La semaine dernière,
je vous ai proposé une première analyse de la vocation des grands
chefs d'Etat de civiliser leur nation ; et j'ai tenté de vous
démontrer que la marche des civilisations passe par les conquêtes
progressives de la pensée rationnelle. C'était tenter de donner
à la notion même de souveraineté politique un contenu émancipateur,
c'était rêver d'armer la liberté d'un contenu intellectuel,
c'était s'engager sur le chemin d'une histoire de notre conque
sommitale que l'intelligence critique aurait tracée de siècle
en siècle, c'était prétendre sceller les retrouvailles de la
guerre de notre espèce contre les illusions tantôt de ses sens
eux-mêmes, tantôt de son imagination religieuse, c'était soutenir
que le véritable destin politique de la planète est inscrit
dans la bataille multimillénaire de notre cervelle pour la conquête
de son propre devenir, c'était rappeler que notre époque est
celle de la rencontre de nos connaissances scientifiques avec
le décryptage des ultimes secrets psychiques de notre espèce,
puisque la politique est devenue l'agent de liaison planétaire
entre notre instinct de survie et la puissance de plus en plus
redoutable de nos armes. Du coup, le droit public devenait le
nouveau baromètre de la politique et de la civilisation confondues.
La question imposée
à l'anthropologie scientifique par ces prolégomènes inquiétants
est maintenant celle de savoir quelles relations le grand homme
d'Etat entretient avec l'instinct animal qui, lui aussi, rattache
la liberté à la propriété d'un territoire. Quels sont les liens
que les civilisations entretiennent avec leur tanière, comment
les plus hautes conquêtes de l'intelligence trouvent-elles leur
assise dans un terrier, pourquoi les sociétés privées de leur
sol périssent-elles dans la servitude?
Telle est la question
de jour en jour plus pressante que nous pose la vassalisation
de l'Europe sous le joug de l'occupation militaire américaine
de son habitat. Du coup, la réflexion sur la stature émancipatrice
de l'homme d'Etat en vient à occuper le centre de la science
politique. Car si le capitaine tient le gouvernail d'une civilisation
condamnée à demeurer en marche ou à périr, on demande au philosophe
et à l'anthropologue de rédiger en commun le nouveau "Discours
de la méthode" qu'appelle la raison politique mondiale.
1
-
Les ophtalmologues de l'humanité
2
- La dégénérescence cérébrale et la dégénérescence politique
3
- Aux sources de la sorcellerie démocratique
4
- Les sorciers d'aujourd'hui
5
- La politique de la dignité humaine
6
- L'industrie des ténèbres
7
- L'homme d'Etat et l'avenir de l'Europe de la pensée
8
- L'immoralité de "Dieu"
9
- Une démocratie acéphale
10
- Le salaire des sorciers
11
- L'exilé volontaire
12
- Les méditants
1 - Les
ophtalmologues de l'humanité
L'intelligence politique de l'homme d'Etat civilisateur se nourrira
de la simplicité même du spectacle que l'histoire entière du monde
présente à son regard. Qu'en est-il du solide bon sens que requiert
la compréhension du déroulement de la pièce? Il est des évidences
sauvages, mais d'une grande charge de vérité.
Pour comprendre ce point inaugural, considérons un instant l'habillage
zoologique dont la pensée politique se revêt encore de nos jours:
tout vrai chef d'Etat voit au premier coup d'œil qu'un continent
occupé par cinq cents garnisons de l'étranger incrustées sur son
sol depuis plus de six décennies n'est qu'un cadavre politique
à ramener à la vie. Voyons comme le diagnostic des ophtalmologues
du trépas est sans appel: jamais, disent-ils, un habitacle asservi
à une puissance extérieure depuis trois générations ne reconquerra
la liberté de jugement indispensable à l'exercice d'une souveraineté
réelle s'il ne change d'encéphale, jamais aucun élan du cœur,
jamais aucune ambition de l'esprit ne prendront une forme viable
dans le creuset des cerveaux vassalisés par l'étroitesse de leur
horizon mental.
Quand une occupation militaire enracinée sous la meule du temps
- des traités internationaux auront été doucereusement conclus
et signés entre des Etats de figurants - aura fait souche dans
les têtes des moribonds de la politique, une longue mascarade
diplomatique légitimera des fantômes. Le droit international sera
rendu aussi illusoire que pain bénit. Sachez qu'un chef d'Etat
dont la cervelle n'apercevrait pas le tranchant d'un glaive triomphant
sous un montage politique aussi artificiel que féroce, qu'un tel
chef d'Etat, dis-je, ne dispose en rien du jugement qu'exige l'exercice
réel de sa charge.
