Trois évènements
majeurs survenus cet été pourraient changer le cours de l'Histoire
: un timide réveil de l'Europe, le débarquement de la question
du statut et de l'avenir d'Israël sur la planète de la justice
internationale et une mutation de la philosophie de la santé
qui conduirait à l'extermination systématique des vieillards
démunis - à moins qu'une grâce spéciale ne soit réservée aux
maladies chroniques et relativement peu coûteuses. L'inaccomplissement
et même l'échec provisoire de cette philosophie du coût des
pauvres laisseront une tache indélébile dans l'histoire de l'immoralité
du monde : la civilisation des droits de l'homme ne refermera
jamais cette cicatrice.
I - L'Europe
1
- Ballon
d'essai ou déplacement du front de la bataille ?
2
- La réaction de Moscou
3
- Diagnostic
4
- Comment mettre Israël à l'établi du quotidien ?
5
- L'appel aux psalmodies de l'Europe
6
- La casuistique de Dieu et les loques de la morale
7
- La nouvelle colère d'Achille
8
- L'expédition de Suez de 1957
9
- La démence de Jahvé
10
- Un assassinat télécommandé
11
- Bush senior et la vassalisation institutionnalisée de
l'Europe
12-
Naissance de l'anthropologie critique
13
- Le danger d'une revanche de l'Europe
14
- La bombe atomique et le mythe du Déluge
15
- L'avenir politique et cérébral d'Israël
16
- Les matamores du trépas
17
- Vers une Iliade de la folie
III - Le prix de la vie
18
- L'auto-extermination médicalisée
I
- L'Europe
1
- Ballon d'essai ou
déplacement du front de la bataille?
L'Europe
des servitudes enrubannées aurait-elle pris au cours de l'été
un tournant tellement décisif qu'il serait permis à la civilisation
occidentale en livrée de changer de parure et de tenter de porter
remède à la satellisation inexorable dont elle se veut la victime
depuis 1945 ? Est-il possible d'espérer que les grands couturiers
de la mise sous tutelle militaire du Vieux Monde depuis 1949 révolutionneront
la mode cet automne et rendront soudainement caduque le prêt-à-porter
de leur vassalité ou s'agit-il seulement d'une volonté d'infléchissement
passagère de l'habillage de la valetaille - donc de l'attente
de quelque gâterie ou d'une caresse plus appuyée du maître d'outre-Atlantique?
Le
8 août, MM. Bernard Kouchner et Pierre Lellouche - tout récemment
nommé "Secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes",
c'est-à-dire élevé au grade d'une sorte de Ministre français des
affaires étrangères sous le dais percé du Vieux Monde - signaient
tous deux dans Le Monde un article avantageusement
paré du titre "L'Europe stratégique est née en Géorgie".
On pouvait y lire que les accords signés en grande pompe à Moscou
un an auparavant entre la Russie et la France tranchaient avec
"la longue impuissance européenne" - celle, censée
désormais révolue, qui avait permis à l'Amérique de "remporter
la victoire sur le plan diplomatique à Dayton". Enfin, on
allait se donner l'ambition d'"agir au lieu de subir" sous
les plis d'un drapeau étranger, enfin on allait commencer "d'exister
politiquement et stratégiquement" dans le vent de l'histoire,
enfin on allait brandir les banderoles, oriflammes et fanions
"du grand partenariat européen proposé par le Président de
la République".
Cet affichage flamboyant des blasons et des ambitions de la France
et de l'Europe était-il le résultat logique des échecs cachés
ou tonitruants que la politique d'alignement précédente avait
fait subir à Paris? Oubliées, les fanfaronnades pathétiques de
M. Nicolas Sarkozy du 7 novembre 2007 au Congrès américain? Prenait-on
à toutes jambes un nouveau départ pour avoir retenu les plus rudes,
mais aussi les plus saines leçons des auto-domestications complaisamment
consenties sous le baldaquin d'un protectorat? L'humiliation spectaculaire
de la France à l'occasion du soixantième anniversaire du débarquement
des forces alliées en Normandie le 6 juin 1944 - le Président
de la République y avait subi l'affront de se voir reçu par un
M. Barack Obama condescendant sur un lopin du sol américain fiché
dans l'hexagone, le cimetière de Colleville-sur-mer - cette humiliation,
dis-je, avait-elle fait tardivement comprendre au Quai d'Orsay
que l'offensive israélienne à Gaza au mois de décembre 2008 a
rendu à jamais inacceptable aux yeux du monde arabe tout entier
l'installation future de l'Etat hébreu tant en Europe qu'au sein
de l'union des Etats riverains de la Méditerranée, avait-on tardivement
compris que le schisme sur un point de théologie avec la Chine
- la question des saintes rotations des moulins à prière au Tibet
- était une catastrophe économique et diplomatique et que, pour
Pékin, l'Allemagne devenait le nouveau moteur de l'Europe, avait-on
tardivement compris que la volonté, certes encore impuissante
des Etats-Unis, de mettre un terme à l'expansion territoriale
illimitée d'Israël ridiculisait la politique anti-iranienne de
la France, avait-on tardivement compris que, de toutes façons,
les manœuvres militaires communes de Téhéran et de Moscou achevaient
de verrouiller toute tentative d'intervention guerrière de Tel-Aviv
et de Washington en Iran, avait-on tardivement compris que le
débarquement des hommes d'affaires de la Chine et de la Russie
en Afrique mettait définitivement l'Europe hors jeu sur le continent
noir, avait-on tardivement compris que la question anthropologique
de fond de l'innocuité militaire de la bombe mythologique allait
enfin mûrir dans les têtes de nos théoriciens de la guerre, avait-on
tardivement compris que le cœur du monde se déplaçait irrésistiblement
vers l'Asie, avait-on tardivement compris que le retour de la
France dans l'OTAN a privé le Quai d'Orsay de l'arme du prestige
diplomatique sans lequel un continent, même surpeuplé et richissime,
n'est plus qu'un nain sur la scène internationale,
avait-on tardivement compris que Paris a perdu tout argument politiquement
crédible de mettre, pour condition non négociable à l'entrée de
la Turquie en Europe que l'ex-empire ottoman commence par se retirer
de l'OTAN et retrouve la souveraineté pleine et entière sans laquelle
Ankara ne pourra s'atteler, à nos côtés et sans forfanterie inutile,
à la tâche d'arracher de l'ornière le char d'une Europe embourbée
dans sa vassalité depuis six décennies, avait-on tardivement compris
que l'ombre d'un accord sur la moralisation mondiale des banques
obtenu au G20 à Pittburg au printemps ne serait jamais respecté
par les Etats-Unis et par l'Angleterre , avait-on tardivement
compris que la crise économique n'est pas conjoncturelle, hélas
, avait-on tardivement compris que le capitalisme financier ne
serait soumis à un électrochoc de plusieurs millions de volts
que par une alliance révolutionnaire de Pékin, de Moscou et de
Paris, avait-on tardivement compris que l'empire du Milieu prendrait
tôt ou tard la relève de l'offensive provisoirement manquée contre
le règne planétaire du dollar? Une diplomatie française flottante
et velléitaire sur le fond et agitée sur le devant de la scène
avait-elle changé de câblage ou s'agissait-il seulement d'un accès
occasionnel d'énergie?
