer l'ordre de me comporter en responsable et en témoin de votre identité morale. Mais je suis encore davantage en charge de la France que de votre fidélité à vous-même. Au nom de la mission que vous m'avez confiée, je demande à chacune, à chacun de vous de regarder la France avec les yeux de votre intelligence et de votre cœur. Ne cédez pas devant une vaine et éphémère bourrasque de la folie d'un empire. Vous êtes le seul peuple dont le monde entier attend qu'il se comporte en témoin d'un véritable ordre international.

6 - La démocratie et ses contrefaçons

Mais pourquoi l'empire américain veut-il tellement vous punir de n'être pas partis en guerre à ses côtés ? Pourquoi ignore-t-il l'Allemagne, pourquoi pardonne-t-il à la Russie ? Pourquoi ne veut-il châtier qu'une seule nation, celle des droits de l'homme ? Sachez que si l'hypocrisie est un hommage indirect que la corruption rend à la vertu, comme dit le moraliste, c'est parce qu'elle a honte d'elle-même et qu'elle a donc besoin de se cacher sous un masque glorieux. Quel hommage l'hypocrisie du monde rend à la France de l'attaquer sous la triple bannière d'une fausse justice, d'une fausse liberté, d'une fausse démocratie, tellement vous êtes seuls à montrer à la terre entière où le bât blesse les faux guerriers de la liberté, seuls à pointer du doigt la plaie saignante sous le camouflage de la honte.

Si vous n'étiez les témoins de l'esprit de justice, si vous ne dénonciez un empire du glaive sanctifié, si l'Amérique ne se découvrait impie et sacrilège sous l'hypocrisie angélique dont nous lui refusons la parure, pourquoi seriez-vous seuls dignes de vous trouver châtiés, seuls dénoncés pour outrage et rébellion, seuls coupables de dire son fait au faux souverain du juste et de l'injuste ? Oui, la France hérétique est seule à montrer la blessure la plus profonde et la plus secrète de l'Amérique impériale. Mais nous disons qu'une guerre d'agression s'appelle une guerre d'agression, qu'une guerre de conquête s'appelle une guerre de conquête, qu'un empire s'appelle un empire. La France de la raison s'obstine à appeler un chat un chat.

Mais savez-vous jusqu'où le bâton de l'hypocrisie prétend vous conduire ? Savez-vous qu'au nom de ce bâton, on ne vous demande pas seulement de vous rallier à l'esprit de conquête de l'empire américain , mais de dire à haute et intelligible voix que l'Attila de la démocratie tient entre ses mains le sceptre de la conscience mondiale? Savez-vous qu'on vous fait la morale du haut de la chaire où le Dieu de l'Amérique vous admoneste et vous prêche ? Savez-vous que César s'autorise à vous éduquer, savez-vous que César fait le catéchète, savez-vous que César a ordonné à la justice de changer son fusil d'épaule, savez-vous que César joue à l'évangélisateur de la terre ? Rappelez à César que c'est à nous de lui donner des leçons de morale et non à en recevoir de lui, parce que notre ciel est celui des principes de la République.

Mes chers compatriotes, cette leçon-là de l'Histoire est inscrite dans nos esprits et dans nos cœurs, cette leçon-là, les siècles l'ont gravée en lettres de sang dans la chair vive de la nation. Que vous demandait Hitler, sinon de reconnaître que sa voix était celle de la justice et du droit? Vous étiez devenus, disait-il, une race d'esclaves, pour le motif que vous refusiez de vous prosterner devant les nouvelles tables de la loi. Ne vous disait-il pas que les bêtes saines et violentes font l'Histoire du monde et qu'elles règnent à bon droit sur une race de serfs? Et maintenant , c'est la fille aînée de la France qui veut devenir le plus grand empire guerrier du monde, c'est l'Amérique qui, par la voix achetée de quelques-uns de vos députés à l'Assemblée nationale, salue le courage des guerriers qui ont " osé ", disent-ils, combattre un dictateur désarmé et qui s'apprêtent à écraser d'autres petits dictateurs sur leur chemin, parce que l'expansion de l'empire a besoin de ce luxe-là.