2 - La dégénérescence cérébrale et la dégénérescence politique
Ce premier constat nous aidera à suivre le sillon creusé par le
soc d'une raison politique d'un calibre supérieur à celui des
mourants, tellement nous nous dirons que si la cécité cyclopéenne
des Etats européens actuels est partagée par toute la classe dirigeante
d'une civilisation autrefois glorieuse, il nous faudra descendre
dans les abysses inexplorés du genre simiohumain d'hier d'aujourd'hui
et de demain afin de tenter d'en découvrir les racines.
Du
coup, le gouffre qui nous semblait immense et impossible à combler
entre l'instinct politique des bêtes en liberté et les aménagements
cérébraux ultérieurs dont nos sociétés civilisées se sont progressivement
dotées, ce gouffre même rendra prospective notre intelligence
trans-zoologique encore en germe; car cet abîme nous incitera
à raccorder la surface des choses à une spéléologie du pithécanthrope.
Pourquoi, nous demanderons-nous, la raison politique la plus rudimentaire
du simianthrope originel, celui dont la guerre se réduisait à
un combat pour sa survie, peut-elle se trouver entièrement anéantie
par les conquêtes ultérieures de sa raison?
Naturellement,
nous dirons-nous, si M. François Bayrou ne sait plus ni ce que
signifie, dans les profondeurs du psychisme simiohumain actuel,
la croyance béate aux prodiges religieux pourtant les plus sots
d'autrefois, ni quelles plantes le bathyscaphe de la pensée moderne
ira chercher au fond des mers, il nous deviendra plus aisé de
comprendre pourquoi un chef d'Etat ficelé des quatre membres au
ciel des millénaires antérieurs ne saurait disposer du recul nouveau
dont l'homme politique a besoin. Mais encore nous faudra-t-il
apprendre à démonter pièce par pièce l'échafaudage cérébral dont
notre espèce s'est armée siècle après siècle; sinon, inutile de
seulement tenter de nous expliquer clairement par quel prodige
une civilisation fondée depuis la Renaissance sur les sciences
exactes, donc sur la distanciation spécifique qu'appelle l'esprit
de logique, peut produire des boîtes osseuses inaccessibles à
l'éclairage politique le plus élémentaire; et si nous n'acquérions
pas une connaissance détaillée de l'arrière-monde aveugle à lui-même
qui commande encore la cécité cérébrale du singe devenu semi-réflexif
d'aujourd'hui, jamais nous n'observerons au microscope le statut
mental et la spécificité psychique qui n'appartiennent qu'aux
hommes d'Etat de haut vol.
Car l'animal en bonne santé chasse de son territoire l'intrus
qui prétendrait s'y implanter à demeure. Quelle est donc la maladie
qui entraîne l'atrophie, puis l'extinction radicale de ce savoir
inné chez les bêtes au sein d'une civilisation cérébralisée en
apparence par des idéalités spéculaires? L'examen de ces idoles
autoglorificatrices exigera une spectrographie des sacralisations
verbales pseudo promotionnelles entièrement inédite; et il nous
appartiendra de percer les secrets de fabrication du pithécanthrope
totémisé par son langage. Car la sorcellerie incantatoire, fulminatoire
et pestifératoire des primitifs a changé de flèches et de miroirs.
3
- Aux sources de la sorcellerie démocratique
Voici
la balance dont les plateaux recevront l'un la cervelle du singe
demeuré muet, l'autre celle d'une humanité rendue paralogique
du haut des cieux, voici le fil d'Ariane qui nous conduira à l'examen
critique des sciences théoriques - celles qui nous donnent l'illusion
fascinatoire que nous soumettrions la nature à notre parole, mais
qui nous conduiront maintenant à l'inspection sacrilège des souterrains
zoologiques qui téléguident encore les civilisations oniriques
de notre temps.
Apprenons
seulement, pour l'instant, que Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939) assurera
nos premiers pas et que nous avancerons à grandes enjambées dans
la connaissance de la topographie du cerveau de la démocratie
et de son mythe de la liberté; car nous apprendrons que le sorcier
assis sur le rivage est un géographe et un opérateur à distance.
Sa conviction est entière: il se trouve, pense-t-il, aux commandes
de la baleine qu'il suit des yeux et qui croise au large. L'action
censée abolir les distances est la clé de l'esprit magique.
A
la suite de ce précurseur de l'anthropologique critique que fut
Lucien Lévy-Bruhl, le monde moderne qualifie la mentalité des
primitifs de projective. Mais la psychanalyse a fait de si grands
progrès dans la spectrographie de l'inconscient simiohumain qui
pilote le vocabulaire encore si proche de l'animal dont témoigne
la raison scientifique occidentale qu'un Erich Fromm (1900-1980)
- le "pieux" en allemand - observait déjà quelques traits saisissants
de l'esprit viscéralement projectif qui téléguide toutes les religions
du monde - mais non encore la magie qui sous-tendait la physique
pré-einsteinienne.
