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Section Contre la guerre américaine
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Les droits de la morale et les droits de la politique face à l'ambition d'un empire
Discours fictif et à huis clos du Président de la République à l'Académie des sciences morales et politiques

Introduction à la connaissance anthropologique de l'histoire

Cent quarante ans après la célèbre Introduction à l'étude de la médecine expérimentale de Claude Bernard, qu'en est-il d'une Introduction à la connaissance anthropologique de l'histoire ?
Une telle révolution n'est possible qu'à la lumière d'une science du cerveau religieux de l'espèce. Pourquoi l'encéphale humain est-il divisé entre un monde réel et un monde imaginaire ?
L'analyse anthropologique du cerveau bipolaire de G.W. Bush et de l'Amérique messianique nous conduit à la source d'une spectrographie des idoles sur laquelle la science politique de demain sera constructible.


1 - L'origine, la nature et la vocation de l'Académie des sciences morales et politiques
2 - Le lobby de Lockheed Martin
3 - La vocation éthique de l'Académie
4 - " L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu " La Rochefoucault
5 - Le nouveau cogito de la science politique
6 - Notre Moyen Âge
7 - L'ignorance n'est pas innocente
8 - L'alliance de Socrate et de Descartes
9 - La généalogie de l'intelligence et la science politique
10 - Le miroir
11 - Les avatars de la raison hémiplégique
12 - L'histoire expérimentale
13 - L'exemple de l'Édit de Nantes
14 - La spectrographie anthropologique de l'eucharistie
15 - Les archives anglaises de 1972
16 - Le statut sacrilège de la science politique moderne

1 - L'origine, la nature et la vocation de l'Académie des sciences morales et politiques

Mesdames et Messieurs,

L'Académie des sciences morales et politiques a toujours incarné une sorte de gouvernement de l'éthique et de la pensée. Sa place, au cœur de nos institutions culturelles, a varié au gré des tensions et des apaisements dont l'intelligence et la raison de la France ont été le théâtre au cours des siècles. Vous êtes nés sous la Convention, en 1795. Huit ans plus tard, Napoléon faisait fermer vos portes, parce que vous étiez des défenseurs de la pensée critique et de la légalité politique. Ni Louis XVIII, ni Charles X ne vous ont redonné la parole. Louis-Philippe vous l'a redonnée dans la foulée de la révolution de 1830. Depuis lors, vous êtes des veilleurs, des vigies et des sentinelles sur le qui-vive.

2 - Le lobby de Lockheed Martin

Vous avez appris que des gouvernements européens appartenant à l'Union, donc signataires du Traité de Rome et liés par ses clauses, reconnaissent qu'ils s'engageront aux côtés d'une puissance étrangère, l'Amérique, bien décidée à déclarer la guerre à un pays qu'ils ambitionnent de déposséder de ses richesses pétrolières. Ces États européens reconnaissent qu'ils ont été soudoyés par un puissant lobby américain fondé dans la semaine du 11 novembre au 17 novembre 2002 , le Committe of Liberation of Iraq , présidé par Bruce K. Jackson, Vice Président de Lockheed Martin , groupe industriel spécialisé dans l'armement, dont le chiffre d'affaire annuel approche les 40 milliards de dollars et qui vient d'obtenir de la Pologne l'achat de quarante huit F 16 américains (1).

Ces événements font entrer votre Académie dans un âge entièrement nouveau de la réflexion de la civilisation européenne sur les relations que la morale entretient avec la politique au cœur du droit international. Il s'agit de savoir si un pouvoir démocratique élu par le peuple souverain est légitimé à céder aux pressions d'un lobby industriel étranger ou si un État fondé sur le suffrage universel doit obligatoirement valider sa politique à partir d'une réflexion qui lui soit propre et qui ne saurait obéir aux méthodes d'une entreprise commerciale spécialisée dans l'art d'aguicher une clientèle. Une guerre peut-elle faire l'objet d'un contrat de vente à une nation ou est-elle inconstitutionnelle par définition?

3 - La vocation éthique de l'Académie

Quand des gouvernements imposent à leurs électeurs l'achat d'un génocide coûteux pour avoir cédé, de manière occulte, aux pressions des démarcheurs spécialisés dans le placement d'un produit politique, vous redevenez plus que jamais non seulement les défenseurs de la prééminence de la morale sur la politique, parce qu'il n'y a pas de politique sans morale, mais des peseurs de la notion même de civilisation. Depuis Socrate, l'Europe de la pensée est fondée sur la pratique du doute méthodique, donc sur une mise en examen non seulement des arguments, mais des hommes qui les profèrent, ce qui exige un examen critique du fonctionnement des cerveaux eux-mêmes. La France cartésienne a repris et enseigné de génération en génération dans les écoles de la République la tradition philosophique qui place l'ironie, c'est-à-dire la critique acérée sous le sourire, au fondement de l'éducation nationale, afin que la raison elle-même se soumette à la rude école de l'introspection réflexive.