2 - La réaction de Moscou 
Pour
l'apprendre, observons à la loupe comment Moscou a interprété
des avances diplomatiques insolites par nature, parce que journalistiques
et rédigées sur un ton mi-vantard, mi-bénédictionnel. Il fallait
beaucoup de bonne volonté pour y lire le signal d'un retournement
subit et décisif de Paris, puisqu'aucune rumeur n'avait filtré
d'une négociation secrète et qu'il aurait été utile de faire discrètement
connaître. Mais peut-être était-il habile de feindre de prendre
un instant à la lettre ces prémices d'une conversion éventuellement
sérieuse, parce que les bonnes surprises diplomatiques sont quelquefois
rendues crédibles précisément par l'allure cardinalice de la sortie
d'un cancre des ténèbres de son ignorance. Puisqu'il avait fallu
tant d'expériences et d'épreuves douloureuses pour enseigner seulement
quelques rudiments d'une véritable politique internationale à
M. Nicolas Sarkozy, son initiation précipitée à la science des
Talleyrand n'était aucunement de l'ordre du surnaturel. Mais les
écailles lui étaient-elles toutes et fort soudainement tombées
des yeux?
Quoi
qu'il en soit de la perplexité ou de la clairvoyance de Moscou,
M. Medvedev remerciait M. Sarkozy le lendemain même et le plus
chaleureusement du monde d'une commémoration journalistique aussi
vaine qu'empressée et qui glorifiait à ce point le succès diplomatique
du 9 août de l'année précédente à Tbilissi et au Kremlin. Mais
comme, dans le même temps, M. Saakachvilii paradait sur les ondes
à Paris et y réaffirmait froidement, aux côtés de journalistes
français complaisants ou complices que Moscou avait été l'agresseur
de la Géorgie en 2008, peut-être M. Medvedev remettait-il gentiment
les pendules à l'heure, et cela avec une pointe d'ironie slave
ou même socratique. Quant à la presse française, elle paraissait
avoir été prise par surprise, tellement elle avait jugé les éloges
russes embarrassants pour le Quai d'Orsay, puisque l' alignement
officiel et clairement affiché de l'Elysée sur Washington s'y
trouvait suspectée avec des sourires de connivence. Mais qu'on
se rassure: MM. Kouchner et Lellouche s'étaient bien gardés de
rappeler, primo, que le Kosovo est devenu la plus gigantesque
base militaire américaine en Europe
Voir
: LETTRE
A LA GENERATION DE LA LIBERTE
- XII
- Jean-François Kahn et le thème de la folie en politique
: Une psychanalyse de la condition humaine est-elle possible?
17 décembre 2007
et que ce forfait diplomatique avait nécessité l'aide empressée
de la France, secundo, que les Etats-Unis entendent toujours
installer leurs boucliers évangéliques en Pologne et en Tchéquie,
tertio, que la question de la pieuse irruption de la Géorgie
et de l'Ukraine dans l'OTAN n'a pas été enterrée par une intervention
journalistique bienvenue, mais plutôt commémorative et demeurée
précautionneuse sur le fond.
3 - Diagnostic 
Faut-il, pour autant, aller jusqu'à conclure des péripéties politiques
de l'été que M. Nicolas Sarkozy persévère à tenter de gagner ses
galons de chef d'Etat avisé en se ruant artificiellement et tête
baissée sur tous les fronts à la fois et qu'il suffit de jouer
au matamore cahotant pour rivaliser sans lunettes avec les bésicles
de Louis XI et de Richelieu? On ne saurait à la fois "choisir
l'Occident" et marcher à grandes enjambées sur les chemins
de l'avenir de la planète; on ne saurait à la fois se blottir
dans les bras d'un protecteur tutoyé et jouer au va-t-en guerre
par à-coups.
Mais
pour peser les évènements de l'été, il faut sortir du salon, s'armer
d'une longue vue et escalader un monticule pour tenter d'observer
les chemins de la fatalité. Si vous ne gravissez pas au moins
la colline Sainte Geneviève, votre regard butera sur les grains
de sable de la petitesse que le régime démocratique dresse sur
le chemin de la grandeur politique et que leur taille microscopique
rend insurmontables. Comme disait M. Michel Rocard, les ruses
et les astuces qu'appelle la conquête du pouvoir politique sur
les sentiers du suffrage populaire sont inappropriées par nature
au pilotage d'un grand Etat, puisqu'elles excluent d'avance la
voie appienne qu'emprunte le génie diplomatique. Les Machiavel
et des Talleyrand connaissent les bottes du tragique carnassier
de l'histoire. Une courtisane aux frous-frous encore séduisants
et un instant froissée de ce que M. Barack Obama ne soit pas tombé
en pâmoison au premier sourire - alors que M. Nicolas Sarkozy
l'avait tout de suite appelé "mon copain" et apostrophé
par son prénom - n'a d'autre chance "d'exister politiquement
et stratégiquement" que d'attendre en se poudrant qu'on veuille
bien céder à ses charmes et que l'Histoire tombe dans ses bras
sans faire de chichis.
Revenons donc à nos moutons de Panurge et observons de plus près
le pâturage tel qu'il se présente aux troupeaux dont ce début
de l'automne guide la transhumance.
II - Israël

4
- Comment mettre Israël à l'établi du quotidien ? 
La
tragédie demeure médiocre et se donne à brouter à ras du pré,
bien qu'Israël ait fait, à son corps défendant, un grand pas,
puisque cet Etat s'est décidé à poser sur la table la pomme de
discorde qu'il est désormais appelé à exposer pour longtemps sur
les planches de l'Histoire de la planète.
Le 4 juin au Caire, M. Barack Obama a eu le toupet de demander
tout subitement au peuple hébreu qu'il mette un terme définitif
à son expansion coloniale, alors qu'il la poursuivait sans obstacles
depuis sa création, en 1947. Cette oraison n'a réussi qu'à rendre
à la fois sceptique et rieur un monde arabe dont la lucidité de
plus en plus alertée juge comique d'adresser un diktat aussi verbifique
à cet Etat. Quelle naïveté de passer sous silence les ambitions
réelles qu'une politique pacificatrice au Moyen Orient est appelée
à satisfaire, à savoir, d'un côté la proclamation d'un Etat palestinien
ayant les pieds sur terre, la tête sur les épaules et Jérusalem
pour capitale et un Etat hébreu de l'autre, qu'on soumettrait
tout de suite à une cure d'amaigrissement sévère sur notre astéroïde
- car seule une rude diététique lui ferait perdre en quelques
semaines seulement la mauvaise graisse accumulée depuis 1967.
Mais au début du mois d'août, il a semblé que M. Barack Obama
se montrait subitement un peu plus sérieux et plus énergique que
ne le prévoyaient les pronostiqueurs. On apprenait que, tout au
long de l'été, Israël avait demandé que le monde arabe tout entier
fît allégeance à sa musculature en échange d'un gel de trois mois
seulement de son expansion territoriale. On apprenait également
que le secrétaire à la défense Robert Gates et le général James
Jones s'étaient rendus à Tel-Aviv et qu'ils y avaient découvert
avec stupeur le complexe de Massada, que Flavius Josèphe (37-95)
décrivait avec tant de pénétration dans son récit du siège de
Jérusalem par Titus en 70 - mais on appelait maintenant ce complexe
la bunkérisation.