Voici
les étapes intellectuelles que nous aurons à parcourir avant de
nous colleter à nouveaux frais avec la question du génie spectrographique
qui caractérise les plus grands hommes d'Etat, c'est-à-dire leurs
capacités naturelles de transcender la raison demeurée semi-animale
de leurs congénères. Car si tout homme politique d'envergure est
un anthropologue-né, comme il est suggéré plus haut, c'est parce
que ce type de civilisateurs sait d'instinct sur quelle assise
le cerveau semi animal des Etats et des nations s'est construit.
L' arrière-monde des sauvages qu'il contemple en libérateur du
joug de la magie lui a permis de descendre plusieurs siècles avant
les anthropologues actuels dans les entrailles des sorciers et
des exorcistes dont toutes les civilisations simiohumaines font
encore leur principale nourriture cérébrale.
Car,
se dit l'homme d'Etat prospectif, si la croyance en l'existence
extérieure à la conscience de tous les dieux ou d'un seul est
nécessairement une représentation des divers personnages cosmiques
enfantés par la volonté des visionnaires de la politique et si
ces sorciers de plus en plus avisés ont fini par installer un
souverain de génie dans le néant; et s'ils ont fait d'un sorcier
suprême du cosmos leur maître sur la terre, c'est que cet acteur
unique sera donc un politologue de toute première force, puisqu'il
se rendra capable de prendre sur ses épaules le fardeau le plus
lourd, celui de guider et d'administrer l'univers dans toute son
étendue. De plus, cet empereur solitaire de la vie et de la mort
de ses sujets sera également un législateur de génie, un moraliste
de premier rang et un protecteur adroit, donc un dirigeant polyvalent
dans l'ordre du fascinatoire.
Du
coup, il se sur-idéalisera de main de maître par "l'intercession"
d'un animal déjà devenu relativement réflexif. Il me faudra donc,
se dit l'apprenti des Etats destinés à devenir pensants, il me
faudra approfondir mes analyses rudimentaires des entrailles de
la sorcellerie et de la magie, ce qui me fera accéder à une psychanalyse
transcendantale des ressorts qui commandent la raison projective
de toutes les "créatures" soumises à un maître imaginaire de l'univers;
puis il me faudra décrypter l'inconscient politique des prosternations
qui sous-tendront également et nécessairement les constructions
théoriques de la physique mathématique des ancêtres. Alors seulement
je connaîtrai l'assiette cérébrale de la science politique naïve
d'autrefois, qui s'étendait jusqu'à expliquer la dromonanie
de la matière cosmique."
4
- Les sorciers d'aujourd'hui
C'est
pourquoi, se dit notre civilisateur des Etats d'aujourd'hui, la
première physique mathématique que l'Occident s'est construite
reposait sur le langage juridique, donc politique hérité des Romains
: à partir de cette mimétique primitive, les usages et coutumes
constants, mais aveugles et muets de la matière inanimée se calquaient
docilement sur une mise en ordre du monde elle-même imitatrice
et vénératrice du règne alors rigide et ritualisé qu'exerçaient
les lois sur les cités en cours de civilisation. Alors les redites
mystérieuses de l'inerte se sont mises à parler par la voix du
droit censé les habiter, à la manière, précisément, dont le sorcier
de Lucien Lévy-Bruhl se croyait l'acteur dont la voix mettait
la baleine en mouvement au large. Mais nous apprendrons également
que le cosmos est une baleine guidée par la relativité générale
d'Einstein, et non à l'écoute de l'espace et du temps à trois
dimensions au nom desquelles les hommes d'autrefois se prenaient
pour des sorciers de la matière en mouvement. Le terrain se trouve
donc suffisamment déminé pour que nous approfondissions jusqu'au
vertige la notion encore en voie d'élaboration, de "raison projective"
de Lévy-Bruhl, puisque le genre simiohumain actuel auquel nous
appartenons encore est demeuré tout entier une immense tribu de
sorciers inconsciemment agenouillés devant la statue de leur langage
régulateur, donc candidement projecteur de personnages
cérébraux censés régir les constances des comportement
du cosmos.
Nous
observerons donc comment les premiers dieux sont nés de la voix
et du langage des chefs de tribu donc des hommes politiques rendus
instantanément agissants dans l'étendue, puis censés exister concrètement
par les soins empressés de soutiens matériels multiples et de
nombreuses jambes de force - ciboires, encensoirs, parfums, autels,
bougies. De même les citoyens actuels "objectivent" les diverses
nations auxquelles ils "appartiennent" à projeter le concept omniprésent
de patrie sur des uniformes, des décorations, des robes noires,
des galons, des drapeaux, qui n'y peuvent mais, les pauvres. Car
Dieu et la France ne sont vivants que dans nos têtes. Sachons
qu'il est illusoire de tenter de substantifier des acteurs omnipotents
de l'esprit - ils sont immatériels par nature. Les supports physiques
à l'aide desquels nous nous efforçons de les secourir, ils s'en
moquent comme d'une guigne. Se loger dans la baleine du sorcier,
nous disent-ils, c'est fabriquer des corps à l'aide de vos voix.