Notre civilisation est désormais gravement menacée, non seulement par le relâchement de la rigueur intellectuelle, mais par la suppression pure et simple de la pensée argumentée. Sachez que le groupe de pression de Loockheed Martin n'a nullement caché sa nature et sa fonction sous des artifices. C'est le plus naturellement du monde qu'il s'est présenté comme un lobby à l'Italie, à l'Espagne, au Portugal, à l'Angleterre et au Danemark, ainsi qu'aux futurs membres de l'U. E. , la Pologne, la Hongrie et la République tchèque . C'est à ce titre qu'il s'autolégitime sans difficulté dans une civilisation régie par des règles commerciales. L'énoncé de son objectif par ce type d'entreprise est censé légitimer sa démarche, à la manière dont la carte de visite des représentants d'une profession honorable les habilite à offrir leurs services: une section européenne de ce comité vient d'être créée (2). Sa finalité avouée est de vendre la guerre à des gouvernements européens censés avoir résolu le problème de la constitutionnalité de ce type de politique ou ne s'être jamais posé une question apparemment saugrenue aux yeux du Nouveau Monde.

(2)Membres européens du Committe for the Liberation of Iraq dont les dirigeants pour l'Europe sont Gary J. Schmitt et Randy Scheuneman, issus des milieux du renseignement américain:
Adam Michnik
, rédacteur de Gazeta Wyborcza, Pologne; Carl Bildt, Premier Ministre, 1991-1994, Suède; Gustavo De Aristegui , San Roman, Membre du Parlement espagnol; Asla Aydintasbas, Turquie; Bronislaw Geremek, historien, Ministre des Affaires étrangères, 1997-2000, Pologne [fait également partie d'un groupe de travail de 12 membres qui, à l'initiative de Romano Prodi, et sous la direction de Dominique Strauss-Kahn, est censé réfléchir au " modèle européen "]; Misha Glenny, Auteur, Royaume Uni; Christopher Hitchens, Auteur, Royaume Uni; Toomas Hendrik Ilves, Ministre des Affaires étrangères, 1999-2002, Estonie; Omar Karsou, Démocratie en Palestine; Ivan Krastev, Bulgarie; Vytautas Landsbergis, Président, 1990-1993, Lithuanie; Nadezhda Mihaylova, Ministre des Affaires étrangères, 1997-2001, Bulgarie; Klaus Naumann, General, ret., Bundeswehr, Allemagne ; Baroness Nicholson of Winterbourne, Membre du Parlement européen; Martin M. Simecka, Slovaquie; Petar Stoyanov, President, 1997-2002, Bulgarie; Alexandr Vondra, République Tchèque
.

4 - " L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu " La Rochefoucault

Qu'adviendrait-il de la vocation intellectuelle de votre Académie dans une civilisation interdite de réflexion sur la légalité de l'action publique commercialisée, donc sur la moralité du pouvoir politique dont vous êtes les témoins depuis deux siècles ? Mais si, depuis Créon, la morale passe avant la politique, combien cela ne devient-il pas plus tragiquement vrai quand la politique n'est plus la politique, mais le jouet d'une industrie financée par une puissance étrangère et quand un tel abaissement de la démocratie est déclaré engager des nations ? Autrefois, le vice n'avait-il pas besoin de se masquer sous un blason trompeur? Ne disait-on pas que l'hypocrisie était un hommage que le vice rendait à la vertu, tellement elle n'osait s'afficher sous ses propres traits?

Votre assemblée est la gardienne de l'esprit civilisateur commun à la France et à l'Europe. Cet esprit, il y a bien longtemps que nous l'appelons l'honnêteté de la pensée. Quand un industriel américain de l'armement démontre que les méthodes de vente en usage dans le Nouveau Monde font recette dans les Chancelleries de la vieille Europe, le silence de votre Académie ne doit pas être interprété sur les cinq continents comme un signe de complicité du fleuron de nos institutions culturelles : l'Institut.

Vous voyez, à ce rude discours, que ce ne sont pas les notes d'une musique douce que votre assemblée si justement sévère entend sur la scène internationale où la politique et la justice incarnent un personnage qui s'appelle l'Histoire. Nous sommes sortis du port pour affronter la tempête. Vous serez placés au cœur de l'ouragan pour une noble raison : vous êtes les définisseurs en haute mer de la notion de civilisation, vous êtes les guides de l'Histoire intelligente et raisonnée de la France. C'est dans cet esprit que je vous convie en tout premier lieu à une réflexion sur les rapports que la politique et son éthique entretiennent avec la connaissance socratique de l'homme.