5
- L'appel aux psalmodies de l'Europe 
C'est pourquoi M. Barack Obama était allé jusqu'à faire demander
à M. Solana, chef fantomatique d'une Europe des faux-fuyants et
des simulacres - et ancien Secrétaire général de l'OTAN de surcroît,
donc homme-lige de Washington depuis près de deux décennies -
d'annoncer au monde stupéfait et sans seulement en prévenir Tel-Aviv
son intention ahurissante de créer d'un coup de baguette magique
un véritable Etat palestinien et de recourir, à cette fin, à la
décision inouïe de rendre, sous sa houlette, le Conseil de sécurité
résolument jupitérien.
Les Chancelleries du monde entier n'en croyaient pas leurs oreilles:
on allait régler d'une pichenette et sans barguigner la question
des frontières et du retour sur la terre de leurs aïeux de millions
de réfugiés pantelants de la première, chenus de la seconde et
juvéniles de la troisième génération. On sait que l'ONU n'avait
cessé de réprouver les violations du droit public dont un Etat
placé par Jahvé et par lui-même au-dessus des lois divines et
humaines se rendait coupable aux yeux du tribunal de la conscience
universelle; mais on sait également que les Etats-Unis avaient
rendu la science juridique mondiale experte en faux-fuyants et
chausse-trapes à force d'opposer un veto imperturbable à une communauté
de jurisconsultes internationaux tombée en quenouille.
6
- La casuistique de Dieu et les loques de la morale 
Faut-il entendre que la prétention désormais clairement affichée
du Zorro de la démocratie mondiale d'exercer un "leadership"
sinon incontesté, du moins aux loques recousues, irait jusqu'au
basculement sans précédent du droit du plus fort du côté du plus
faible? Mais une mutation aussi subite que définitive de la jurisprudence
éprouvée du lion me semble aussi trompeusement prometteuse que
les évangiles des chrétiens, dont vingt siècles de démentis que
l'Histoire oppose obstinément à leurs saintes annonciations n'ont
pas suffi à réfuter l'héroïque ténacité.
Dans
ce cas, le machiavélisme léonin de M. Barack Obama se trouverait
théorisé sur le modèle jésuitique. On sait que l'ordre des politologues
du ciel a mis à la rude école de l'expérience multiséculaire
de l'histoire et de la politique l'exception sacrée que le casuiste
divin a inaugurée au profit du "peuple élu". Depuis lors,
l'histoire sainte est tissée d'exceptions jésuitiques. Il en résulte
qu'à l'exemple de la chute de l'empire romain ou de la crucifixion
de Jésus-Christ, la shoah se trouve élevée au rang des rétroviseurs
géants de la morale universelle et que ses feux éternels pilotent
l'éthique du monde, mais à la condition que le créateur veille
jour et nuit à en attiser les braises.
Or,
il se trouve que le monde entier tente de réduire la brillance
de ces illuminateurs extrêmes de la justice. Le meilleur moyen
que l'humanité pécheresse ait trouvé pour endormir quelque peu
ces phares de la cendre et du sang des nations est d'en perpétuer
saintement la mémoire, mais sur le modèle accablant imaginé avec
un plein succès par une Eglise retorse, qui a limé les crocs du
mythe du trépas et de la résurrection à l'école même des prières.
Si vous voulez user le sacré jusqu'à la corde, dit-elle, sachez
qu'il vous suffira de le lénifier à la meule des litanies et des
bénédictions. De même, une nation qui s'accoutumera
par une longue et pieuse habitude à ronger et à grignoter jour
après jour l'espace réputé virginal qui s'étend benoîtement devant
elle consumera l'exception de sa martyrologie originelle, tellement
l'ennui que sécrètent les prie-Dieu est le cancer de l'absolu.
7
- La nouvelle colère d'Achille 
L'heure a donc sonné de demander à nos myopes de la politique
de se visser à l'œil le télescope géant qu'on appelle le destin
et de raconter plus en détail à notre globe oculaire effrayé le
second événement titanesque de l'été.
La civilisation mondiale nourrit désormais la nostalgie de déclencher
une guerre de Troie à l'échelle de la planète. On cherche un Homère
de l'atome. Comme il sera impossible d'user de l'insecticide qui
anéantirait les Palestiniens sur le modèle de l'extermination
définitive des Peaux-Rouges d'Amérique , et comme l'éradication
systématique d'un peuple tout entier s'offrirait de surcroît vingt-quatre
heures sur vingt-quatre en spectacle sur les étroites lucarnes
de la mort cinématographique, et comme l'opinion internationale
se dressera en outre contre les gouvernants des démocraties raticides
afin de leur imposer un embryon d' éthique, et comme, pis que
tout cela, les masses arabes ne demeureront pas inertes bien longtemps
face à la métamorphose en vermine de leurs frères proches et lointains,
et comme, pour comble, les communautés juives implantées sur le
territoire de toutes les nations de la terre seront sommées de
choisir entre la défense des guerriers d'Israël et celle des arpents
de leur patrie d'adoption (voir l'article de Maurice Szafran dans
Marianne du 7 août 2009 et la Lettre de
Jean Daniel à Maurice Szafran dans le mêmme hebdomadaire
daté du 15 août) et comme ces apocalypses miniaturisées,
mais en chaîne finiront par réveiller l'encéphale endormi de l'humanisme
mondial et par susciter une anthropologie révolutionnaire (voir
Certus odor dictaturae, à venir), il nous faut
passer sans plus tarder à la lecture du premier livre de cette
Iliade.
Mais avant d'aborder aux rivages de la Troie nouvelle, il est
nécessaire à l'intelligence de cette histoire de raconter au lecteur
les péripéties précédentes du destin du peuple juif, parce que
les nations ne découvrent qu'au dernier instant les murailles
de la cité de Priam qu'il leur faudra escalader. Quelle est la
fureur d'Achille des temps modernes, celle qui précipitera dans
l'Hadès "tant d'âmes héroïques", comme dit le poète ?
8
- L'expédition de Suez de 1957
En
1948, les intérêts mondiaux des deux grands empires coloniaux
que la France et l'Angleterre étaient demeurés convergeaient encore
avec les ambitions territoriales d'Israël.
Aussi
cette nation au berceau s'était-elle étroitement associée à l'expédition
terrestre et navale de Londres et de Paris contre l' Egypte du
Colonel Nasser, qui avait brutalement nationalisé le canal de
Suez, mais avec la discrète bénédiction de Washington. Car les
Etats-Unis de l'époque étaient tout occupés à la mission triomphale
que le nouvel empire s'était donné, celle de se présenter en libérateurs
et en régénérateurs de la planète. En ces temps reculés, la puissante
impulsion messianique dont leur victoire de 1945 les faisait bénéficier
ne s'était pas encore usée sur la meule de l'histoire. Aussi s'agissait-il
de dépouiller le plus précipitamment possible leurs alliés de
taille moyenne de toutes leurs colonies aux socles ébranlés et
de déclarer moyennageuses les formes anciennes de la domination
mondiale que les grands empires exercent depuis cinq millénaires.