Et
voilà que nous commençons de rendre intelligible qu'un agrégé
de Lettres puisse demeurer aveugle en politique; car il se croit
assis sur le tas d'or d'un savoir qu'il croit rendre "objectif"
à l'école des signifiants physiques censés les habiter et qu'il
projette sur eux et en eux par magie; mais il ignore que la chosification
des signes et des signaux ne renvoie jamais qu'à la fausse monnaie
que frappent les sorciers autoréfléchis dans le miroir de leur
parole, celle que forgent les gigantesques ateliers de la conscience
pseudo démocratique de l'humanité actuelle. Le mythe de la Liberté
agissante à distance est l'ultime héritier de la baleine ensorcelée
de Lévy Brühl.
Du
coup, le concept de justice devient le moyen abstrait du char
de l'histoire, du coup, l'accès à l'animal ignore la médiation
de la politique et la scolarisation du langage fétichise les savoirs.
5
- La politique de la dignité humaine
Parvenus à ce point de notre initiation au regard que l'homme
d'Etat civilisateur porte sur l'animal spécularisé, donc totémisé
- regard dont bénéficiaient déjà les grands esprits désensorcelés
du passé - nous nous demanderons de quelle émancipation du joug
et des recettes de l'esprit magique et de quelle élévation intellectuelle
et morale une lucidité désillusionnée en apparence armera l'homme
d'Etat libérateur.
Pour faciliter notre cheminement sur ce sentier, observons le
lien étroit qui rattache la chosification magique des valeurs,
d'une part, aux principes qui régissent la vassalisation politique
de l'Europe, d'autre part, et comment le langage chosifiant des
sorciers de la démocratie véhicule sous nos yeux la servitude
à laquelle nos aînés se trouvaient encore plus systématiquement
asservis que nous-mêmes. Car c'est au nom de la défense universelle
des droits de l'homme et pour le salut de notre espèce censée
menacée par l'arme nucléaire iranienne que l'Amérique a convaincu
l'Europe asservie de frapper d'un embargo le pétrole de la Perse.
Mais outre que les Etats-Unis n'en sont pas acheteurs, ce qui
ne coûte rien à l'affichage de leur blason démocratique, il ne
s'agit nullement de conjurer un prétendu danger atomique, mais
seulement de perpétuer l'hégémonie militaire et politique d'Israël
au Moyen Orient; et comme Israël est devenu le maître du Congrès
et des élections présidentielles du Nouveau Monde, la sorcellerie
projective à laquelle la parole réputée démocratique de Washington
s'exerce depuis 1945 nous aide à observer le véritable enjeu,
c'est-à-dire les objectifs politiques concrets d'un empire. Le
discours messianisé et le message idéaliste de la civilisation
mondiale sont construits sur le même modèle évangélisateur que
le mythe du salut des chrétiens, qui cachait l'expansion politique
et guerrière de l'Eglise sous le masque de la "rédemption" des
pécheurs - donc sous le drapeau de leur "rachat" au diable dans
les griffes duquel ils étaient censés être tombés.
Ce sera donc à la lumière de la connaissance anthropologique du
cerveau ensorcelé de l'humanité tout entière et de l'histoire
sotériologique que nous radiographierons l'homme d'Etat de génie;
car ce qu'il observe en psychobiologiste de la servitude mentale
dont les semi évadés de la zoologie se trouvent frappés de naissance,
ce qu'il aperçoit en outre et bien au-delà de ce premier paysage,
c'est que l'extension impérieuse du mythe démocratique à la pestifération
et à la damnation de l'Iran n'est elle-même que l'avant-scène
appelée à camoufler les ressorts de l'intrigue centrale, celle
de la conquête du "Grand Israël".
Chacun sait que l'arme atomique iranienne est mythologique par
nature et par définition, puisque inutilisable face à un adversaire
qui en dispose également. Mais les huit détenteurs actuels d'une
foudre inutile sont de mèche pour feindre de disposer effectivement
de cette arme de sorciers; et cette magie politique fonctionne
bel et bien sur tous les esprits. De plus, le langage des ensorceleurs
qui la présentent sous un jour apocalyptique en Iran se révèle
d'un usage politique bien plus facile qu'en Cisjordanie. Car,
face à Téhéran, Israël brandit le souvenir du massacre ou du génocide
de la "shoah", tandis qu'à Jérusalem et en Cisjordanie, Jahvé
se présente en conquérant pliant sous le faix de ses armes: impossible
de cacher son glaive au regard du monde entier. L'escamotage magique
de l'histoire réelle sous le masque ensorcelé de la sotériologie
démocratique se trouve tellement pris en défaut sur le terrain
qu'il faut recourir à la face évangélique, rédemptrice et messianique
du mythe de la Liberté, celle dont les idéaux verbaux de
la démocratie sont devenus les idoles parlantes. On voit que la
subtantification politique, donc physique, du discours sacré des
modernes révèle le fondement psycho cérébral d'une espèce dont
Lévy Brühl n'avait pas compris que la baleine du sorcier en est
l'archétype.