5 - Le nouveau cogito de la science politique

Vous savez que le 11 septembre 2001 a bouleversé la définition même de la politique, donc les repères de l'action publique auxquels se référaient les gouvernements. Nous devons donc revenir à la question la plus simple, la plus décisive et aussi la plus socratique: connaissons-nous suffisamment l'humanité pour nous prévaloir d'une science politique digne de ce nom? Le XVIIIe siècle aurait-il armé notre intelligence de l'Histoire d'une justesse de vues et d'une profondeur de la réflexion qui suffiraient à éclairer d'une vive lumière nos cœurs et nos esprits, ou bien notre espèce n'aurait-elle pas livré les secrets de tous ses ressorts à nos États démocratiques ?

Si nous devons remettre toute notre science de l'homme sur le métier, c'est parce que l'attentat du 11 septembre 2001 nous a fait découvrir qu'une information sérieuse concernant le fonctionnement de l'encéphale de notre espèce est la clé de toute véritable rationalité de l'action publique et que nous ne sommes pas encore armés d'une connaissance véritable de notre boîte osseuse. Nous avons réappris que l'autorité des États repose sur leur savoir politique et que les peuples ne respectent pas longtemps l'ignorance de leurs dirigeants. Mais que vaut un savoir politique qui ne connaît pas l'homme ?

Par bonheur, l'Occident est censé écouter depuis vingt-cinq siècles l'adage socratique qui nous rappelle que l'ignorance est la source de tous les maux ; et le pays de Descartes est encore l'élève d'un Discours de la méthode qui nous a appris qu'il faut reconstruire entièrement un édifice quand les courtes recettes du passé ont épuisé leurs sortilèges. Comme dit l'auteur du cogito, " pour examiner la vérité il est besoin, une fois en sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu'il se peut ". Le moment est venu, pour notre civilisation, de fonder la connaissance rationnelle de l'homme sur des bases nouvelles (3).

6 - Notre Moyen Âge

Pouvons-nous prétendre que nous savons comment notre tête est programmée par des usages multiséculaires et comment elle fonctionne au ralenti à l'école de la coutume, alors qu'aucun philosophe d'aujourd'hui, aucun sociologue, aucun historien , aucun psychanalyste, aucun aliéniste ne sait mieux qu'au Moyen Âge pourquoi nous vivons dans deux mondes à la fois, l'un réel, l'autre imaginaire et fantastique et pourquoi nos cellules grises font de nous une espèce schizoïde ? Et pourtant, c'est bel et bien cette titanesque ignorance que le 11 septembre a placée dans la lumière la plus crue: nous ne connaissons pas le premier mot d'une science qui nous apprendrait pourquoi le cerveau dichotomique du tiers du genre humain est branché sur un certain Allah, le cerveau du second tiers sur une potence sacrée, le cerveau du troisième tiers sur un massacreur qui n'a laissé aucune chance de survie à sa créature et n'a accordé la vie sauve qu'à un seul rescapé d'une noyade générale.

Avant le 11 septembre, nous pouvions laisser dans l'ombre la question de savoir pourquoi les descendants de Noé applaudissent à ce gigantesque génocide et adorent celui qui est censé l'avoir perpétré; et pourquoi ceux qui en doutaient autrefois étaient voués au bûcher. Aujourd'hui nous demandons à Descartes de récrire son Discours de la première ligne à la dernière ; aujourd'hui nous lui demandons de nous montrer le vrai chemin de notre évasion du nouveau Moyen Âge dans lequel nous sommes embourbés, aujourd'hui, nous conjurons ses mânes de dresser la liste des folies dans lesquelles nous sommes tombés pour n'avoir pas encore appris " les règles pour la direction de notre esprit ". Car cette question-là est désormais au cœur de la politique mondiale.

7 - L'ignorance n'est pas innocente

Mais, du coup, nous comprenons également pourquoi il nous est si difficile de sortir des ténèbres sous les yeux des sorciers habiles à nous armer de leurs faux mystères : nous avions oublié que l'ignorance n'est jamais auréolée d'innocence, nous avions oublié que l'ignorance est toujours sous les armes, nous avions oublié que l'ignorance porte un sceptre, nous avions oublié que l'ignorance est volontaire et qu'elle sert de cuirasse aux États. Souvenons-nous que celui qui outrageait l'ignorance avait rendez-vous avec le fagot ou le gibet - aujourd'hui avec la ciguë de l'ostracisme discret et du silence prudent dans lequel nos démocraties s'enveloppent. Comme elles sont consensuelles, neutres, polyculturelles, polycéphales et combien le glaive d'une logique résolue les terrifie !

C'est pourquoi je vous ai demandé de m'entendre en l'absence du public, même choisi et de connivence qui assiste de coutume à vos séances. Ce n'est pas que je craigne d'être entendu au delà de l'enceinte de votre Académie. Mais j'ai trop de respect pour votre double vocation de penseurs et de sages de la République et de gardiens de l'autorité morale des États civilisés pour vous retirer la prérogative de juger sans témoins de l'opportunité de faire connaître ce que je vous aurai dit. Vous m'avez accordé le rare privilège de me présenter discrètement devant votre assemblée, afin que je vous entretienne de l'état actuel de la science politique française et du nouveau " discours de la méthode " auquel en appelle le "Connais-toi" du XXIe siècle. Car l'offensive américaine n'est pas seulement celle qui recourt aux recettes d'un lobbying de l'armement pour corrompre des gouvernements démocratiques ; elle est aussi celle d'une piété qui arme de convictions bibliques le cerveau du géant américain.