En 1949, l'ex-Europe impériale était en outre entrée dans un corset
serré, celui de l'Alliance atlantique: il s'agissait de lutter
à armes égales, disait-on, contre l'expansion immaculée et qui
paraissait irrésistible d'une sotériologie nouvelle, la soviétique.
La difficulté, pour l'empire américain, était de tenir l'Europe
d'une main de fer et de paraître, dans le même temps, la protéger
de l'utopie sanglante de Karl Marx, tout en la dépossédant le
plus évangéliquement possible de toutes ses colonies.
Comment la vocation messianique dont la démocratie planétaire
du salut portait désormais l'oriflamme allait-elle continuer
de jouer au profit exclusif de l' Amérique s'il fallait aller
jusqu'à tirer l'épée contre la France et l'Angleterre sur les
rives du Nil? Le Général Eisenhower, Président du Nouveau Monde
de 1953 à 1961, avait réussi l'exploit diplomatique de juguler
d'une main ses vassaux au sein de l'OTAN et de l'autre de menacer
Londres et Paris de pulvérisation atomique - ce qui exigeait l'accord
de Moscou et même l'appel secret à son aide.
Aussi une France et une Angleterre stupéfaites et terrorisées
avaient-elles capitulé en rase campagne; car, en ces temps reculés,
les élites politiques du monde entier accordaient encore une crédibilité
militaire à l'apocalypse mécanisée.
9 - La démence de Jahvé
Aussitôt, Israël a changé aussi radicalement que promptement
de stratégie afin d'assurer la continuité de son expansion territoriale
sur le nouvel échiquier du monde. Mais pour cela, il fallait oser
se lancer dans un pari absurde en apparence et qu'il semblait
impossible de faire seulement imaginer à des esprits raisonnables,
celui de mobiliser tout subitement les Etats-Unis eux-mêmes contre
leurs propres intérêts à l'échelle de la planète, et d'abord dans
l'Islam tout entier. Comment convertir cet empire à combattre
désormais pour le plein succès d'une recolonisation accélérée
et illimitée des terres du prophète dans tout le Moyen Orient,
et cela au profit, du seul "peuple élu"? Comment rêver
qu'un empire puissant et averti allait tout soudainement et avec
une bonne volonté empressée se livrer à un aussi titanesque renversement
d'alliances à son propre détriment? Comment espérer que l'Amérique
allait se précipiter dans un vide suicidaire au seul bénéfice
d'une épopée des Pizarre de Jahvé qui rendrait celle du vieil
Homère microscopique dans les éprouvettes du destin?
L'audace d'amputer Washington de sa vocation déjà ancienne d'évangélisatrice
démocratique du monde, donc de son rôle de Jérusalem nouvelle
de la Liberté, l'audace de s'opposer les armes à la main aux intérêts
de cette même Egypte de Nasser qu'on venait de libérer de la colonisation
anglaise et française, l'audace de reprendre à son compte le combat
du vieux colonialisme franco-anglais au seul profit de Tel-Aviv,
l'audace d'obtenir du Nouveau Monde qu'il renonce à récolter l'immense
moisson qu'il avait semée au cœur de l'Islam depuis la victoire
du Général Montgomery sur Rommel en 1942, l'audace de permettre
à l'Europe humiliée en 1957 de retourner le monde arabe tout entier
contre ses nouveaux colonisateurs, Washington et Tel-Aviv, l'audace,
enfin, de mobiliser l'Islam non plus contre ses anciens maîtres,
mais au profit du nouveau, n'était-ce pas une grâce de Jahvé dont
aucun de ses prophètes n'avait osé imaginer la démence?
10
- Un assassinat télécommandé 
Et
pourtant, John Fitzgerald Kennedy avait paru réussir un instant
à protéger l'Amérique d'une catastrophe politique inimaginable,
parce que l'Amérique était demeurée une libératrice mythique aux
yeux d'une Europe pourtant désormais vassalisée au nom même des
idéaux de la Démocratie. Mais pour combien de temps Israël parviendrait-il
à cacher aux yeux de son protecteur d'outre-Atlantique qu'il le
dépossédait froidement de la moitié de son empire? Washington
allait-il perdre le monde arabe tout entier pour les beaux yeux
du peuple hébreu?
Mais
à la suite de l'assassinat de ce Président, le 22 novembre 1963,
les Etats-Unis avaient commencé de subir à leur tour de cruels
revers coloniaux en Indochine, parce que leur combat contre un
évangélisme marxiste condamné par définition à tourner au sanglant
les entraînait irrésistiblement à se revêtir, eux aussi, de la
cotte de mailles angélique d'un colonialisme qualifié de démocratique
et dans lequel l'Europe d'autrefois avait excellé. Puis le Président
Lindon Johnson avait achevé cahin caha, mais déjà aux premières
lueurs des désastres futurs, le mandat interrompu par un tueur
au lendemain de la décision de J. F Kennedy du 4 juin 1963 de
signer l'Executive Order n° 11110, par lequel le gouvernement
américain retrouvait audacieusement le pouvoir inscrit dans la
Constitution des Etats-Unis de frapper monnaie, mais imprudence
politique à laquelle Lindon Johnson avait mis fin quelques heures
seulement après l'assassinat du Président et dans l'avion même
qui le ramenait précipitamment à Washington. Puis, son successeur,
Richard Nixon, prenait une revanche tardive sur son échec de 1960
devant notre tête brûlée de défenseur de la souveraineté de la
nation face aux pouvoirs accordés à la FED en 1913 et trouvait
le temps de passer à l'Europe et au monde la camisole de force
du dollar.
Voir:
Aline de Diéguez : Aux
sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale - Le machiavélisme
des hécatonchires de la finance internationale
Peu de temps après cet ultime exploit, il fut destitué et fit
place à une ombre de Président, Gérald Ford.
11 - Bush senior et la vassalisation institutionnalisée
de l'Europe
Mais
l'heure des premiers craquements de l'empire avait sonné : le
Président Jimmy Carter se révéla un doux évangéliste de la politique
internationale et, à ce titre, il a mérité de recevoir le prix
Nobel de la paix en 2002. En 2006 ce malheureux récidivait : dans
un ouvrage qui fut rapidement étouffé par la presse internationale
(Palestine : Peace not Apartheid) il dénonça la
cruauté de l'occupation israélienne en Cisjordanie et la déclara
plus inhumaine que celle de l'apartheid d'autrefois en Afrique
du Sud. Mais, en 1979, il avait commencé de perdre pied en Iran,
parce que les pays pseudo décolonisés à la va-vite au profit de
la domination économique des Etats-Unis entreprise au lendemain
même de la guerre de 1939-1945, ces pays, dis-je, découvraient
avec un grand retard qu'ils se trouvaient seulement colonisés
sur un modèle plus profitable à leur nouveau maître qu'à l'Europe
d'autrefois.