6 - L'industrie des
ténèbres
Et
maintenant, pourquoi nous jeter tout subitement un cours de théologie
élémentaire à la figure? Parce que, comme il est dit plus haut,
la diabolisation du monde a changé d'affûtiaux et de registre,
la damnation démocratique a fait débarquer sur la terre une cargaison
de mille sortilèges nouveaux - le sceptre de la Liberté lance
à son tour les foudres de l'excommunication majeure des mal-pensants.
Une fois de plus, exercez-vous à une analyse d'entomologistes
des alliances du droit avec le sacré.
Un grand homme d'Etat perdrait le titre de civilisateur s'il ne
se montrait un émancipateur. Que vaudrait ce libérateur s'il ne
signait un pacte avec le destin de l'intelligence trans-théologique
qui nous attend? Apprenons à reconnaitre les traits d'un timonier
de la France du savoir et de la raison, d'un guide et d'un pédagogue
de la connaissance des origines zoologiques des autels.
Vous
savez, comme il est dit plus haut, que M. François Bayrou se dit
laïc et dévot, mais qu'il ferme résolument les yeux sur les secrets
psychobiologiques des sacrifices cultuels. Pourquoi un chef d'Etat
pensant détournerait-il son attention des assassinats rémunérés
dont se nourrit la piété, pourquoi ignorerait-il les fondements
politiques des offrandes rituelles que réclame le ciel d'un quémandeur?
Le tribut dont un boucher du salut a tarifé le montant, telle
est la clé secrète du marché du trépas; et ce boucher cache les
cordons de la bourse des dupés de la mort et de l'éternité.
C'est que l'homme est un guerrier-né; mais il est libérateur,
pour nous, de savoir qu'à ses yeux, il n'est pas d'ennemi qu'il
ne pense terrasser à mains nues, il est émancipateur, pour nous,
de découvrir que si nous nourrissons l'ambition de mettre la mort
hors de combat, nous ne disposerons jamais que d'un banquier de
nos songes. Qu'en est-il du pourvoyeur d'une immortalité que nos
ancêtres avaient mise à l'abri d'un crack du ciel? Pour tuer la
mort à notre plus grand avantage, nous diront les théologiens,
conquérez votre éternité à la sueur de votre front; et pour vous
procurer le bien le plus précieux de tous, acquittez à l'idole
le prix de la victime la plus chère - Isaac, Iphigénie, Jésus-Christ,
Socrate, Muhammad. Rien n'est trop coûteux à la bourse de l'usurier
de l'immortalité.
Mais
pourquoi les mortels se livrent-ils à un négoce de prébendes avec
le vendeur de leur survie dans les nues? Pourquoi marchandent-ils
à la corbeille la résurrection dispendieuse de leur charpente?
Le titanesque engrangeur et profiteur de nos squelettes serait-il
un acheteur de nos ossements? C'est que notre espèce s'est mis
en tête d'acheter une cité fleurie dans l'au-delà. Observez les
clientèles du ciel : elles refusent tout net de se domicilier
dans un palais aux murs lézardés et dont elles ne connaîtraient
ni l'architecte, ni l'administrateur, ni le percepteur. Le loyer
de l'éternité se calcule au ras des guichets. Et pour que le bail
de l'immortalité se trouve garanti par la signature des acheteurs
de bonne foi, assurons-nous devant notaire de la solidité des
créneaux de la forteresse, exigeons les gages les plus sûrs de
la validité des clauses du contrat, ne lésinons pas sur le montant
des crédits du funèbre - sinon le risque sera grand de nous trouver
expulsés de notre saint sépulcre. Alors, nous serons précipités
à jamais non seulement dans le noir, mais dans les rôtissoires
les plus brûlantes. Si nous entendons bénéficier d'un pacte qui
nous mettra à l'abri des tortures, les arrhes à verser entre les
pattes du vengeur divin sera d'un montant impossible à chiffrer
- il y a longtemps que les milliers de bœufs, de chèvres et de
moutons autrefois sacrifiés en bonne et due forme ne suffisent
plus aux mâchoires édentées d'un ciel privé des crocs de l'ogre
du Déluge. Le christianisme est retourné à la férocité masquée
d'un sacrifice enrubanné de cantiques, celui d'un seul congénère,
mais hors de prix et tout entouré des dentelles et des sonnettes
du salut.