Sachons que l'ignorance de nos sciences humaines, et d'abord de notre anthropologie politique, est suicidaire quand, soixante-dix ans après la mort de Freud, nous ne savons pas quels secrets de l'encéphale font proférer à l'État le plus puissant du monde que Dieu a choisi le Président Bush pour promouvoir " une vision biblique du monde " dans la politique internationale ; quand nous apprenons que ce Président commence chaque journée par une prière à genoux et par l'étude d'un passage de la bible ; quand nous apprenons que chaque réunion de Cabinet débute par une prière ; quand nous apprenons que cette régression intellectuelle menace l'Europe ; quand nous apprenons que le Président de la Commission européenne veut définir le statut spirituel de l'Europe à partir d'une légitimation théologique des religions pratiquées sur notre continent . La politique moderne demeurera une infirme si elle n'a pas de connaissance scientifique du cerveau redupliqué de l'espèce.

8 - L'alliance de Socrate et de Descartes

Nous savons tous que l'alliance de Socrate et de Descartes est la source vive de la civilisation européenne. Que dit cette alliance dans un monde où la justice et la politique jouent au chat et à la souris? Que le tabou mondial qui interdit encore à la science politique d'aujourd'hui d'approfondir la connaissance rationnelle de l'homme est toujours le même qu'au cours des derniers siècles, mais que cet interdit est désormais renforcé et aggravé par la terreur qu'éprouvent les sciences humaines de découvrir qu'il ne suffira plus de réfuter une théologie devenue anachronique, d'en humaniser une seconde qui se serait grippée, d'en civiliser une troisième encore à dégrossir, d'en enfermer une quatrième, demeurée récalcitrante, dans les règles du droit civil ou d'en ligoter fermement une cinquième à l'aide des principes de la laïcité afin de parer au danger de révolte ou de rébellion dont elle présenterait des symptômes. Car la divinité elle-même oscille entre sa justice et sa politique, et notre cerveau hésite encore à s'initier au "Connais-toi" à l'école du ciel - mais l'Amérique ne nous laisse pas le choix. Si nous ne décodons l'encéphale du créateur, notre diplomatie demeurera désarmée par l'alliance de la prière avec la croisade qui écrit à nouveau l'histoire sous nos yeux.

Ce que Descartes demande au XXIe siècle, c'est un ébahissement d'anthropologues, un ahurissement de ce que l'homme se révèle décidément un animal redupliqué par son encéphale spéculaire jusque dans les Chancelleries, c'est de nous montrer ébaubis de ce que notre condition psychobiologique exige de notre infirmité politique et morale que nous nous fassions accompagner dans l'infini par un acteur entièrement imaginaire, dont le nom change tous les deux mille ans, alors que, de ce personnage gigantesque et fabuleux, nous disons à la fois qu'il est symbolique et qu'il est réel, sans que nous précisions jamais ce que peut bien signifier la miraculeuse fusion de ces deux adjectifs dans nos têtes.

Mais l'Amérique est un personnage à la fois redoutablement réel et redoutablement théologique ; et cet acteur dédoublé nous révèle un secret de l'Histoire que nous devons décrypter - car peut-être " Dieu " est-il construit sur le modèle de l'Histoire, qui joue, me semble-t-il, sur les deux tableaux du réel et du symbolique. Voilà le défi que lance à la science politique mondiale et à la connaissance expérimentale de l'Histoire l'attaque du 11 septembre, voilà l'ignorance politique que nous protégeons , voilà le tabou religieux que le XXIe siècle est condamné à briser dans la postérité du XVIIIe siècle si nous voulons que notre science de l'homme sorte des ténèbres du Moyen Âge. Le problème n'est-il pas devenu trans-idéologique et trans-théologique ? Mais si cette aporie se révèle anthropologique par définition, parce que nous nous réfléchissons dans la double identité du Dieu que nous sommes à nous-mêmes à l'échelle de notre Histoire, alors le Quai d'Orsay saura qui est GW Bush et comment l'Amérique s'appelle.

9 - La généalogie de l'intelligence et la science politique

Vous voyez que seule une science généalogique de la " raison " de nos ancêtres nous éclairera sur les étapes de la logique interne qui ont commandé l'évolution d'une boîte crânienne prématurément qualifiée de rationnelle, alors que notre raison véritable devrait du moins nous enseigner à observer comment l'Histoire objective des symboles. Notre intelligence de demain fera de nous des interloqués au spectacle de l'entendement bipolaire de nos ancêtres, qui substantifiaient allègrement des signes et des signifiants, parce qu'ils ignoraient les secrets anthropologiques de l'Histoire.