Puis,
en 1973, la défaite humiliante des armes américaines en Indochine
avait paru accabler l'empire pour longtemps. De plus, la domination
de Washington se trouvait peu à peu démasquée à la lumière du
rôle jésuitique qu'Israël lui faisait maintenant jouer sur la
scène internationale tout entière. Mais l'élection d'un acteur
de Hollywood âgé de soixante-douze ans, Donald Reagan, avait introduit
la mimique cinématographique bienveillante dans la politique évangélisatrice
mondiale et remis théâtralement l'empire du salut et de la rédemption
démocratique sur les rails de son ancienne puissance. Et pourtant,
rien n'étouffait plus les grondements sourds qui montaient des
profondeurs de l'Islam : le rêve américain y était frappé d'un
tel vieillissement que le moment semblait venu de mettre un terme
aux ambitions nationales démesurées d'Israël et de tenter de retrouver,
dans un monde arabe en expansion démographique continue, l'influence
que le "peuple élu" avait réussi à lui faire perdre en
quatre décennies.
Mais,
entre temps le désastre diplomatique qui frappait l'Amérique n'était-il
pas devenu irréparable du seul fait que le peuple hébreu avait
réussi à mettre en place le plus gigantesque réseau d'influence
de tous les temps sur le territoire de son principal "allié"?
Jamais on n'avait vu une nation grande et puissante s'aveugler
elle-même au point d'engager toutes ses forces sur la scène internationale
à seule fin d'y ruiner ses propres intérêts sur le long terme.
Aussi, le brillant successeur de Ronald Reagan, Georges Bush Senior,
avait-il tenté de mettre vigoureusement un terme à une expansion
territoriale sans limites d'Israël sur les terres de Muhammad
au Moyen Orient qui enlevait aux Etats-Unis toute chance de conserver
leur suprématie diplomatique sur la planète.
Mais
ce Président avait beau y avoir mis toutes ses forces, il n'avait
pu que découvrir avec une stupeur non feinte qu'un microscopique
Etat étranger avait réussi à corrompre le Congrès américain jusqu'à
l'os: les deux assemblées des élus d'une nation réputée souveraine
avaient aussitôt mis un terme brutal à l'ambition effrontée de
l'occupant de la Maison Blanche de mettre un terme raisonnable
à la colonisation juive de tout le Moyen Orient. Et pourtant ce
Président avait réussi l'exploit inouï de maintenir l'Europe dans
les fers de l'OTAN, alors que la chute du mur de Berlin enlevait
au Nouveau Monde toute légitimité politique et militaire de persévérer
à placer le Vieux Monde sous la protection de ses armes.
Comment ce miracle diplomatique avait-il été rendu possible? L'argumentation
secrète d'Israël auprès de son protecteur avait été fort simple:
"Si vous voulez garder l'Europe sous le joug inutile de l'OTAN
même en période de paix, vous avez grand intérêt à nous soutenir
de toutes vos forces au Moyen Orient, sinon, nous avons les moyens
d'appeler l'Europe vassalisée à tirer les conséquences logiques
de l'effondrement du régime soviétique et à retrouver sa souveraineté."
12-
Naissance de l'anthropologie critique 
Mais
qu'allait-il advenir tôt ou tard si, dans ce titanesque affrontement
entre le patriotisme hébreu et le patriotisme américain, une nation
de trois cent millions d'âmes devenait à jamais l'otage politique
du peuple juif? Et d'abord, la Maison Blanche était-elle seulement
consciente de cette situation ? Rien n'est moins sûr: dans les
démocraties, seule une infime fraction de la classe politique
se trouve informée des arcanes de la politique internationale.
Qui s'étonnait de ce qu'Israël régnât en maître sur les élections
présidentielles américaines, qui trouvait à redire qu'aucun Président
ne pût l'emporter sans l'aval du réseau d'influence d'une minuscule
nation étrangère dans le pays? Le successeur de M. George Bush
Senior, un démocrate du nom de William Clinton, allait vérifier
à la face de la terre entière que la phalange de la classe politique
informée des secrets des relations entre les Etats est trop minoritaire
dans les démocraties pour mobiliser une nation pour la défense
de ses véritables intérêts sur la scène internationale et qu'en
conséquence elle pourra se trouver à la merci des services secrets
d'un pays minuscule, mais énergique et ambitieux de s'étendre.
Pendant
huit ans, William Clinton a fidèlement servi les intérêts du peuple
hébreu. Et pourtant, le spectacle mondial de l'auto-vassalisation
du Département d'Etat lui-même était devenu tellement saisissant
que l'explosion d'une fureur larvée avait mûri dans les profondeurs
de l'Islam, et cela au point que huit mois seulement après l'entrée
en fonction, en 2001, du fils même du premier Président des Etats-Unis
qui eut été rejeté par la volonté d'Israël aux yeux des cinq continents,
un attentat aussi titanesque que riche en bizarreries mystérieuses
dans son exécution avait provoqué l'effondrement du centre mondial
du commerce à New-York et entraîné plus de deux mille personnes
dans la mort.
G.W.
Bush junior allait-il tenter de venger son père ou bien Israël
réussirait-il, au contraire, à consolider plus définitivement
que jamais son emprise sur le Nouveau Monde, et cela par une démonstration
nouvelle et extraordinaire de sa supériorité cérébrale sur tous
les autres peuples de la terre? Quel était le cubage crânien moyen
de l'humanité blanche pour qu'il fût possible de lui faire croire
au débarquement d'un nouveau Lucifer sur la terre, qu'on appellerait
le Terrorisme mondial et qu'on combattrait par un contrôle
serré des voyageurs dans tous les aéroports du monde? Pour la
première fois, une science planétaire de l'inconscient para-religieux
de l'humanité et de l'aveuglement politique universel qui peut
en résulter débarquait dans la pesée anthropologique des plus
grands Etats eux-mêmes. Il n'en a pas moins fallu huit longues
années pour que le pays de Descartes introduisît un décryptage
rudimentaire du sacré dans la science diplomatique française.
Que faut-il penser de la méthodologie de cette discipline nouvelle
que M. Kouchner a annoncée dans le Monde au début
du mois d'août et qui ne visait qu'à informer les diplomates du
Quai d'Orsay de la distinction qu'il convenait d'établir, par
exemple, entre les sunnites et les chiites, alors que la question
des limites de la lucidité anthropologique des dirigeants du monde
moderne ressortissait désormais à une pesée entièrement nouvelle
de leur boîte osseuse? Comment se faisait-il, par exemple, qu'à
la fin de son second mandat, G. W. Bush, qui passait pour un simple
d'esprit, avait commencé de manifester quelques velléités de reprendre
le combat de son père contre l'expansion sans limites d'Israël
en Judée et en Samarie ? Qui lui avait-il conseillé d'aller jusqu'à
courir le risque de rassembler toutes les nations du monde à Annapolis
pour tenter de ramener Israël à la raison? Il y fallait une pesée
entièrement nouvelle de l'encéphale simiohumain.