Françaises, Français, on vous fait valoir qu'il y a maintenant un gâteau à couper en tranches et qu'il faut vous trouver invités au partage des dépouilles du vaincu. Vous connaissez tout cela par cœur, parce que les siècles vous ont appris que la part du lion revient à celui qui fait valoir qu'il s'appelle lion. On veut vous faire mériter les morceaux que le glaive du vainqueur jette à ses esclaves, on veut faire de vous un peuple avide de prébendes. Eh bien, je vous le redis, je sais que votre regard sur les glaives n'est pas celui des esclaves.

7 - L'avenir de l'Europe

Deux chemins s'ouvrent devant vous, celui du glaive et celui de l'esprit. Selon que la France s'abaissera devant les barbares ou qu'elle se tiendra debout, le monde quittera la civilisation du droit ou la retrouvera. Si vous suivez les adorateurs de la force, sachez qu'il n'y aura jamais d'Europe, parce que le Vieux Continent s'est entièrement disloqué sous le coup de boutoir d'une vaine victoire des armes américaines en Irak. Déjà le Danemark, la Hollande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie et tous les pays de l'Est ont promis de se placer sous les ordres de l'Amérique à Bagdad. D'autres États européens s'imaginent encore qu'en cas de difficultés sur le terrain face à une population irakienne révoltée, Washington fera à l'ONU la grâce de lui demander un appui politique subalterne - mais cette vaine façade d'une légalité internationale ne changerait en rien le rapport des forces entre l'Amérique et une Europe asservie.

Il serait donc inutile de tenter de rassembler autour de la France, de l'Allemagne et de la Russie une Europe de brebis apeurées, déjà achetées en sous-main par le Reich washingtonien. Si nous cédions à cette stratégie défensive, nous battrions en retraite sous des banderoles qui ne tromperaient personne et nous n'écririons jamais plus notre propre histoire, parce que tout ce que nous entreprendrions s'inscrirait d'avance dans le sillage de l'empire américain. Il est inutile d'appeler à des retrouvailles avec leur souveraineté perdue des peuples dont le territoire est truffé depuis un demi siècle des places fortes d'une puissance étrangère ; car l'Otan est une coquille dont le vide même démontre l'étendue de la servitude des peuples qui tremblent que leur maître les quitte.

L'avenir de la France est aux côtés de la Russie et d'une Allemagne qui retrouvera un jour le courage de chasser les garnisons inutilement campées sur son sol. C'est une rude épreuve et de longues heures de solitude qui attendent la France du courage : mais il n'y a pas d'autre chemin d'un destin que de donner au monde l'exemple d'un refus du règne exclusif de la force.

8 - Les funérailles et la résurrection de l'Amérique

Gardez confiance. Le triomphe de l'injustice et de l'immoralité n'est jamais durable, et moins que jamais quand la planète entière en est le témoin. Le faux vainqueur d'aujourd'hui ne donne à voir que son propre abaissement dans le vain cliquetis de ses armes. Comme ils sont stériles, les cris de victoire, quand déjà l'oubli les balaie! Le chef de l'État est en première ligne quand votre dignité et celle de la France sont en jeu. Je ne vous trahirai pas, je ne vous humilierai pas, je ne vous abaisserai pas devant la vraie France, celle qui habite vos esprits et vos cœurs .

Gardez aussi votre courage : elles seront brèves, les funérailles de l'Amérique des conquistadors de leur propre folie. Le cortège funèbre qui conduit une démocratie au tombeau annonce déjà sa résurrection dans les retrouvailles de l'esprit de justice. Quand le Nouveau Monde s'évadera de son sépulcre, elle redira que la liberté est l'hostie du monde, son pain de vie et la source vive de l'immortalité des nations.

19 avril 2003