Quand l'étonnement philosophique qui attend le XXIe siècle nous donnera un regard critique sur la folie que nos encéphales dichotomiques appelaient leur " raison ", l'œil du IIIe millénaire deviendra le spectrographe des mythes religieux qui ont fasciné les premiers interlocuteurs de l'Histoire. Mais si nos sciences humaines refusaient de s'armer d'une lentille capable d'observer une espèce que la pression de sa propre Histoire a affligée d'un cerveau bifide, nous serions condamnés à demeurer les spectateurs médusés et impuissants de l'alliance des États avec leurs élites du ciel et de l'Amérique avec ses phalanges du fantastique.

Que pourrait-elle bien dire à l'Amérique, notre science politique endormie , si nous ne disposions d'une science du cerveau des évadés de la zoologie que leur histoire a pris dans le double piège du réel et du symbolique et qui, sous le nom de Dieu, procèdent à la fusion du réel et du signe? Comment prendrions-nous la parole devant les croisés d'Allah ou les croisés du Nouveau Monde qui ont fait, du pétrole, leur Toison d'or, comment dénoncerions-nous le rêve d'expansion d'un empire si nous n'avions pas de connaissance anthropologique du masque messianique de l'Occident et si nous proclamions à jamais indéchiffrable, parce que sacrée, la folie religieuse de notre espèce, et cela pour le seul motif que nous aurions grand peur de décrypter le ciel d'outre-Atlantique, grand peur de briser le tabou du déisme, grand peur d'exorciser l'ignorance qui protège notre propre dichotomie cérébrale ?

10 - Le miroir

J'ai dit que l'hémiplégie cérébrale de notre science politique trouve son origine dans notre méconnaissance de la nature et du fonctionnement de l'encéphale de notre espèce ; mais pour nous en convaincre pleinement, ne faut-il pas commencer par nous observer dans le miroir qui réfléchit nos deux lobes cérébraux et qui n'est autre que notre histoire tout entière ? Pour nous armer d'une science politique réellement informée de ce que nous sommes dans ce gigantesque réflecteur de notre encéphale qu'est notre mémoire, c'est à l'école des événements eux-mêmes que nous devons analyser les carences dont témoignent nos interprétations du temps écoulé.

Puisque notre science du passé demeure non moins muette devant l'attentat du 11 sept ou devant l' " axe du mal " dont l'Amérique brandit l'oriflamme que l'alchimie demeurait coite devant les expériences de Lavoisier, nous devons commencer par nous armer d'une vue panoramique sur l'histoire de la méthode historique en Occident, afin que le spectacle se laisse résumer à la manière d'une pièce de théâtre dont les actes successifs se seraient clairement séparés les uns des autres. Ce chemin ne sera-t-il pas le seul de nature à nous faire apercevoir dans une lumière cartésienne pourquoi, depuis la Renaissance, nous n'avons compris ni les péripéties, ni la mise en scène du destin de l'Europe pour nous être contentés d'en raconter la succession et les rebondissements ?

Jusqu'aux XVIe siècle, deux voltages de notre encéphale étaient censés sécréter à tour de rôle l'intelligibilité de notre durée: d'un côté, le tumulte de nos passions expliquait le monde profane, de l'autre, le laborieux accomplissement des volontés du ciel sur la terre, que nos théologies s'appliquaient résolument à rendre déchiffrables, était censé décrypter l'énigme des convulsions dont nos religions se révélaient les proies. Mais que s'est-il donc passé après la Renaissance ? Pourquoi notre pilotage aveugle du temps a-t-il cessé de nous satisfaire sans que notre raison eût pour autant coupé la parole aux autels, ni pris le relais de leur discours? Si un créateur mythique de l'univers avait cessé de tenir la barre de l'Histoire, ne fallait-il pas nous demander à quel secret de notre propre boîte osseuse nous devions les croisades, l'inquisition, les guerres de religion qui ont ensanglanté tout notre XVIe siècle ?

11 - Les avatars de la raison hémiplégique

Mal nous en a pris de notre lâcheté et de notre paresse intellectuelles. Nous avons payé cher notre refus obstiné de scruter les secrets d'un ciel que nous avions largué d'un haussement d'épaules sans nous être seulement demandé, en bonne logique cartésienne, sous quel masque notre idole nous avait permis si longtemps de nous cacher. Notre dérobade politique et intellectuelle d'un demi millénaire nous a également empêchés de radiographier les messianismes nouveaux qui s'étaient subrepticement glissés sous nos crânes - celui de la pureté de la race et celui de la sotériologie marxiste, qui faisait à nouveau débarquer sur la terre le royaume des cieux que nous avions prudemment déplacé dans l'au-delà dix-huit siècles auparavant. Notre léthargie cérébrale - la parenthèse du XVIIIe siècle français mise à part - nous a été révélée par le coup de tonnerre du retour du sacré dans l'Histoire que fut le 11 septembre 2001 et dont un messianisme américain revigoré a aussitôt pris acte.