13
- Le danger d'une revanche de l'Europe 
C'est que la classe politique de haut rang s'éveillait lentement
aux Etats-Unis ; et elle commençait, sinon de comprendre, du moins
de se douter que Tel-Aviv conduisait tout droit l'empire du dollar
à la ruine. Car, à ce compte, la moitié islamique de la planète
était sur le point de basculer derechef du côté d'une Europe aux
yeux de plus en plus dessillés, elle aussi, et qui piétinait d'impatience
de prendre un jour prochain sa revanche sur le désastre qu'elle
avait subi à Suez un demi-siècle plus tôt. C'est à la faveur de
cette fermentation secrète du cerveau occidental qu'en novembre
2008, un sang-mêlé de musulman noir et de chrétien blanc avait
réussi à se faire élire à la Maison Blanche. Mais, pour cela,
il lui avait fallu ruser avec le réseau d'influence juive le plus
puissant de la planète: tout au long de sa campagne, il n'avait
pas cessé de fournir à Israël les gages les plus trompeurs de
son engagement prétendument inconditionnel à ses côtés, et cela
jusqu'à proclamer, à la stupéfaction du monde entier et de l'ONU,
que Jérusalem deviendrait la capitale du seul peuple hébreu et
que celui-ci serait proclamé juif à titre psychogénétique, puisque
le critère religieux avait cessé de cerner l'identité juive et
de définir cette nation en tant que telle.
La
question de fond allait-elle refaire surface, celle de savoir
si la pseudo décolonisation de la planète conduite sous la houlette
et la férule des Etats-Unis et d'eux seuls à partir de 1945 et
au détriment d'une France et d'une Angleterre vieillies sous le
harnais, si la question de fond, dis-je, allait se trouver écartée
à son tour au profit, cette fois-ci, de la résurrection de l'Israël
biblique sur la scène internationale - c'est-à-dire d'un Etat
qui comprendrait le Sinaï, la Cisjordanie, la Jordanie, le Liban,
la majeure partie de la Syrie moderne, de l'Irak et de la Turquie?
A
peine élu, M. Barack Obama abattait ses cartes; mais sa trahison
spectaculaire, dès le 4 juin 2009 au Caire, des intérêts d' Israël
au profit des retrouvailles de la Maison Blanche avec sa vocation
naturelle de défendre au premier chef les intérêts de la nation
américaine sur la scène du monde, cette trahison n'allait-elle
pas rencontrer des obstacles inconnus ? Etait-il trop tard pour
renverser le cours de l'histoire? Déjà les murailles de la cité
de Priam s'éclairaient des désastres nouveaux dont la Démocratie
mondiale allait se trouver fatalement frappée.
Car
la Russie était en plein essor, le dollar était devenu l'otage
de Pékin, l'Amérique du Sud s'éveillait, les peuples arabes sortaient
de leur long assoupissement et commençaient de rugir à l'ombre
d'un Coran en voie de rajeunissement tandis que la bombe d'Hiroshima
était devenue tellement fantasmagorique qu'elle avait perdu toute
crédibilité militaire non seulement aux yeux des stratèges avertis
du monde entier, mais surtout des nouveaux anthropologues, dont
la pesée révolutionnaire du cerveau du singe vocalisé faisait
des pas de géant. Certes, l'apocalypse imaginaire avait crû comme
un champignon dans les cerveaux; et cette truffe cérébrale avait
passé dans les mains d'Israël, de l'Inde, de la Chine et du Pakistan,
mais aussi vainement que les colifichets théologiques d'autrefois.
Aussi Israël en était-il réduit à gronder sur ses arpents et à
se ruer en aveugle sur le Liban ou sur Gaza. Mais comment feindre
longtemps encore de se trouver menacé par la foudre du voisin
si l'apocalypse mécanisée se révélait aussi mythologique le Déluge?
14
- La bombe atomique et le mythe du Déluge
En
vérité, la méthode historique classique abordait pour la première
fois un virage proprement cérébral et décisif au cœur de la géopolitique:
on allait savoir si les demi-évadés du règne animal sont suicidaires
de naissance ou s'ils s'exercent seulement à se faire peur à l'école
de leur créateur, un génocidaire aussi maladroit qu'eux-mêmes
et qu'ils s'étaient fabriqué sur le modèle de leur propre démence.
Dans ce cas, sitôt qu'ils se verront en possession de la même
arme de l'auto-extermination ratée dont leur Créateur s'était
affublé dans leur pauvre tête, ils réussiraient, eux aussi, à
achever leur aventure sur la terre par une noyade générale à laquelle
ils avaient pourtant eu l'habileté d'échapper trois mille ans
auparavant: n' avaient-ils pas réussi in extremis à se faire construire
une arche gigantesque dans laquelle un armateur solitaire, un
certain Noé, avait fait monter à ses côtés un spécimen de toutes
les espèces animales?
La question posée par ce constructeur inspiré était facile à résoudre
à l'école du plus simple bon sens ; mais le bon sens que Descartes
avait prématurément qualifié de "vertu la mieux partagée"
quatre siècles auparavant n'avait pas progressé d'une coudée:
la bombe rendue inutilisable entre temps en raison de son grossissement
extrême conférait encore aux Etats un prestige aussi grand que
celui de l'excommunication majeure dont disposait l'idole et qu'elle
avait mise entre les mains des papes enténébrés du Moyen Age.
Aussi Israël n'avait-il plus besoin de consacrer toutes ses forces
et son génie à seulement corrompre la classe dirigeante des Etats-Unis
et du monde entier: il lui suffisait maintenant de monter sur
ses grands chevaux et de s'égosiller jour et nuit qu'il ferait
sauter la planète et lui-même si l'on s'entêtait à lui chercher
des poux dans la tête. Du coup, notre astéroïde courait paradoxalement
un danger entièrement inconnu des générations précédentes. Car
il s'agissait non seulement de légitimer le retour du "peuple
élu" sur la terre de ses aïeux après un exil de près de deux
millénaires, mais de surcroît et dans la foulée, de légaliser
la volonté féroce et illimitée d'Israël de retrouver ses frontières
des temps bibliques sans jamais monter, et pour cause, sur les
ergots des droits de l'homme et des principes universels de la
Démocratie, mais au seul nom de la Shoah.
C'est ainsi qu'une géopolitique demeurée embryonnaire rencontrait
les difficultés anthropologiques insurmontables que j'ai évoquées
plus haut; car si la démocratie mondiale perdait rien de moins
que son fondement éthique et intellectuel sur les cinq continents,
on comprenait mieux que le créateur obtus de notre pauvre espèce
eût légitimé son maladroit génocide au seul nom de la pomme du
péché originel qu'il avait fait consommer à sa créature. Mais
pourquoi le genre simiohumain rêve-t-il si fort de se livrer à
son propre génocide qu'il en confie l'exécution à un créateur
sanglant du cosmos ? Toute nation serait-elle un fauve en liberté
et qui ne fermerait sa mâchoire que si on l'a bien enchaîné? Dans
ce cas, comment contraindre Israël de se tenir tranquille dans
le jardinet qui lui avait été gentiment aménagé en 1947, alors
que les dents de ce lionceau avaient inévitablement poussé depuis
soixante ans?
Fallait-il
donc que l'Europe de l'intelligence s'humiliât au point de se
démontrer à elle-même la pauvreté cérébrale de sa prétendue science
du genre humain, donc une ignorance de soi-même demeurée effarante?