7
- L'homme d'Etat et l'avenir de l'Europe de la pensée
"Quelle
chance, se dit le civilisateur de l'Etat et l'émancipateur de
nos têtes, quelle chance que l'avenir politique de l'Europe de
la pensée dépende, une fois encore, de notre capacité de reprendre
la direction cérébrale d'une civilisation que nous avions forgée
sur l'enclume de la pensée rationnelle. Au XVIIIe siècle, la France
des conquêtes, donc des audaces de l'intelligence avait pris plusieurs
longueurs d'avance sur le gabarit de l'humanité moyenne de ce
temps-là. Pour la première fois depuis le miracle grec, les combats
de la lucidité passaient à nouveau par le larcin du feu du ciel.
Certes, la Renaissance avait régénéré l'espérance prométhéenne:
le sacré, pensait-on, allait desserrer son étau sur l'encéphale
des évadés partiels du règne animal, Adam allait prendre possession
d'une boîte osseuse animée d'un nouvel élan.
Las,
on avait bel et bien retrouvé intactes quelques pièces du musée
des Lettres et de la pensée antiques; mais les humanistes avaient
loupé le rendez-vous de leur cervelle avec l'interprétation des
codes ensanglantés qui mettent en branle les charpentes osseuses
des idoles. Et maintenant, par quel paradoxe le naufrage même
des têtes prospectives redonne-t-il au Vieux Monde l'espoir de
percer la digue qui sépare les tempêtes de la mer des plates-bandes
de la terre ferme, tellement la menace d'un nouvel ensevelissement
de l'humanité dans les ténèbres de l'ignorance et de la peur conduit
à un approfondissement vertigineux de la connaissance des divinités
dont cette espèce projette les effigies parallèles aux siennes
dans le vide de l'immensité?
Il
y a trois siècles, les combats d'une théologie coincée entre les
périls et les promesses du trépas n'étaient pas encore devenues
intellectuellement féconds, parce qu'au cours des ultimes convulsions
d'un mythe sacré, il se trouve réduit aux soubresauts d'une longue
agonie ; et il s'éteint avec lenteur dans les rituels desséchés
auxquels se livrent ses derniers fidèles. Mais l'arrivée massive
sur le territoire de la France de millions de croyants attachés
aux écrits et au culte d'une autre divinité que celle des Capétiens
provoque fatalement une suffocation subite des songes pieux dans
les têtes qu'intéressent encore les Olympes nationaux; et comme
il se trouve qu'un dieu né seulement au VIe siècle de notre ère
se présente nécessairement moins ridiculement fagoté de représentations
anachroniques de l'univers de la matière que celles des chrétiens,
qui se sont trouvés ligotés un millénaire et demi durant à la
physique astronomique de Ptolémée, l'étude anthropologique des
immolations récompensées que pratiquent les carnassiers des nues
conduit le XXIe siècle à plonger dans les souterrains immémoriaux
que le mythe et la politique se partagent; car, depuis la nuit
des temps, ce sont des torrents d'hémoglobine rémunérés qui coulent
des entrailles de l'histoire.
8
- L'immoralité de Dieu
Voltaire
rendait encore la sainteté des chrétiens sommitale dans les burettes
et les ciboires de la "tolérance" religieuse. Une séparation titanesque,
mais trompeuse entre le ciel sanglant des sacrifices dits "satisfactoires"
et l'histoire, non moins féroce, du simianthrope sur les arpents
de ses propitiatoires illustrait l'asphyxie continue d'une foi
monarchique étranglée entre les clochettes de la piété et le massacre
sacré hérité des ancêtres. Mais la suffocation politique de l'Europe
de droit divin entre ses dévotions séraphiques et sa fournaise
ardente conduit l'anthropologie religieuse contemporaine à plonger
dans les entrailles animales de l'histoire que les hommes et leurs
idoles se sont partagé de tous temps; et cette science au scalpel
emprunte nécessairement les seuls chemins encore praticables,
ceux d'une civilisation ouverte à l'approfondissement ressuscitatif
du "Connais-toi".
Alors,
l'homme d'Etat civilisateur fait intrusion, une fois de plus,
dans la connaissance scientifique du seul animal glorifié par
son effigie oscillante entre ses sucreries et ses égorgements
et qui se fait accompagner dans les nues par un souverain impérieux
du cosmos. Car, dit-il, les philosophes du XVIIIe siècle n'avaient
nullement compris que les dieux sont nécessairement des copies
de l'immoralité native de leurs inventeurs et que les sacrifices
de sauvages que cette espèce pratique depuis les origines photographient
le fonctionnement immolatoire d'une bête diablement meurtrière.
Le déplacement du champ de la caméra auquel procède l'anthropologue
du sacré illustre la prophétie de Nietzsche selon lequel christianisme
périra de son immoralité; mais la naissance d'un regard de l'extérieur
sur les religions sacrificielles et sur leurs organes internes
les révèle également des décalques lénifiants, donc des édulcorants
du tribut sanglant que les sociétés s'offrent sur les étals qu'elles
sont à elles-mêmes. Voilà qui met un fil à la patte de Voltaire:
l'anthropologie des meurtres religieux court vers un nouvel avenir
de la connaissance abyssale de l'humanité, celle que nourrit la
dissection des dieux simiohumains; et c'est sa propre effigie,
sa propre histoire, sa propre politique que le pithécanthrope
autopsie à l'aide du bec et des crocs du vautour de Prométhée.