Qu'en est-il du masque et de la cuirasse de l'Amérique biblique face à l'acier trempé de Saladin ? L'histoire tumultueuse de notre cécité de cinq siècles ne commence-t-elle pas de se dessiner à grands traits sous nos yeux ? N'allons-nous pas commencer de comprendre le destin titubant de notre cerveau pour nous être mis à l'école d'une connaissance réelle de sa dichotomie? Comment laisserions-nous longtemps encore notre science politique feindre de gérer une histoire aveugle, muette et sourde si nous sommes tout proches de découvrir le secret de notre paralysie ?

12 - L'histoire expérimentale

La politique n'est pas un art, mais une science expérimentale. Certes, elle ne se refuse pas aux fioritures des artisans habiles, qui l'attifent de parures et de colifichets à leur école ; mais son champ d'expérience s'appelle l'Histoire. Qu'est-ce que l'Histoire, sinon le territoire où l'esprit et le corps de l'humanité s'exercent à l'apprentissage d'eux-mêmes ? En ce sens l'Introduction à l'étude de la médecine expérimentale de Claude Bernard appelle une Introduction à la connaissance anthropologique de l'histoire. Le parallèle entre ces deux ouvrages, l'un vieux de cent quarante ans, donc postérieur de six ans seulement à la parution de l'Origine des espèces de Darwin, l'autre tout virtuel et pourtant en gésine au plus secret de la pensée européenne depuis Freud, ce parallèle, dis-je va plus loin ; car la politique expérimentale est aussi une forme de la médecine. L'organe qu'elle s'applique à former, à redresser, à guérir, à armer, à fortifier, à préserver de tant de maladies n'est autre que le cerveau de notre espèce ; et les maladies dont notre encéphale est le théâtre sont réparties, comme les maladies du corps, entre celles de la jeunesse, de l'âge mûr et de la vieillesse. Quel est l'âge de notre boîte osseuse ? Où en est-elle de son évolution ? Tombera-t-elle dans la fatigue, la fragilité et les indispositions de la sénescence avant d'avoir connu la santé? L'homme de pouvoir est le médecin dont la science connaît les maladies de la politique ; et la santé qu'il rétablit dans l'État n'est autre que celle de l'intelligence.

13 - L'exemple de l'Édit de Nantes

Mais le parallèle entre l'intelligence expérimentale de l'Histoire et l'intelligence expérimentale de la médecine se poursuit en ce que ces sciences recourent toutes deux à l'hypothèse prospective afin de rendre intelligible le territoire qu'il leur faut défricher, labourer, ensemencer. Comment, pour prendre un exemple, la science politique du XXIe siècle interprétera-t-elle l'édit de Nantes à la lumière d'une science expérimentale du temps des peuples et des nations, donc fondée sur une connaissance anthropologique du fonctionnement du cerveau schizoïde de l'espèce dans l'Histoire? Pour le savoir, il faut nous demander pourquoi, après un siècle entier de carnages sacrés, les clauses de cet édit se sont révélées inapplicables.

Or, l'expérience politique ordinaire ne pouvait s'en tenir qu'à l'énigme des faits, alors que l'expérience scientifique, dit Claude Bernard, explique ce qu'elle a observé. Pourquoi les protestants avaient-ils aussitôt préféré se ranger du côté d'une puissance étrangère, l'Angleterre ? Pourquoi le fait que cette nation partageait leur confession les désolidarisait-il de leurs compatriotes ? L'homme politique aveugle ne pouvait qu'appliquer la décision nécessaire, mais toute pratique, de reprendre aux protestants la place forte de la Rochelle, tandis que l'homme politique armé d'une science expérimentale de l'Histoire connaît les raisons anthropologiques qui interdisent au cerveau protestant et au cerveau catholique de cohabiter.

14 - La spectrographie anthropologique de l'eucharistie

Pourquoi l'encéphale protestant jugeait-il d'une importance vitale d'adopter la théologie de Calvin concernant l'eucharistie ? Pourquoi l'unification politique des cerveaux du royaume n'a-t-elle pu se trouver rétablie qu'au prix de la révocation de cet édit ? Pourquoi a-t-il fallu mettre en place une autre mythologie unificatrice et dominatrice, celle des idéaux de 1789, seule en mesure de chapeauter efficacement les cerveaux existentiellement incompatibles d'un protestant et d'un catholique ? Je fais appel à la sagesse politique qui vous a permis de comprendre pourquoi je ne puis vous entretenir des secrets anthropologiques de la science politique qu'en privé : car le catholique s'imagine manger un pain réellement changé en chair et boire du vin matériellement changé en sang sur l'autel, ce qui glace d'horreur le protestant. Telle est l'immensité de l'enjeu, pour la science politique et pour la science historique, d'une connaissance anthropologique des mythes sacrés. Il y va des secrets ultimes de notre espèce , et ces secrets sont si terribles que le culte chrétien met le monde à feu et à sang pour quelques modifications de bon sens du sacrifice rituel de la messe.