Mais si les secrets anthropologiques de la politologie des démocraties
demeuraient impénétrables depuis Périclès, fallait-il accepter
la prolifération aveugle de l'arme de la sottise? Dans ce cas,
comment les sunnites ne se sentiraient-ils pas tout déconfits
de ce que l'arme de leur génocidaire biblique pût se trouver maintenant
entre les mains des chiites et d'eux seuls, alors que la querelle
sur les titres des cosmologies infernales des uns et des autres
était demeurée plus ardente, mais également plus dépitée au sein
de l'islam du XXIè siècle qu'au sein de la théologie pourtant
bien plus sauvage qui avait divisé les chrétiens non point seulement
entre les rôtissoires des catholiques et les crématoires souterrains
des protestants au XVIe siècle, mais entre, d'un côté, les défenseurs
de la présence effective de la viande, des os et des viscères
du fils de leur divinité sur leurs offertoires où son cadavre
pourrissant répandait ses célestes senteurs, et de l'autre les
défenseurs de sa présence seulement figurée, mais non moins éloquente
sur l'étal du boucher suprême dont ils se disputaient les prébendes
et les parfums?
15 - L'avenir politique et cérébral d'Israël

Je
m'excuse de ce que le regard de l'anthropologie historique sur
les sacrifices simiohumains nous montre que la flotte de Ménélas
cingle toutes voiles dehors vers la cité de Priam. Mais il faut
s'y résigner : le paysage change non seulement d'apparence, mais
de nature. De plus en plus, la nouvelle Iliade est
celle du véritable contenu de la boîte osseuse dont l'humanité
s'est progressivement dotée. Une conflagration stellaire guette
les fuyards assoupis du monde animal : s'ils mettent brutalement
fin à l'aventure d'Israël, cet aveu de la titanesque ignorance
qui frappe leur politologie internationale ridiculise la forfanterie
scientifique de toute l'humanité du XXIè siècle. Dans ce cas,
qu'adviendrait-il des générations de juifs qui retourneront piteusement
à leur exil éternel après une brève et vaine équipée sur leurs
terres tragiquement retrouvées, mais seulement le temps d'un demi
siècle des rodomontades de Jahvé? Leur fureur n'en deviendrait-elle
pas inextinguible? Ne se vengeraient-ils pas de génération en
génération sur les peuples de leurs pays d'adoption? Ne valait-il
pas mieux les laisser s'user les dents sur quelques kilomètres
carrés que de les rendre étrangers à l'humanité après une ultime
et cruelle interruption de leur exode? Mais comment la civilisation
mondiale en viendrait-elle, en contrepartie, à légitimer l'autre
exode, celui de millions de croyants chassés de leurs terres et
de leurs maisons en 1947par une assemblée de cerveaux gros comme
des noisettes?
16
- Les matamores du trépas 
Dirons-nous, que M. Barack Obama voit plus loin que tout le monde
à prendre le problème par le petit bout de la lorgnette d'un côté
et à brandir tout de suite la foudre d'un Conseil de sécurité
jupitérien, de l'autre? Nenni : de toutes façons, il sera aussi
vain de tirer avec patience le fil de la pelote que d'escalader
d'un bond l'Olympe d'une justice désacralisée; car l'aporie qui
frappera la politique mondiale se révélera insoluble à la double
école des cieux et du tic tac des horloges. Certes, si l'on parvenait
à focaliser l'attention de la planète entière sur l'expansion
territoriale tenace d'Israël depuis six décennies, on imposerait
un bref coup d'arrêt à la gesticulation internationale qui permet
à cet Etat de se feindre menacé par son voisin sous prétexte qu'il
va s'armer, lui aussi, du feu mythologique des modernes. Mais
tout le monde a compris que deux singes tout tremblants et dont
chacun cachera en claquant des dents une apocalypse tartuffique
sous sa toison se trouveront empêchés par leur instinct naturel
de conservation de jamais s'auto-exterminer sottement et d'un
seul cœur. La forfanterie de Dieu lui-même n'a eu qu'un temps,
puisque le pauvre a piteusement échoué à se débarrasser une fois
pour toutes d'une créature dont les forfanteries commençaient
de lui courir sur les nerfs.
Mais les épouvantes les plus irraisonnées sont aussi les plus
enracinées dans le capital psychogénétique des semi évadés de
la zoologie: depuis plus de deux mille ans, notre démiurge a beau
nous faire cuire à petit feu ou à grand feu dans ses rôtissoires
infernales, nous ne sommes pas près de nous trouver cuits à point.
C'est dire qu' Israël nous menacera encore quelque temps de faire
sauter la planète et lui-même s'il se trouvait acculé à se donner
des frontières définitives. Aussi le cadenassage sacrilège de
la "nation de Dieu" sur un territoire pour l'instant ridiculement
délimité à ses yeux sera-t-il retardé tant que la croyance en
la pulvérisation des cinq continents par le feu nucléaire iranien
n'aura pas été dissoute par un accroissement imperceptible de
notre cubage cérébral.
17
- Vers une Iliade de la folie
L'affrontement
entre Israël et un monde qui mettra longtemps à retrouver ses
esprits a donc commencé par la mise à l'épreuve des épouvantails
imaginaires du sacré qui, depuis des millénaires, peuplent la
boîte osseuse d'un singe oscillant entre ses chromosomes tour
à tour apeurés et guerriers. Déjà la lutte interne contre le Zeus
de papier de la Maison Blanche s'organise. Le groupe de pression
militaro-industriel y poursuit les mêmes ambitions vocalisées
que le peuple hébreu.
Déjà,
M. Barack Obama déclare, à l'école de son
prédécesseur, qu'il s'agit d'empêcher un second
Ben Laden de jaillir des entrailles de l'Afghanistan et de venir
tuer des Américains à New-York; déjà
l'armée du Nouveau Monde veille, l'arme au poing, à
interdire à ce diable de sortir de sa boîte et de
voler à tire-d'ailes vers sa proie; déjà
Israël a réussi à serrer le bandeau de la cécité
et de la sottise autour de la tête du monde entier; déjà
le même refus de toute auto-analyse de la planète
des singes vocalisés que le 11 septembre 2001 ou au moment
du déclenchement de la guerre en Irak vient confirmer que
seule une connaissance plus profonde de notre espèce peut
faire entrer la géopolitique dans une ère nouvelle.
Car
M. Barack Obama aura beau s'appliquer à pacifier ses relations
avec la Russie, tenter de s'étendre en Afrique où Pékin et Moscou
ont pris pied, s'efforcer de reconquérir l'Amérique du Sud, réussir
à marginaliser Paris et Berlin et même s'entendre avec la Corée
du Nord, l'expansion de l'empire américain demeurera aussi irrépressible
qu'aveugle, donc vouée à un naufrage certain, parce qu'elle demeurera
privée de pesée du cerveau de notre espèce.
III
- Le prix de la vie 
18 - L'auto-extermination médicalisée 
Le troisième évènement de l'été est le débarquement d'un projet
de massacre massif des pauvres et des vieillards dans les hôpitaux
publics. J'ai déjà dit que ce projet avortera provisoirement,
mais qu'il est symptomatique qu'il ait été mis au point et proposé
sans broncher par le guide moral d'une civilisation mondiale fondée
sur l'éthique des démocraties : ce seul fait est un évènement
plus réel et plus criant que si la bombe de l'Iran avait été lancée
par un verdict implacable du capital psychogénétique d'une espèce
suicidaire.