Qu'en
sera-t-il du civilisateur des neurones d'une Europe à remettre
en avance sur l'encéphale du reste du monde et qui méritera le
rang et le titre de chef d'Etat émancipateur? C'est seulement
de paraître s'abaisser, disait Pascal, que la raison libératrice
progresse entre les récifs de l'histoire: le chrétien des origines
en savait moins que les païens trompés par la fausse science d'eux-mêmes
que les effigies de leurs dieux leur dispensait. Déjà le continent
du bistouri de la pensée s'apitoie sur le scalpel émoussé des
ancêtres, déjà, il jette un regard de commisération sur les rêves
d'enfants des peuples qu'enorgueillissait et que faisait trembler
le sceptre de leurs ogres divinisés.
9
- Une démocratie acéphale
Reprenons:
si M. François Bayrou ignore de quoi il est question sur la mappemonde
quand il vous donne tantôt à goûter le gâteau au miel d'une laïcité
décérébrée, tantôt de quoi faire briller le chandelier doré des
idoles que sécrète l'histoire américaine du monde, comment représenterait-il
une autre France que celle qui s'éclaire tour à tour aux bougies
du ciel des ancêtres et aux ripolinages des idéalités de la démocratie
mondiale?
Observez
l'humanité réelle que la théologie vous apprend à regarder droit
dans les yeux, observez le dieu cloué sur l'offertoire sanglant
de sa créature! Au regard de la sainteté suante sur une potence,
la sainteté démocratique vous semble bon enfant; ne vous enseigne-t-elle
pas que toutes les religions ne seraient qu'une friandise inoffensive?
Mais si force effluves crucificatrices flattent encore les narines
des néophytes de la démocratie mondiale, apprenez à humer le vrai
parfum des propitiatoires de la politique sur la scène internationale.
Car, dit l'homme d'Etat aux fines narines, la question de la solidité
ou de la fragilité de nos têtes est devenue celle du pilotage
civilisateur ou barbare de la planète; et si notre souveraineté
cérébrale ne reposait pas sur une avance de notre intelligence
sur la raison des générations précédentes, nous n'éviterons pas
le naufrage d'une Europe à la recherche de sa lanterne de Diogène.
Pourquoi notre laïcité ignore-t-elle aussi bien l'odeur des entrailles
de notre politique que celle de nos sacrifices de l'autel? Si
le chef de l'Etat que nous élirons se révélait inapte à redresser
le mât de la pensée critique sur la minuscule "extrémité d'un
continent" qu'évoquait Valéry, notre sort d'otages de cent
religions de notre rapetissement, mais armées de douze porte-avions
géants - l'Angleterre, la France et la Russie réunies n'en alignent
que quatre et d'un plus petit tonnage - notre sort d'otages nous
rappellera que toute religion privilégie un Etat et que le Zeus
de nos sacrifices est toujours assis sur le trône de la plus musclée
de ses créatures.
Comment
un chef d'Etat qui n'aurait pas observé les entrailles politiques
du sacré naviguerait-il toutes voiles dehors, comment une humanité
asservie à mille bases militaires d'un empire essaimé sur les
cinq continents conquerrait-elle un vrai regard sur une mer hérissée
de récifs?
10 - Le salaire des
sorciers
Et maintenant, allons visiter les souterrains de la connaissance
de l'histoire la plus profonde, celle qui nous ouvrira les portes
d'un empire de l'inconscient dont seule une raison épurée nous
fournira les clés. Car, dans les temps antiques, on qualifiait
l'univers d'orbis terrarum, ce qui renvoyait l'homme d'Etat
à un cosmos assorti d'une voûte tridimensionnelle située à une
faible distance de la terre. Mais les étoiles ont cessé d'encercler
un système solaire noyé dans l'infini.
Aussi
n'est-ce plus la gestuelle primitive de la bête muette que retrouve
l'homme d'Etat, ce n'est plus le coup de patte du lion offensé
par l'insultant locataire de ses arpents qui inspire la liberté
des visionnaires et des prophètes de la politique, ce n'est plus
seulement un chapardeur effronté que ce souverain chasse de son
jardin : à l'origine des cités, les auspices traçaient dans le
ciel l'enceinte réservée à la tribu et doublée de l'effigie de
ses dieux. Le civilisateur des Etats modernes, lui, retrouve l'acte
fondateur de toute politique, celle du pédagogue et du prêtre
à nouveau confondus; car c'est derechef au titre de guide des
ascensions futures de la raison qu'il nous exhorte à chasser l'occupant.