Mais que vaut une science politique qui ignore pourquoi les tempêtes déchaînées sous les crânes par telle ou telle théologie du sacrifice échappent à la maîtrise de tous les gouvernements et de tous les régimes ? La science politique expérimentale ne se distingue-t-elle pas de la politique artisanale au même degré que la médecine de Claude Bernard de celle des rebouteux ? La science politique et la science historique d'aujourd'hui ne se trouvent-elles pas à la même croisée des chemins ? Cinq siècles après le rendez-vous manqué de la Renaissance, ces deux disciplines ne sont-elles pas condamnées à se tenir par la main, parce que nous n'arracherons l'Occident à la cécité intellectuelle que par l'alliance de la science des cerveaux avec la pensée critique qu'inaugure le IIIe millénaire ?

La preuve la plus spectaculaire du retard de notre science politique est sous nos yeux : nous ne comprenons pas davantage l'Irlande d'aujourd'hui que nous ne comprenons les kamikazes d'Allah qui nous font assister à l'effondrement accéléré de l'empire américain. Celui-ci ne s'écroule-t-il pas sous nos yeux comme un château de cartes pour le motif que le messianisme du Coran a réanimé un messianisme chrétien qui court désormais vers les puits de pétrole du Moyen Orient comme les croisés du Moyen Âge se ruaient vers le pactole de l'éternité que figurait à leurs yeux un tombeau mythique à délivrer des mains des infidèles ?

Le Président Bush n'est-il pas à lui-même le double personnage qu'il symbolise et qu'il incarne, lui qui figure à la fois l'Amérique miraculée - biblique, eschatologique , rédemptrice - que mangent les croisés de la démocratie et l'Amérique physique des croisés du pétrole qui, en vertu d'une double consommation de l'histoire, l'une réelle, l'autre fondée sur la substantification du symbolique mangent le pain du salut qu'ils sont censés apporter physiquement au monde ? G. W. Bush n'est-il pas le pain mythologique de l'Amérique et son pain réel confondus en sa personne, n'est-il pas le Christ de la transsubstantification protestante, le dieu en chair et en os qui se consomme lui-même à consommer le symbole de l'Amérique qu'il est à lui-même ?

15 - Les archives anglaises de 1972

Vous remarquerez que ce sont les tabous religieux qui interdisent à la science politique moderne de conquérir la scientificité sans laquelle le monde d'aujourd'hui courra au chaos. Un seul exemple : vous êtes informés des surprises qui attendaient les historiens de 2002 dans les archives anglaises de 1972. Le gouvernement de sa gracieuse majesté se proposait de délocaliser manu militari trois cent mille catholiques irlandais et deux cent mille protestants accoutumés depuis quatre siècles à s'étriper tout leur content dans leur île pour le motif que la victime de l'autel, devenue animale grâce à Abraham, est redevenue humaine, pantelante et saignante sur l'autel des chrétiens depuis le IIIe siècle de notre ère.

Vous savez que le dieu romain est censé présent en son hémoglobine écarlate sur l'offertoire, tandis que le dieu anglais accorde le même pouvoir sotériologique au sang symbolique d'un mort figuré. Mais comment la science politique des historiens anglais, donc leur compréhension de leur nation serait-elle réelle s'ils ne peuvent interpréter le sang des Croisades, de la saint Barthélemy, de l'Europe du XVIe siècle et du 11 septembre 2001, qui a fait débarquer trois mille cadavres à New-York , pour le motif qu'ils n'ont pas d'anthropologie qui leur permettrait de décrypter le mythe de l'eucharistie catholique, c'est-à-dire de la métamorphose réelle, au sens physique, du pain et du vin en molécules de chair et de sang?

Mais nous savons, nous, que la transsubstantification magique du pain et du vin de la messe dans la théologie catholique n'a pas besoin de ce subterfuge dans le protestantisme, puisque l'Amérique de G. W. Bush nous apprend que l' " axe du mal " ou la " justice immuable " peuvent tout aussi bien se substantifier et se donner à consommer en un homme dédoublé entre le ciel et la terre et qui fait mâcher à toute l'Amérique le pain du salut qu'elle est à elle-même. Où se cache-t-il, le double de ce pain-là, le double de ce vin-là, et quel est son tabernacle ? Vous le connaissez : l'Amérique se mire et se consomme dans sa propre identité collective, elle s'auto-substantifie en la personne de G.W. Bush, ce Christ élu de sa nation, cette reduplication de l'Amérique dans son propre surmoi ; et il faut le photographier comme le dieu en chair et en os de la démocratie américaine, donc de l'idole que tout peuple et toute nation sont à eux-mêmes . Le regard anthropologique sur l'histoire est une spectrographie qui vous conduit tout droit à la connaissance des idoles.