Certes,
M. Barack Obama essaie de faire diversion sur la scène
internationale: il est devenu classique, depuis Périclès, de s'armer
du levier politique d'un soutien massif aux pauvres et aux malheureux.
Mais c'est oublier que le capitalisme a perdu l'embryon de l'éthique
dont il s'armait encore au XIXè siècle et que la ruine de l'utopie
marxiste le livre inexorablement à une jungle indéfendable à la
longue : le "leadership moral" des Etats-Unis ne survivra
ni à la guerre d'Irak, ni à l'asphyxie d'un monde désormais condamné
soit à se redonner une religion, ce que le progrès des sciences
humaines a rendu impossible depuis Freud, soit à retourner peu
à peu à l'état sauvage.
C'est
pourquoi l' ambition pseudo socialisante de M. Barack Obama illustre
le programme de Thomas More qui, dans son Ile d'Utopie
de 1518 avait imaginé de recourir à la sainte euthanasie des personnes
devenues coûteuses dans les hôpitaux publics de l'époque. Mais
il s'imagine, à l'instar du pieux ami d'Erasme, que les bons citoyens
accepteront aussi dévotement que patriotiquement de périr faute
de soins. En cas de récalcitrance hérétique de leur part à se
précipiter tête baissée et d'un cœur léger dans l'Hadès, on les
jetterait sans remords à la fosse commune et cela sans même
qu'elles eussent reçu l'extrême onction, bien que ce hochet de
l'éternité fût fort prisé à l'époque.
Il est d'autant plus éloquent que Thomas More ait été canonisé
par l'Eglise romaine pour cause d'insoumission de ce citoyens
au roi d'Angleterre, lequel, de son côté, désobéissait au Saint
Siège sur les règles du mariage. Certes, la question ne portait
pas sur une broutille: il s'agissait de savoir si l'on pouvait
recevoir la sainte bénédiction de l'Eglise des mains mêmes du
Saint Père pour avoir assassiné sa femme aux fins d'épouser sa
maîtresse. Mais il n'est pas moins éloquent que L'île d'Utopie
n'ait pas été mis à l'index. Pourquoi criminaliser l'avortement,
mais non l'euthanasie en masse des personnes âgées et malades
? Pourquoi le Saint Siège ne frappe-t-il pas M. Barack Obama des
foudres de l'excommunication majeure pour crime contre l'humanité?
Réponse: la théologie romaine de la guerre sacralise le
devoir des médecins de sacrifier la vie de la mère au profit de
celle de l'enfant dans les accouchements où ce cruel dilemme s'impose
aux accoucheurs. C'est qu'aux yeux du Saint Siège d'aujourd'hui
qui se veut l'héritier politico-religieux de l'empire des Césars,
un mâle a des chances de devenir un guerrier valeureux. Son efficacité
à venir pour la sauvegarde de sa patrie rejoint l'apologie juridique
américaine de la valeur des patriotes aux yeux de l'évangélisme
politique américain.
La
logique de Thomas More est à nos portes : M. Obama veut protéger
quarante sept millions d'Américains de mourir sans soins. Mais
alors, comment ne pas s'interroger sur le coût de la vie humaine
? Décidément, le "connais-toi" socratique a encore un avenir sous
le soleil : il va redevenir dangereux de penser.
Car on aurait grand tort de croire à la nouveauté de l'initiative
de M. Obama : il s'inspire directement du National Institut
fort Health and Clinical Excellence mis en place par le gouvernement
Blair en 1999, qui interdit les traitements onéreux aux personnes
dont l'espérance de vie ne semble pas sérieuse. Cette législation
vieille d'une décennie répondait déjà aux vues du Comité d'experts
nommé par la Maison Blanche et qui échappait au contrôle du Congrès.
Son programme sera de "faire plier la courbe des dépenses"
sur le modèle rédigé par Hitler, qui avait fait dépister la tuberculose
dans toute la population et qui ne pouvait dépenser de surcroît
des millions de marks en pure perte. Il avait donc demandé à son
Ministre de la santé de faire des économies dans les hôpitaux.
Mais comment détruire des "vies sans valeur": "Le Reichsleiter
Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont chargés d'étendre
les attributions et les responsabilités de quelques médecins expressément
désignés à cette fin. Ceux-ci pourront accorder une mort miséricordieuse
aux malades qui auront été jugés incurables selon le plus sûr
jugement médical et humain concernant leur état de santé."
La Commission d'euthanasie américaine qui déciderait à son tour
et non moins secrètement - donc sans contrôle du Congrès - de
la condamnation à mort des vieillards pauvres et coûteux rédigera
les règles élémentaires qui présideront au choix rationnel de
la marchandise de l'Hadès aux yeux du patriotisme des fils de
Calvin. On n'immolera pas des citoyens dont les services rendus
autrefois à leur pays se révèleront d'un grand profit posthume.
Je propose d'ores et déjà d'épargner les poètes, les peintres,
les musiciens, les sculpteurs, les écrivains, les mathématiciens,
même faméliques, parce que leur exécution ne ferait que perpétuer
leur trace - la postérité a une mémoire d'éléphant. Quant aux
philosophes, ceux qui auront demandé aux Athéniens le privilège
de boire la ciguë de la sottise publique de leur temps, on leur
épargnera la corvée inutile de demander à leurs concitoyens de
passer leurs derniers jours au Prytanée, comme cet effronté de
Socrate, qu'on appelait la Torpille parce qu'il ruinait la démocratie
de l'époque à prétendre que le vrai savoir, même solitaire, serait
plus légitime que l'ignorance de tout le monde et qui avait fait
valoir qu'il méritait bien de finir ses jours aux frais de l'Etat
pour lui avoir révélé une vérité si utile. Mais il est également
éloquent que le programme radical de M. Barack Obama survienne
en pleine période de crise financière, c'est-à-dire à une époque
où les malades sacrifiés sur l'autel du trésor public se rendent
pourtant rentables à leur manière: ne font-ils pas travailler
des armées de médecins et d'infirmières?
Quels
seront les nouveaux sacrifices au Moloch? Trois boomerangs nous
attendent : primo, celui d'une inflation effrénée, parce
que consécutive à la création d'une monnaie de plus en plus fictive,
secundo, celui d'une rébellion internationale contre l'hégémonie
du dollar - la Chine tentera d'en prendre la tête - tertio, celui
de l'épuisement du trésor de guerre indispensable à l'entretien
centauresque de plus de mille garnisons rendues inutiles sur les
cinq continents pour cause d'évaporation de l'ennemi - voyez comme
l'empire pleure à chaudes larmes de ne voir aucune armée à sa
mesure pointer son nez à l'horizon de ses songes.
Tel est le décor de la tragédie qui se prépare à l'échelle de
la planète des rituels de la mort. La flotte de Ménélas a hissé
les voiles. Que le peuple gagne les gradins, que les dignitaires
s'installent sur l'estrade réservée à leur grandeur, que la représentation
commence. Puisse
Ulysse s'introduire dans le cheval de Troie de la connaissance.
J'oubliais un détail : pour la première fois depuis la chute de
l'empire romain, l'Europe se trouvera assise et inerte au balcon
de l'Histoire.
le
24 août 2009