Ne nous croyons pas devenus pensants à batifoler, à folâtrer et
à butiner dans l'oisiveté des vassaux - sinon nous ne retrouverons
pas la fierté de l'animal qui défend son terrier.
Le
chef d'Etat de génie est devenu un libérateur et un ascète de
l'intelligence. Son premier coup d'éclat? Le refus de toucher
le salaire des sorciers. Un émancipateur habité par la vocation
des "appelés" n'est pas achetable. La nation croit s'être assuré
les services d'un magicien du langage; et elle entend rémunérer
grassement ses mérites. Mais sa vocation élève le peuple dont
il a la charge à une autre hauteur. Entre ses mains, l'appareil
du pouvoir, comme on dit, n'est jamais qu'un instrument ; et son
autorité morale se fonde précisément sur le rejet du rôle abaissant
d'un stipendié de l'appareil d'Etat. Car le véritable souverain,
ce n'est ni l'Etat, ni la République, ni la nation, ni le Parlement,
ni le suffrage universel, mais l'esprit de justice, le véritable
souverain, c'est le génie de la logique qui déclare que le droit
sera le premier défenseur de la civilisation de la raison et que
le chef de l'Etat se place au premier rang des serviteurs de l'esprit.
On entre en politique comme on entrait autrefois dans les ordres.
11
- L'exilé volontaire
Le
peuple lui-même ne sera souverain que s'il rejette les oripeaux
de la servitude. Quand une nation entière se met à danser autour
du veau d'or de l'étranger, l'homme d'Etat se tourne vers ses
supérieurs hiérarchiques et ses inspirateurs, les prophètes, et
il leur demande de substituer leur voix à la sienne. En tout homme
d'Etat civilisateur sommeille un grand exilé volontaire. Lycurgue
avait demandé à la Pythie de Delphes de prendre la relève de son
œuvre de législateur et de déclarer à sa place que les nouvelles
lois de Sparte lui ont été dictées par la volonté des émancipateurs
divins de son temps.
La France est à la recherche du libérateur qui dira à l'Europe
entière: "Tu n'as plus de dieux extérieurs à vénérer, tu n'as
plus de sceptre du ciel devant lequel te prosterner. Sache donc
que la voix en altitude de la conscience du monde n'a jamais appartenu
qu'à toi seul. Agenouille-toi devant ce souverain, mais donne-lui
tes ordres, commande-lui de chasser l'occupant, mets à la voile
et vogue pavillon haut - sinon le monde entier portera un regard
de mépris sur les fers que tu auras attachés aux pieds de la nation
dont la conscience est le dieu."
Quelle sera la spiritualité du XXIe siècle? Les religions se voulaient
ascensionnelles, mais elles n'étaient pas prospectives. Aussi
immobilisaient-elles l'humanité à l'école d'un sacré voué à la
pétrification. Seule la raison est élan, souffle, appel des hauteurs.
12
- Les méditants
Et maintenant, voyons à quel point l'infirmité cérébrale des hommes
d'Etat-fantômes d'aujourd'hui est proprement cérébrale et combien
elle exprime la faiblesse spirituelle qui paralyse leur raison,
voyons à quel point l'asthénie de leur intelligence révèle les
ultimes secrets de la vassalité qui les entrave : car leur appartenance
à la magie vocalisée des démocraties les réduit au rang de sorciers
du mythe de la liberté. Savez-vous quel fut le premier mot de
vassal de M. Nicolas Sarkozy après son élection ? "Combien
je touche?"
Que
manque-t-il à l'homme sans recul du Fouquet's, de l'Epad, du yacht
de Bolloré, que manque-t-il au visiteur infantile de Disney Land,
sinon un regard de civilisateur sur la France, les Français et
le monde? Que manque-t-il au défenseur des moulins à prière des
sorciers du Tibet, sinon une fraction, même infime du génie du
premier exterminateur de la magie, le Bouddha, qui mit les hommes
en était de veille et d'éveil et qui fit, de son intelligence
de généalogiste et d'anthropologue de l'illusion, un instrument
acéré de l'évasion et de l'ascension de la raison, que manque-t-il
à l'homme-enfant qui croyait que les empires sont gentils et qu'il
est payant de caresser la crinière des grands fauves, sinon le
télescope des visionnaires de l'encéphale simiohumain, que manque-t-il
au mime égaré sur le pont du navire qu'on appelle l'histoire,
sinon la longue vue de l'éducateur des nations, que manque-t-il
au gesticulateur qui brise la coque de la France sur des rochers
à fleur d'eau, sinon l'œil d'aigle des civilisateurs? L'homme
d'Etat de demain rappellera, aux côtés de Socrate, que si gouverner,
c'est prévoir, alors la prévoyance exige le regard contemplatif
des grands méditants. La spiritualité du XXIe siècle se forgera
sur l'enclume de l'histoire en marche .
Le
5 février 2012