16 - Le statut sacrilège de la science politique moderne

Voyez comme la politique et l'histoire se rendent sacrilèges sitôt qu'elles acquièrent leur statut scientifique, voyez comme le Président de la République a raison de s'adresser à vous hors de la présence du public ! Ma fonction ne me libère pas de l'autorité qui s'attache à la pensée scientifique ; ma fonction ne me place pas au-dessus du discours profanateur de la vérité, qui est blasphématoire depuis le paléolithique. Mais puisque la géopolitique du IIIe millénaire a besoin d'une science critique de la théopolitique, mon devoir est clair : je dois vous demander de ne jamais laisser fléchir le sens du devoir qui vous appartient en propre, celui dont la rigueur de la pensée scientifique vous demande de respecter toujours la rigueur. L'étude du cerveau humain se place désormais au fondement des progrès de la science politique et de son compagnon de route naturel, l'Histoire.

Comparez en anthropologues le sacrifice d'Iphigénie au petit dieu Éole avec celui du Dieu planétaire censé permettre au vent de la rédemption de souffler sur la terre et demandez-vous pourquoi un cerveau grec du Ve siècle avant notre ère ne fonctionnait pas sur cette gigantesque soufflerie. Nous entrons dans le troisième millénaire d'un gibet dont nous acquittons le tribut à une divinité devenue rédemptrice à l'échelle planétaire. Et voici que l'Amérique demande au monde de prendre le relais de notre propre folie . Mais nous connaissons désormais l'Histoire flanquée de son double ; et nous les voyons courir ensemble vers tous les puits de pétrole de la terre. Vous devez observer les métamorphoses de la boîte osseuse d'un animal bipolaire et que son encéphale dédoublé entre le réel et l'idole qu'il est à lui-même sous le déguisement de " Dieu " a rendu auto sacrificiel en diable. Cet être étrange mettra-t-il un terme aux tributs réels et fictifs qu'il verse à un Dieu chargé de substantifier son effigie, de chosifier le signe qu'il est à lui-même, de concrétiser sa propre figure élevée à l'idole ?

Ne me laissez pas seul sur le chemin où la France et l'Europe ont besoin de conquérir une connaissance anthropologique du sanglant parcours de l'homme et de son histoire. Cette science est nécessaire pour que nous conservions l'avance de la civilisation occidentale dans l'ordre du "Connais-toi" et indispensable pour que nous évitions une régression intellectuelle sans remède sous l'emblème d'une bannière étoilée où GW Bush nous donne à manger le pain du ciel eucharistique que l'Amérique est devenue à elle-même .

C'est à l'école de la tragédie qu'on appelle l'Histoire asservie que je me collette avec le destin de l'Europe et de la France des anges. Je vois un gigantesque Quichotte nous mettre à l'école d'une théologie de la servitude. Je vois des légions serrées du salut débarquer sur notre Continent. Je vois les peuples du Vieux Monde plier l'échine sous le joug de leurs propres reniements . Je suis à l'épreuve de l'expérience quotidienne de la vassalisation de l'Europe. Mais sachez aussi que la France et l'Allemagne sont résolues et ardentes. Souvenez-vous que, face au magma sans volonté et sans courage des peuples de l'Europe, seules les nations décidées et demeurées debout forceront le destin.

 

(1) Voir Un exemple de Lobbying américain pour la guerre en Irak

(2)Membres européens du Committe for the Liberation of Iraq dont les dirigeants pour l'Europe sont Gary J. Schmitt et Randy Scheuneman, issus des milieux du renseignement américain:
Adam Michnik
, rédacteur de Gazeta Wyborcza, Pologne; Carl Bildt, Premier Ministre, 1991-1994, Suède; Gustavo De Aristegui , San Roman, Membre du Parlement espagnol; Asla Aydintasbas, Turquie; Bronislaw Geremek, historien, Ministre des Affaires étrangères, 1997-2000, Pologne [fait également partie d'un groupe de travail de 12 membres qui, à l'initiative de Romano Prodi, et sous la direction de Dominique Strauss-Kahn, est censé réfléchir au " modèle européen "]; Misha Glenny, Auteur, Royaume Uni; Christopher Hitchens, Auteur, Royaume Uni; Toomas Hendrik Ilves, Ministre des Affaires étrangères, 1999-2002, Estonie; Omar Karsou, Démocratie en Palestine; Ivan Krastev, Bulgarie; Vytautas Landsbergis, Président, 1990-1993, Lithuanie; Nadezhda Mihaylova, Ministre des Affaires étrangères, 1997-2001, Bulgarie; Klaus Naumann, General, ret., Bundeswehr, Allemagne ; Baroness Nicholson of Winterbourne, Membre du Parlement européen; Martin M. Simecka, Slovaquie; Petar Stoyanov, President, 1997-2002, Bulgarie; Alexandr Vondra, République Tchèque
.

(3) Descartes, Les principes de la connaissance humaine, 1

1er février 2003