Retour
Sommaire
Section actualité
Contact

LE DEFI DE LA TORTURE

 

I - Le Conflit Israélo-palestinien et la complicité européenne dans la légitimation internationale de la torture

II - Aux sources anthropologiques de l'histoire

III - L'observatoire de l'encéphale schizoïde de l'espèce

IV - Les " systèmes de la liberté "


PRESENTATION

A la suite de la guerre perdue d'Israël contre le Hezbollah, aussitôt suivie de l'écrasement génocidaire du Liban sous les bombes de l'Etat hébreu, puis de la répression sanglante de la révolte des Palestiniens de la bande de Gaza, une tentative de condamnation d'Israël par le Conseil de sécurité s'est heurtée au veto des Etats-Unis. Puis une Europe de la volonté politique réduite à la France, à l'Italie et à l'Espagne a tenté de mettre un terme aux massacres par l'appel de Gérone. Quelques jours plus tard, une condamnation de l'Assemblée générale de l'ONU a stigmatisé la répression israélienne comme contraire au droit international. Cette mobilisation tardive d'un embryon de noyau dur du Vieux Continent est survenue dans un climat éthique nouveau, puisque, pour la première fois au cours de sa brève existence, le peuple élu se trouve placé sous bonne garde par une force militaire massée l'arme au pied à ses frontières et composée de régiments en provenance du monde entier. Il en découle que la planète se précipite tête baissée dans la tragédie sans issue d'un conflit à l'échelle mondiale entre l'éthique et la poltique, la guerre et la justice, la force et le droit.

Comment l'anthropologie critique rend-elle compte de ce drame ? Elle observe, en premier lieu, qu'aucun juriste international sérieux ne légitime plus la décision 181 du 29 novembre 1947 des Nations Unies censée avoir créé un Etat, de sorte qu'il s'agit purement et simplement d'un retour à l'antique jus gentium, qui finissait, de guerre lasse, par couronner de la tiare du droit une occupation militaire de longue durée. Cela signifie que la civilisation du IIIe millénaire retourne au principe des temps barbares où la dernière victoire du sang était de s'emparer du sceptre de la justice de Dieu.

Mais la simianthropologie constate que jamais, dans le passé, une victoire remportée par la seule force des armes n'a suffi à chapeauter un massacre de l'auréole du droit : encore fallait-il que le vaincu se reconnût pour suffisamment terrassé par un verdict du ciel de l'endroit pour se trouver privé de tous moyens terrestres de poursuivre le combat et de recouvrer son territoire au prix de sa vie , tellement les dieux ne s'en laissaient pas aussi aisément compter que la conscience-girouette de la démocratie mondialisée.

Mariali

Or, en raison du raccourcissement du délai de grâce que l'histoire accorde aujourd'hui à un conquérant sur l'échiquier des carnages pour qu'un faux verdict de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité mette définitivement le vaincu à genoux dans le ciel de son vainqueur, le peuple palestinien n'en sera jamais réduit à l'hallali théologique d'Allah. Il sera impossible à Israël, d'imposer le silence de la passivité aux adeptes d'un Islam humilié dans son éternité. L'anthropologie critique observe la caducité des oublis absolutoires sur le ring du ciel . Les religions du Livre avaient forgé un Dieu animal dont le règne mimait celui de la loi du vainqueur.

Les évadés actuels de la zoologie religieuse remarquent que l'âge de l'ubiquité de l'image télévisuelle est aussi celui de la pesée soupçonneuse des civilisations de la guerre. L'anthropologie critique observe les relations que la torture entretient de nos jours avec la géopolitique. A ce titre, cette discipline est une balance à peser l'éthique de la démocratie mondiale. Qui tient le Dieu des tortures entre ses mains ? La planète a désormais rendez-vous avec la question des fondements de l'Etat d'Israël en droit international.

29 novembre 2006